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Moyen Orient et Monde - Italie

La démission annoncée de Berlusconi reste insuffisante pour calmer l’inquiétude

Une fois le Cavaliere parti, c’est le président qui deviendra maître du jeu politique.

Silvio Berlusconi milite pour des élections dès janvier ou février car il « ne voit pas de majorité alternative » à la sienne regroupant son parti PDL et la Ligue du Nord. Filippo Monteforte/AFP

La démission annoncée de Silvio Berlusconi, destinée à éviter à l’Italie la contagion de la crise de la dette, a rassuré brièvement les marchés hier, qui ont replongé à l’idée de longues tractations politiques à Rome en pleine tourmente de la zone euro.
Après avoir ouvert en hausse, la Bourse de Milan lâchait plus de 3,6 % en fin de matinée de crainte que la « démission au ralenti » de M. Berlusconi, selon les termes d’un journal italien, ne débouche sur une période de flottement peu propice à l’adoption de mesures impopulaires. Les taux obligataires italiens à 10 ans ont pour la première fois dépassé les 7 %, niveau jugé insupportable à terme alors qu’ils s’étaient détendus une fois connue la démission programmée de Silvio Berlusconi.
Le Cavaliere, 75 ans, partira probablement fin novembre, une fois que le Parlement aura adopté une série de mesures budgétaires et économiques promises à l’Union européenne à son dernier sommet du 26 octobre. « L’Italie a immédiatement besoin d’un gouvernement faisant autorité », a estimé dans ce contexte le principal quotidien italien Corriere della Sera.
Certains experts s’inquiétaient que l’Italie ne retombe dans ses vieux travers : pourparlers à l’infini pour former un gouvernement alors que la zone euro est en pleine tempête avec des marchés de plus en plus inquiets de sa capacité à rembourser son énorme dette de 1 900 milliards d’euros.
Très inquiet de l’évolution négative des taux, le président Giorgio Napolitano a lancé un appel « à un changement dans les comportements des forces politiques et des institutions », y compris en brisant « de vieux tabous » pour sortir d’une situation « alarmante ». Ses propos ont été interprétés comme un appel à la formation d’un gouvernement d’union nationale, dirigé par une personnalité au-dessus des partis, à l’instar de l’ex-commissaire européen Mario Monti, disposant d’une ample majorité parlementaire. Une hypothèse qui a aussi la faveur des investisseurs pour éviter une période de vide institutionnel exacerbé par une campagne électorale.
Une fois M. Berlusconi parti, c’est en effet le président qui deviendra maître du jeu politique. Il consultera tous les partis, de la majorité de droite comme de l’opposition de gauche et centriste, avant de décider de la marche à suivre. Le chef de l’État peut aussi tenter la piste d’un nouveau gouvernement de centre-droit élargi aux centristes et dirigé par exemple par le bras droit de M. Berlusconi, Gianni Letta. À défaut de réussir à former une majorité, il devra dissoudre le Parlement et des élections seront alors organisées dans un délai de 70 jours.
M. Berlusconi milite pour sa part pour des élections dès janvier ou février car il « ne voit pas de majorité alternative » à la sienne regroupant son parti PDL et la Ligue du Nord, a-t-il déclaré en exclusivité au journal La Stampa. En cas d’élections, le Cavaliere ne serait pas candidat mais soutiendrait son dauphin, Angelino Alfano, secrétaire général du PDL.
Étrangement, aucun journal italien ne parlait hier de « fin de règne » ni de « chute » du Cavaliere qui détient le record de longévité de l’après-guerre : près de 10 ans au total depuis 1994. D’aucuns doutaient même de la promesse faite solennellement par M. Berlusconi au président de la République qui, fait inhabituel, l’a pourtant couchée noir sur blanc dans un communiqué officiel.
Pour James Walston, professeur de relations internationales à l’American University de Rome, M. Berlusconi est « arrivé au point où il doit partir car il n’a plus de soutiens ». La cote de popularité du magnat charismatique est tombée en octobre à 22 %, son plus bas historique, affectée par une série de scandales sexuels et des accusations de corruption qui ont touché les plus hautes sphères du PDL de M. Berlusconi. Un éditorialiste du journal La Stampa s’amusait hier à imaginer une Italie « sans B. », souhaitant qu’elle soit enfin « un peu grise et barbante », fasse « un régime sans blagues et vulgarités » et devienne « une démocratie saine et contente d’elle-même ».
(Source : AFP)
La démission annoncée de Silvio Berlusconi, destinée à éviter à l’Italie la contagion de la crise de la dette, a rassuré brièvement les marchés hier, qui ont replongé à l’idée de longues tractations politiques à Rome en pleine tourmente de la zone euro.Après avoir ouvert en hausse, la Bourse de Milan lâchait plus de 3,6 % en fin de matinée de crainte que la « démission au ralenti » de M. Berlusconi, selon les termes d’un journal italien, ne débouche sur une période de flottement peu propice à l’adoption de mesures impopulaires. Les taux obligataires italiens à 10 ans ont pour la première fois dépassé les 7 %, niveau jugé insupportable à terme alors qu’ils s’étaient détendus une fois connue la démission programmée de Silvio Berlusconi.Le Cavaliere, 75 ans, partira probablement fin novembre,...
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