Le président chinois en compagnie du chef de l’État autrichien Heinz Fischer. Samuel Kubani/AFP
Le chef de l’État chinois s’exprimait, en mandarin et via un traducteur, devant la presse à l’issue d’un entretien avec le chef de l’État autrichien Heinz Fischer et avant de se rendre demain 2 novembre à Cannes (sud-est de la France) où il participera les 3 et 4 novembre au sommet du G20 consacré à la crise de la dette dans la zone euro et à la situation économique mondiale (voir par ailleurs).
La Chine « est convaincue que l’Europe » dispose « des compétences pour surmonter les difficultés en cours », a ainsi déclaré le président Hu Jintao. « Nous suivons de près les développements économiques », a-t-il laconiquement ajouté.
De son côté, le ministre chinois du Commerce extérieur, Chen Deming, membre de la délégation, a indiqué que la Chine était disposée à aider l’Europe dans la crise « car tous les pays sont dans un même bateau et doivent s’entraider afin que l’Europe se refasse une santé ». Le ministre chinois a promis « un soutien réel ».
La visite en Europe du chef de l’État chinois intervient après que la zone euro fut parvenue, le 27 octobre, à boucler dans la douleur un plan censé assurer sa survie, qui passe par une forte décote de la dette de la Grèce et la mobilisation de 1 000 milliards d’euros pour empêcher la contagion, notamment à l’Espagne et à l’Italie.
Selon des diplomates européens, la Chine, qui détiendrait déjà plus de 500 milliards de dollars de dette souveraine européenne, serait prête à abonder le Fonds européen de stabilité financière (FESF), mais aucun responsable chinois n’a pour l’instant confirmé cette information. La Chine « attend les détails techniques pour y voir clair », a déclaré le 28 octobre son vice-ministre des Finances, Zhu Guangyao.
Le directeur du FESF, Klaus Regling, qui a séjourné à Pékin les 28 et 29 octobre, avait déclaré être en Chine pour « entendre les investisseurs potentiels » et avoir leur point de vue sur les efforts de l’UE. Il avait qualifié ses entretiens de « productifs » et « amicaux ».
Le G20 devrait également aborder la situation économique de la Chine, deuxième économie mondiale, dont la croissance – certes toujours soutenue – ralentit, affectée par la crise en Europe et aux États-Unis et par une inflation élevée qui freine la consommation intérieure.
Dans l’après-midi, Hu Jintao a rencontré le chancelier Werner Faymann, lequel, comme le président Heinz Fischer en 2010, s’est rendu en Chine en 2011 et y a soulevé la question du respect des droits de l’homme.
Pendant son séjour en Autriche, des groupes de réfugiés tibétains manifestent pour dénoncer « l’occupation du Tibet par la Chine » et « la répression en cours ». La première manifestation, regroupant quelques dizaines de personnes, a eu lieu dimanche soir devant l’Opéra de Vienne. Une autre s’est déroulée lundi matin devant l’Hôtel Imperial, où réside le chef de l’État chinois. À cette occasion, une manifestante tibétaine, brandissant le drapeau du Tibet, a été brièvement prise à partie par des manifestants chinois arborant des drapeaux autrichiens et chinois.
En conséquence, d’importantes mesures de sécurité entourent la visite du chef de l’État chinois.
Ces neuf derniers mois, une dizaine de moines bouddhistes se sont immolés ou ont tenté de le faire dans cette région du sud-ouest de la Chine.
(Source : AFP)


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