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Culture - Exposition

Intérieurs entre onirisme et nostalgie avec Andrea Carreño

Aux cimaises de la galerie Alice Mogabgab (Achrafieh) dix-sept œuvres picturales de l’artiste chilienne Andrea Carreño, où mixed medias, fusain et crayon reconstruisent, entre onirisme, nostalgie et réalisme, un paysage ludique et poétique, aux couleurs denses, contrastées et vibrantes.

Un tableau dans le tableau. Photo Michel SAYEGH

Première exposition d’Andrea Carreño à Beyrouth. Une ville qui a séduit d’emblée une femme peintre qui a décelé « les contrastes forts, les marques et souffrances de la guerre, mais aussi une remarquable envie de vivre et d’aller de l’avant. On voit ici le passé comme un collage ».
Née à Santiago, polyglotte (maîtrise de l’espagnol, de l’anglais, de l’italien et du français), férue d’Edward Hopper, de David Hockney, de Garouste, Braque, Chirico et Peter Doig, aimant tout aussi bien le jazz que la musique techno, plongée dans la lecture des pages de L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar, Andrea Carreño déclare en toute spontanéité que ses premiers souvenirs avec la peinture remontent à l’âge de sept ans. Passion tenace, riche et fusionnelle qu’elle vit jusqu’à ce jour, à la quarantaine, avec une constante fidélité doublée d’une stimulante volupté.
Le premier maillon de sa carrière, avec sa première exposition dans son pays natal, est posé comme une pierre angulaire en 1998. Pour l’étape beyrouthine, des intérieurs gorgés de lumière, mais aussi des vérandas, des fenêtres, des escaliers en colimaçon aux rampes lisses, des échelles où se reposent des perroquets, des dallages aux motifs bariolés et riants, des portes austères mais hospitalières, des statues grises ou vertes ( ! ) aux tracés d’une rondeur enfantine, des jardins calfeutrés dans le friselis des arbres taillés en toute élégante finesse et où se dressent, note inattendue, des lampadaires à abat-jour sur pied long.
Labyrinthe est empreint d’une poésie étrange, abracadabrante, surréaliste, mais rassurante dans son innocence comme un univers d’Alice au pays des merveilles. Des miroirs qui reflètent un monde à la fois enchanté et encombré où, comme dans un rêve, défilent des images aux (in)cohérences douces, mais certainement particulières.
Promenade impromptue sur des carrelages aux couleurs vives, entre des fauteuils vides, devant des consoles bourrées d’objets sans doute hétéroclites, des bahuts ventrus et trapus d’un autre temps, des canapés confortables mais où personne n’est assis, des tableaux aux représentions vaguement familières, des statues gardant des arbres décharnés, des bouts de tapis aux motifs ramagés et fleuris, des intérieurs qui se prolongent en jardins accueillants comme une musique libératoire et légère qui s’échappe de fenêtres grandes ouvertes.
Tout cela va d’un coin oublié d’antiquaire à une maison rurale bourguignonne, d’un intérieur européen à une ambiance de demeure coloniale chilienne ou un souvenir de maison mexicaine, d’un mur tapissé de papier peint à rayures, à un métronome sur un buffet, d’un broc en étain sur une desserte en fer forgé, à une vieille roue négligemment appuyée sur un mur... Méli-mélo amusant et piquant la curiosité d’un espace visité avec un certain lyrisme et où l’image de la vie quotidienne (dans un décor faussement prosaïque, livré à un charmant désordre) et les notions de culture (des clés astucieusement jetées dans une ambiance de songe comme les cailloux du Petit Poucet pour retrouver son chemin) s’imbriquent amoureusement, imperceptiblement,
malicieusement.
À travers ces dix-sept tableaux de dimensions variées, reflet d’un environnement paradoxalement à la fois familier et étranger, proche et lointain, tangible et insaisissable, s’élève (et se dessine) un chant profond de la vie. Mais aussi l’empreinte des souvenirs qui marquent, des images radieuses que la mémoire, cœur battant toujours aux aguets, capte en toute sensibilité vive.
En regardant ses toiles, comme pour mieux fouiller et cerner l’âme de ces intérieurs jaillis de son pinceau et de sa palette, Andrea Carreño laisse échapper cette réflexion : « Ma peinture c’est comme un scénario »...

L’exposition se prolonge jusqu’au 26 novembre 2011.
Première exposition d’Andrea Carreño à Beyrouth. Une ville qui a séduit d’emblée une femme peintre qui a décelé « les contrastes forts, les marques et souffrances de la guerre, mais aussi une remarquable envie de vivre et d’aller de l’avant. On voit ici le passé comme un collage ».Née à Santiago, polyglotte (maîtrise de l’espagnol, de l’anglais, de l’italien et du français), férue d’Edward Hopper, de David Hockney, de Garouste, Braque, Chirico et Peter Doig, aimant tout aussi bien le jazz que la musique techno, plongée dans la lecture des pages de L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar, Andrea Carreño déclare en toute spontanéité que ses premiers souvenirs avec la peinture remontent à l’âge de sept ans. Passion tenace, riche et fusionnelle qu’elle vit jusqu’à ce jour, à la quarantaine,...
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