Huvelin, ou le rêve de liberté encore inabouti. (DR)
de Mounir Maasri.
L’action se situe dans les années 90, à la rue Huvelin, dans le campus de l’Université Saint-Joseph. La guerre du Liban vient de s’achever. Mais à quel prix ? Les troupes syriennes ont pris d’assaut le palais présidentiel. S’ouvre alors une longue période de léthargie, de soumission et surtout de non-liberté pour ce pays réputé pour sa libre parole.
À la rue Huvelin, un groupe d’étudiants va refuser ce statu quo et organise, vers la fin des années 90, un mouvement de résistance pacifique.
Autour de l’université gravitent deux noyaux de rassemblements. Le bistrot d’Abou Leil (Adel Karam) et la librairie de Nada (Betty Taoutal). C’est là où les jeunes étudiants se réunissent pour parler combat estudiantin, liberté, mais aussi amours et famille. C’est Yves le journaliste et le narrateur, encore traumatisé par les tortures des services secrets, qui va quand même raconter l’histoire riche en bouleversements de la rue Huvelin. Sept acteurs principaux se partagent l’affiche de ce film tourné en 2009 et qui a participé entre autres aux festivals de Moscou et de Sao Paolo avant d’atterrir (non sans avoir été victime de la censure) dans les salles libanaises. Sept jeunes Libanais de 18 à 22 ans, Charbel Kamel (Yves), Robert Crémona (Joe-Daniel), Waël Morcos (Firas), Carmen Bsaibes (Yasmine), Jimmy Keyrouz (Serge), Anthony Azeir (Wadih) et Stéphanie Haddad (Carla), vont réécrire (avec beaucoup de sincérité) à leur tour cette époque non oubliée de la rue Huvelin qui fut quand même le déclenchement de ce qui sera plus tard le rassemblement du 14 Mars.
S’il s’inscrit dans un contexte donné, ce film porté par le rêve d’un ancien « huveliniste », Maroun Nassar, brosse non sans une pointe d’humour le portrait de la vie estudiantine ainsi que des caractères intemporels qui incarnent le courage, l’idéalisme, l’esprit libre, mais aussi parfois la lâcheté et l’aspect frimeur et même menteur de l’homme. Des petites histoires dans la grande histoire réalisées avec réalisme – et sans parti pris, sauf celui de la liberté – et nostalgie.
Cinemacity, Empire Dunes/Sodeco/Galaxy, Espace, City Complex Tripoli
Fiche technique
Production House : Safina
Producteur : : Maroun Nassar
Réalisateur : Mounir Maasri (New York Actors Studio)
Musique : Christopher Slaski (Beyond the Sea, 2004/ The PianoTuner of EarthQuakes, 2005).

