Un manifestant lance un cocktail Molotov lors des manifestations contre l’austérité à Athènes, aujourd'hui. John Kolesidis/
Une grève générale de 48 heures, la plus importante depuis des années, a débuté mercredi en Grèce et des affrontements se sont rapidement produits à Athènes entre forces de l'ordre et manifestants devant l'immeuble du Parlement.
Des affrontements ont éclaté mercredi entre groupes de jeunes et police près du Parlement grec, dans le centre d'Athènes, noyé sous les gaz lacrymogènes de la police et les fumées de nombreux incendies de poubelle, en marge d'une manifestation géante contre l'austérité.
Les grands hôtels de la place Syntagma ont fermé leurs volets face à l'offensive de groupes de manifestants vêtus de noir et masqués, lançant bouts de marbre et autres projectiles sur la police massée devant le Parlement.
Une guérite abritant en temps ordinaire un evzone, les gardes nationaux vêtus de la traditionnelle fustanelle dont le pas cadencé fait la joie des touristes, a été incendiée, sous les yeux de centaines de journalistes du monde entier venus assister à l'épreuve de force entre le peuple grec et ses gouvernants au bout de plus de deux ans de crise.
Un peu plus tôt à la mi-journée, quelque 200 jeunes avaient commencé à bombarder de cocktails molotov et de pierres une barrière installée par la police pour fermer l'accès au Parlement, s'attirant en riposte des tirs de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes.

Place Syntagma, à Athènes, une manifestante crie sa
colère. Yiorgos Karahalis/Reuters
"Nous n'avons aucun avenir ici... Tous les jeunes veulent partir à l'étranger, et comment les en blâmer ?", déclarait dans la foule une manifestante de 17 ans, Anastasia Kolokotsa.
Les affrontements se poursuivaient en début d'après-midi aux marges d'un rassemblement qui restait fourni autour de Syntagma, à l'issue de manifestations ayant réuni quelque 70.000 personnes, selon la police, environ 200.000 selon les syndicats. Pour tout le pays, la police recensait quelque 125.000 manifestants.
Le mouvement de grève concerne les administrations, les entreprises, les services publics mais également les commerces de détail.
Alors que près de 5.000 policiers ont été placés en état d'alerte, des groupes ont aussi cassé à coups de barres de fer une guérite placée devant un des bâtiments du ministère des Affaires étrangères, avant d'être repoussés par une charge des forces anti-émeute.
Un peu plus loin, quelque 300 propriétaires de taxis sur les milliers manifestant contre la libéralisation de leur profession ont bombardé un cordon policier de pierres et de poubelles, déclenchant des tirs de lacrymogènes.
Des poubelles, débordant sur la chaussée après plus de deux semaines de grève des éboueurs, brûlaient aussi sur des grandes artères du centre.
Quelque 400 dockers se sont également rassemblés à l'entrée du port du Pirée tandis qu'un millier de gardiens de prison se sont réunis devant le ministère de la Justice.
Les contrôleurs aériens ont, de leur côté, décidé d'assouplir leur mouvement et d'observer un débrayage de douze heures seulement (de minuit à midi) pour ne pas pénaliser les voyageurs. Un porte-parole de l'aéroport d'Athènes a toutefois indiqué que 150 vols nationaux et internationaux avaient été annulés tandis que 16 vols ont été reportés

Un manifestant fuit au milieu des gaz lacrymogènes tirés
par la police, devant le Parlement, à Athènes. Yannis Behrakis/Reuters
Ces manifestations se déroulent alors que les dirigeants européens se retrouvent dimanche pour un sommet consacré à la crise de la dette souveraine dans la zone euro et à la question du déblocage d'une nouvelle tranche d'aide pour permettre à la Grèce de faire face à ses échéances financières au-delà du mois de novembre.
Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel participaient mercredi soir à une réunion de travail à Francfort, où était réuni le gratin de la finance européenne, avant le sommet européen de dimanche.
Mais le projet de loi sur les nouvelles mesures d'austérité, vivement contesté dans la rue, a finalement été adopté dans la soirée par le Parlement lors d'un premier vote "sur le principe". A l'issue d'un vote nominatif, 154 députés du Pasok, parti socialiste au pouvoir, sur les 295 députés présents au Parlement ont voté en faveur de ce projet de loi, dicté par les créanciers du pays, UE et FMI. Tous les partis de l'opposition, 141 députés présents ont voté contre tandis que cinq députés étaient absents. Le nombre des députés du Parlement est 300.
Un second vote définitif sur les articles et sur l'ensemble du projet de loi est prévu jeudi soir.
Ce projet de loi prévoit une réduction du nombre de salariés de la fonction publique et de leur traitement, des augmentations d'impôt ainsi que le gel des conventions collectives, ouvrant la voie à une généralisation des abaissements salariaux dans les entreprises privées, à la demande des créanciers du pays, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI).
Pour le Premier ministre socialiste, Georges Papandréou, l'adoption des nouvelles mesures, prévoyant chômage technique pour des milliers de fonctionnaires, coupes salariales dans la fonction publique et gel des conventions collectives dans les entreprises, est la condition pour que la Grèce puisse renforcer sa capacité de négociation dimanche lors du sommet européen. "Nous devons poursuivre cette guerre, en tant que peuple, en tant que gouvernement, en tant que groupe parlementaire, afin de permettre au pays de la gagner", avait-il déclaré mardi soir. "Nous gagnerons pour le pays, nous continuerons. C'est la raison pour laquelle je suis ici."
"A partir de maintenant, et jusqu'à dimanche, nous sommes engagés dans la bataille de toutes les batailles", a dit pour sa part le ministre des Finances, Evangelos Venizelos en ouvrant les débats dans le Parlement. "C'est un combat angoissant mais nécessaire pour éviter que la crise ne nous emporte."
Le ministre de la Réforme administrative, Dimitris Reppas, a évoqué le sentiment d'isolement qui règne au sein du parti au pouvoir, se comparant à un homme "jeté aux lions". "Au gouvernement, on se sent comme des gens dans le Colisée, face au monstre de la dette, sous l'oeil de la foule dans les tribunes", a-t-il dit.
Des affrontements ont éclaté mercredi entre groupes de jeunes et police près du Parlement grec, dans le centre d'Athènes, noyé sous les gaz lacrymogènes de la police et les fumées de nombreux incendies de poubelle, en marge d'une manifestation géante contre l'austérité.
Les grands hôtels de la place Syntagma ont fermé leurs volets face à l'offensive de groupes de manifestants vêtus de noir et masqués, lançant bouts de marbre et autres projectiles sur la police massée devant le Parlement.
Une guérite abritant en temps ordinaire un evzone, les gardes nationaux vêtus de la...

