Le directeur général de l'agence Yukiya Amano avait annoncé avoir proposé l'envoi d'une mission en Iran pour clarifier tous les points listés dans l'annexe de son rapport sur une éventuelle dimension militaire du programme nucléaire iranien. Samuel Kubani
Le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a adopté vendredi une résolution contre l'Iran, soupçonné d'avoir envisagé la mise au point de l'arme atomique.
La résolution a été adoptée à une très large majorité, par 32 voix pour, deux contre (Cuba et Equateur) et une abstention (Indonésie), sur 35 Etats membres, ont indiqué des diplomates en marge de la réunion du conseil des gouverneurs à Vienne, siège de l'agence de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Dans ce contexte, la Suisse a renforcé aujourd’hui ses sanctions contre l'Iran, ajoutant 116 nouveaux noms à la liste des personnes et entités frappées par ces mesures, indique le gouvernement helvétique dans un communiqué officiel.
Parmi les nouveaux noms figurent cinq individus - dont des responsables de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), l'actuel ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi, ancien chef de l'OIEA, et deux de ses anciens adjoints à l'OEIA, Naser Rastkhah et Behzad Soltani - et 111 sociétés, précise le communiqué. Au total, les sanctions helvétiques frappent plus de 250 entités et personnes. Parmi ces dernières figurent également des responsables des Gardiens de la Révolution.
Les grandes puissances avaient fini par s'accorder la veille sur une résolution exprimant "une profonde et croissante préoccupation" sur le programme nucléaire de Téhéran, mais sans lui fixer d'échéance pour éclaircir les points en suspens exprimés dans le très critique rapport de l'agence.
Le directeur général de l'AIEA, le Japonais Yukiya Amano, avait publié un vaste catalogue d'éléments "crédibles", indiquant que l'Iran avait travaillé - contrairement à ses dires - à la mise au point d'un engin nucléaire.
Même s'il ne conclut pas que l'Iran est capable ou sur le point de se doter de l'arme nucléaire, le rapport constitue la prise de position la plus sévère prise par l'agence après huit ans d'enquête.
Il "laisse peu de doute que l'Iran veut, pour le moins, se positionner pour avoir une capacité d'armement nucléaire", a estimé l'ambassadeur américain auprès de l'AIEA, Glyn Davies.
"La communauté internationale ne peut pas simplement revenir à la routine habituelle", ont réagi de leur côté la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne dans un communiqué commun. Et la Maison blanche a aussitôt salué la résolution de l'AIEA, soulignant la volonté des Etats-Unis de maintenir "la pression" sur l'Iran. Suivie par la Russie qui a également salué la résolution, mettant toutefois en garde contre des tentatives de "réchauffer le climat" autour du dossier nucléaire iranien.
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a, de son côté, exhorté Téhéran à accepter ses offres de négociation, à la suite de l'adoption par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'une résolution sur le programme.
La résolution de l'AIEA est "une réaction aux résultats particulièrement incriminants sur les activités militaires nucléaires iraniennes" qui figurent dans son dernier rapport, a encore jugé Mme Ashton.
Mme Ashton ne fait en revanche aucune référence à la décision récente de l'UE de préparer de nouvelles sanctions renforcées à l'encontre de l'Iran, au cas où Téhéran refusait la voie de la coopération avec l'AIEA.
Celles-ci sont en préparation, selon des sources diplomatiques, et devraient être prêtes pour le 1er décembre, date à laquelle les ministres européens des Affaires étrangères doivent se retrouver à Bruxelles.
L'AIEA avait ainsi mis au grand jour les profondes divergences au sein des cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU sur le dossier, avec d'un côté Européens et Américains, partisans - pour le moins - d'augmenter la pression sur l'Iran, et Russes et Chinois de l'autre, nettement plus modérés face à l'Iran, un important partenaire commercial.
La résolution a ainsi été jugée par les experts comme peu ambitieuse comparé aux éléments contenus dans le rapport. "Je ne suis pas déçu", a cependant assuré à l'AFP un diplomate européen. "Le texte de la déclaration est équilibré, soutient le travail fait par l'agence, condamne l'absence de coopération de l'Iran et demande à Téhéran de coopérer enfin de manière urgente sans délai".
L'AIEA demande aussi à Yukiya Amano d'informer le conseil des gouverneurs lors de sa prochaine réunion en mars sur la mise en oeuvre de la résolution.
Le Japonais avait annoncé jeudi avoir proposé l'envoi d'une mission "d'experts de haut niveau" en Iran pour clarifier tous les points litigieux listés dans l'annexe de son rapport.
L'Iran a de nouveau rejeté les assertions sur une dimension militaire de son programme nucléaire, l'ambassadeur iranien auprès de l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, qualifiant vendredi le rapport de "non-professionnel, déséquilibré, illégal et politisé".
L'agence, en tant que "gendarme" du nucléaire, ne "peut pas "attendre jusqu'à ce que du matériel nucléaire ait effectivement été détourné à des fins non-pacifiques ou jusqu'à ce que nous ayons une preuve sans équivoque. Je dois alerter le monde maintenant", s'est justifié Yukiya Amano.
Dans une lettre datée du 16 novembre, diffusée en marge de la réunion, l'ambassadeur iranien a par ailleurs accusé le directeur général d'avoir publié des noms de scientifiques iraniens et de sites dans l'annexe de son rapport ce qui est, selon lui, "contraire aux accords de garanties" de l'AIEA. "Vous êtes responsable" de toute menace éventuelle sur la vie "des citoyens et de leur famille cités ainsi que de tout sabotage contre des sites indiqués dans votre rapport", a-t-il écrit, rappelant que plusieurs scientifiques iraniens avaient été assassinés ces derniers temps.
L'AIEA avait notamment fait état de la présence de ce qui pourrait être un dispositif nucléaire sur la base militaire de Parchin, à 30 km de Téhéran.
La résolution a été adoptée à une très large majorité, par 32 voix pour, deux contre (Cuba et Equateur) et une abstention (Indonésie), sur 35 Etats membres, ont indiqué des diplomates en marge de la réunion du conseil des gouverneurs à Vienne, siège de l'agence de l'Organisation des Nations unies (ONU).
Dans ce contexte, la Suisse a renforcé aujourd’hui ses sanctions contre l'Iran, ajoutant 116 nouveaux noms à la liste des personnes et entités frappées par ces mesures, indique le gouvernement helvétique dans un communiqué officiel.
Parmi les nouveaux noms figurent cinq individus - dont des responsables de...


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