Rifaat el-Assad, 74 ans, frère cadet de l’ancien président Hafez el-Assad.
En quelques jours, Abdel Halim Khaddam (79 ans), ancien vice-président syrien, et Rifaat el-Assad (74 ans), frère cadet de l’ancien président Hafez el-Assad longtemps considéré comme son successeur, se sont publiquement positionnés dans l’espoir de jouer un rôle au sein de l’opposition et d’une future transition. « C’est le signe qu’ils ont compris que Bachar el-Assad est fini », analyse Ziad Majed, professeur à l’Université américaine de Paris. « Ils connaissent le système à fond, ils comprennent que quelque chose a changé et que c’est la fin. Ils essayent de se trouver une place dans la Syrie de l’avenir », poursuit M. Majed.
Lors de colloques organisés à Paris la semaine dernière, les deux hommes, qui dans le passé ont déjà critiqué le régime, ont lancé deux mouvements – sans véritable assise – dans le but « d’unifier » les opposants : le Comité national de soutien à la révolution syrienne pour le premier et le Conseil national démocratique pour le second. M. Kaddham a demandé « maintenant une intervention militaire de la communauté internationale » comme en Libye. Rifaat el-Assad a souhaité quant à lui la création d’une coalition internationale et arabe « qui garantisse (au président et au régime) sa sécurité pour qu’il puisse démissionner et le remplacer par quelqu’un (...) de sa famille ».
Rappelons que Abdel Halim Khaddam, compagnon de route de Hafez el-Assad, ex-ministre des Affaires étrangères, vice-Premier ministre puis vice-président, a été l’une des principales figures de la vieille garde du parti Baas au pouvoir où il pourrait trouver un écho auprès de certains membres.
Surtout, en proposant une voie de sortie à son neveu, « Rifaat el-Assad met un trouble dans la communauté alaouite au pouvoir et dans la famille de Bachar el-Assad. Il essaye de jouer sur le réflexe de la solidarité familiale. Il n’a pas de quoi faire une révolution (...) mais peut-être qu’en Syrie cela va donner à réfléchir », explique Joseph Bahout, chercheur à l’Institut d’études politiques de Paris.
Les deux hommes ont des moyens financiers et quelques connexions en Europe et dans les pays arabes, selon les experts. « Le calcul de certains services occidentaux c’est que Rifaat peut peut-être être le vecteur d’un soulèvement dans les corps significatifs de l’armée » même s’il a tenté un coup d’État contre son frère en 1983, poursuit M. Bahout.
Mais l’un comme l’autre ont un passé d’apparatchik qui peut embarrasser les principaux mouvements d’opposition, le Conseil national syrien (CNS), le plus large et le plus représentatif qui appelle à une protection internationale, et le Comité national pour le changement démocratique (CNCD) qui compte des opposants de la première heure ouverts au dialogue avec le pouvoir. « Ces deux personnes sont très largement discréditées en Syrie, elles ont un passé très lourd. Dans l’opposition, elles sont considérées comme des boulets », commente Karim Émile Bitar de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).
Notons que M. Khaddam a participé pendant 35 ans à la construction du système autoritaire Assad qu’il n’a quitté qu’en 2005. Rifaat el-Assad, exilé en 1984, s’est lui illustré à la tête les Brigades de défense dans l’implacable bataille contre les Frères musulmans, accusé d’avoir lancé ses troupes en 1982 à l’assaut de Hama où la répression fit de 10 000 à 25 000 morts.
(Source : AFP)


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A 79 ans, l'avenir de Khaddam est plutôt derrière lui... A sa place je profiterai de la retraire dorée que ses nouveaux amis lui ont assurée. Pas au point de dire: Allah ytawwel 3omro.
06 h 28, le 17 novembre 2011