Sur son île natale de Hawaii, où il avait entamé son voyage la semaine passée, M. Obama a présidé un sommet des 21 pays du Forum économique Asie-Pacifique (APEC), où il est parvenu à faire décoller son projet de « Partenariat transpacifique » (TPP), appelé à devenir la plus grande zone de libre-échange du monde.
Le président s’est ensuite envolé pour l’Australie où il a annoncé un renforcement militaire, avec le déploiement à terme de 2 500 marines dans le nord du pays. Notons à ce sujet que les responsables australiens ont enquêté hier pour déterminer comment un dossier secret sur les plans détaillés de la visite de M. Obama s’est retrouvé sur la place publique. Ce dossier de 125 pages contenant les numéros de téléphone et d’autres coordonnées de responsables australiens et américains avait été retrouvé jeudi près du Parlement par un journaliste australien de Fairfax.
La tournée du président américain s’est achevée par une visite en Indonésie, où il a participé au sommet de l’Asie orientale (EAS), consacrant ainsi l’entrée des États-Unis dans ce bloc de 18 pays, dont la Chine. Le président a alors annoncé qu’il allait dépêcher sa secrétaire d’État Hillary Clinton en Birmanie, pays sous influence chinoise depuis sa relégation au ban des nations pour ses violations répétées des droits de l’homme.
La tournée a permis une « réorientation critique et stratégique de la politique américaine, un rééquilibrage », a estimé le conseiller d’Obama pour la sécurité nationale, Tom Donilon. Mais ce net renforcement de la présence américaine en Asie-Pacifique, parfois considéré comme le pré carré de Pékin, n’a pas manqué d’irriter la Chine. La rivalité sino-américaine a ainsi dominé le sommet de l’Asie orientale. Pendant la réunion, M. Obama a d’ailleurs rencontré pendant une heure le Premier ministre chinois, Wen Jiabao. Les deux plus grandes puissances économiques mondiales sont interdépendantes et elles ont trouvé un terrain commun sur certains dossiers, comme la Corée du Nord ou l’Iran.
Mais leurs relations restent acrimonieuses, en particulier sur le yuan, que Washington estime sous-évalué, et sur les différends territoriaux en mer de Chine méridionale. Les États-Unis souhaitent que ce dossier fasse l’objet de discussions multilatérales, ce que Pékin refuse catégoriquement. Les États-Unis « ne craignent pas » la Chine, a assuré M. Obama, et ne cherchent pas à freiner son expansion. Pékin, qui dément toute velléité hégémonique, répond en avertissant Washington de ne pas « s’ingérer » dans ses affaires.
La stratégie américaine sera inévitablement perçue en Chine comme une tentative manifeste de contrecarrer les ambitions chinoises, estime Shi Yinhong, professeur de relations internationales à l’Université Renmin, à Pékin. « Le gouvernement chinois a accueilli favorablement l’entrée des États-Unis dans l’EAS, souligne-t-il dans une interview à l’AFP. Mais ce qui est regrettable, c’est que cette bonne volonté n’a pas eu de réponse positive. » David Steinberg (Georgetown University) évoque quant à lui la « méfiance » de Pékin que chaque geste américain suscite. « Ils voient tout ce qu’on fait en Birmanie avec méfiance. Ils voient tout ce qu’on fait en mer de Chine méridionale avec méfiance, peut-être aussi en Australie. »
(Source : AFP)


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