Les islamistes, qui ont obtenu 90 des 217 sièges de l’Assemblée constituante, se disent prêts à former une large coalition regroupant tous les anciens opposants à Zine el-Abidine Ben Ali. Le secrétaire général d’Ennahda, Hamadi Jbeli, est pressenti pour devenir Premier ministre du futur gouvernement. Le Congrès pour la république, de Moncef Marzouki, ex-opposant qui a longtemps vécu en France, arrive en deuxième place avec 30 sièges. L’Ettakatol, autre formation laïque de centre-gauche dirigée par Moustafa Ben Jaafar, a remporté elle 21 élus.
L’accusant d’avoir soutenu l’ancien régime, Ennahda refuse en revanche de discuter avec l’homme d’affaires Hachmi Hamdi, dont la Pétition populaire est arrivée en quatrième position. Jeudi, la commission électorale avait par ailleurs annulé les sièges remportés par la Pétition populaire dans six circonscriptions en raison d’infractions aux règles de financements de la campagne. Notons que M. Hamdi, qui vit à Londres, possède notamment la chaîne de télévision al-Mostakilla qui prenait parti pour Ben Ali dans les dernières années de son long règne. « Si j’étais quelqu’un proche de Ben Ali, je serais allé aux obsèques de ma mère qui est morte il y a trois ans, et je n’ai pas pu faire cela. Je suis blessé ! » a-t-il déclaré depuis les locaux de sa chaîne de télévision. « Depuis 1999, Ben Ali ne m’a pas parlé (...). À l’Aïd l’an dernier, j’ai essayé de lui dire que la situation se détériorait et qu’il devait changer sa façon de conduire le pays, mais il a refusé de me parler », a-t-il poursuivi.
Ces deux annonces coup sur coup ont déclenché la fureur de ses partisans à Sidi Bouzid, où la Pétition populaire est arrivée en tête des suffrages. Les forces de sécurité ont tiré en l’air pour disperser la foule hier matin alors que les contestataires voulaient s’en prendre au gouvernement régional. Le bureau du gouverneur, la mairie, le bureau de campagne d’Ennahda auraient également été visés selon des témoins. La tension restait vive hier soir, malgré l’instauration d’un couvre-feu.
Rappelons que c’est à Sidi Bouzid, ville pauvre du centre de la Tunisie, que Mohammad Bouazizi, un marchand de légumes ambulant, s’était immolé par le feu il y a dix mois. Son geste désespéré a été le point de départ de la révolution et du « printemps arabe ».
Rachid Ghannouchi, chef de file d’Ennahda, a accusé les anciens partisans du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), l’ancien parti de Zine el-Abidine Ben Ali, d’être à l’origine de ces troubles. « Il est possible aussi qu’il y ait eu des partis extrémistes derrière ce qui est arrivé (...) Ou peut-être ceux qui n’ont pas réussi à l’élection », a-t-il ainsi déclaré.
Sur le plan économique, les islamistes d’Ennahda se sont engagés à poursuivre une politique de libéralisation, encourageant les introductions en Bourse et envisageant de rendre le dinar tunisien convertible, une évolution qui favoriserait les investissements étrangers.
Face à l’inquiétude que suscite leur arrivée au pouvoir, ils ont multiplié les propos rassurants, disant notamment vouloir associer aux consultations sur l’avenir institutionnel la quasi-totalité des partis politiques mais aussi les organisations de la société civile ou les syndicats. Rachid Ghannouchi, qui ne brigue pour lui-même pas de poste officiel dans la Tunisie post-Ben Ali, a indiqué que le futur gouvernement intégrerait des femmes, « qu’elles portent ou non le voile ». Il a également annoncé qu’Ennahda n’avait pas l’intention de modifier le mode de vie des Tunisiennes.
Signalons finalement que M. Ghannouchi a déclaré que l’Europe n’aurait bientôt plus à « se tracasser pour l’immigration illégale » en provenance de Tunisie.
(Source : agences)


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Mon ami Anastase, Ce n'est pas boire du simple du jus de raisin avec des bulles qui m'inquiète, ils boivent et s'habillent comme ils veulent... c'est plutôt l'imposition des idéologies religieuses, en l'occurrence islamique, à ceux qui ne les partagent pas (charia), ou pire, de considérer comme "indécentes" voire impies, les femmes qui ne couvrent pas leurs cheveux et qui s'habillent selon leurs gouts de femmes. C'est là, un des enjeux principaux de ce qui se passe en Tunisie. Mais je continue à dire " let's wait and see". Il faut juger sur les faits. Je n'aime pas par principe "les guerres préventives". Bien à toi!
16 h 06, le 30 octobre 2011