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À La Une - Révolte

La Syrie s'en prend violemment à la Ligue arabe

L'opposition menace de recourir à l'étranger ; le CNT libyen reconnaît le CNS.

Une manifestation rassemblant, selon le régime, un million de personnes, mercredi à Alep, deuxième ville de Syrie, pour soutenir le président Assad. Photo Sana/

Damas a lancé, mercredi, une attaque au vitriol conte la Ligue arabe, trois jours après une réunion extraordinaire tenue par l'organisation pour discuter de la crise syrienne. "Il n'est plus étonnant de voir la Ligue arabe, censée se concentrer sur l'action arabe commune, se transformer en un instrument d'injustice pour déstabiliser la Syrie", écrit le quotidien gouvernemental As Saoura. Pour le journal, l'organisation basée au Caire est "devenue l'otage de forces dominantes qui agissent conformément à un agenda dicté par des pays agresseurs comme l'Amérique et Israël et leurs alliés européens". "Après des années d'inaction, la Ligue arabe se transforme aujourd'hui en un outil de déstabilisation, agissant à l'encontre des intérêts arabes", accuse-t-il.

 

La Ligue arabe a appelé le 16 octobre, à l'issue d'une réunion extraordinaire sur la Syrie, à la tenue d'une "conférence de dialogue national" sous 15 jours au Caire entre le gouvernement syrien et l'opposition, pour mettre fin aux violences et "éviter une intervention étrangère". Elle a aussi décidé de former une commission ministérielle présidée par le Qatar et comprenant l'Algérie, le Soudan, le sultanat d'Oman et l'Egypte ainsi que le secrétaire général Nabil al-Arabi, pour "contacter les dirigeants syriens afin de mettre fin à tous les actes de violence".

Le délégué de la Syrie auprès de la Ligue arabe, Youssef Ahmad, avait dénoncé lors de cette réunion "un complot" contre son pays et accusé des "groupes terroristes armés" d'être derrière les violences en Syrie.

 

 

Vers une intervention de la communauté internationale ?

 

 

De son côté,  le Conseil national syrien (CNS), a menacé mercredi à Tripoli de demander une intervention de la communauté internationale. "Si le régime continue à être irresponsable -et nous avons noté que durant les dernières 48 heures il a répondu à l'initiative arabe par plus de tueries, avec 35 morts à Homs- dans ce cas, notre principal objectif est d'appeler à protéger les civils", a déclaré un des membres du CNS, Najib Ghadbian.
Cette aide extérieure pourrait, selon lui, prendre la forme d'une zone tampon ou d'une zone d'exclusion aérienne, sur le modèle de celle décrétée par les Nations unies en Libye pour protéger les civils de la violente répression menée par le dirigeant déchu Mouammar Kadhafi.
"Ce n'est pas la même chose que d'appeler à une intervention militaire menée par des forces étrangères", a-t-il insisté, lors cette visite en Libye, seul pays à reconnaître le CNS comme unique représentant légitime du peuple syrien.
"Nous pensons, et c'est une question de principe, que conserver le caractère pacifique de la révolution est la meilleure façon de faire tomber ce régime", a-t-il ajouté.

La délégation du CNS a rencontré Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT) libyen.
Hassan al-Soughair, membre du CNT, a assuré que le nouveau pouvoir à Tripoli apporterait "toutes sortes de soutien" pour garantir le succès de la "révolution" syrienne.
Créé fin août à Istanbul et lancé officiellement le 2 octobre, le CNS réunit la majeure partie des courants politiques opposés au régime de Damas: les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestations, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans, interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens. Si les Etats-Unis, la France et les autres pays occidentaux ont salué la création de cette instance, ils n'ont pas été jusqu'à entériner sa légitimité, comme ils l'avaient fait avec le CNT.

 

 

Encore des victimes...

 

Selon l'ONU, plus de 3.000 personnes, en grande majorité des civils, ont péri depuis le 15 mars dans la répression en Syrie, qui a fait mercredi 10 nouvelles victimes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Quatre d'entre eux ont été tués par les tirs d'une milice civile -les "chabbiha" à qui le régime du président Assad a confié un rôle de premier plan pour mater l'insurrection populaire- dans un quartier de Homs, un des hauts lieux de la contestation populaire dans le centre du pays.

Quatre autres civils ont été tués par les forces de sécurité lors de perquisitions dans la ville de Qousseir (région de Homs) et deux civils, dont une femme, ont été abattus par des balles perdues près de cette ville, théâtre depuis lundi d'affrontements entre l'armée régulière et des hommes armés qui seraient des déserteurs, selon l'OSDH.

Par ailleurs, au moins sept soldats ont été tués et plusieurs autres blessés dans des affrontements avec des hommes armés, "vraisemblablement des déserteurs", dans le centre de la Syrie, a rapporté le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

 

Lundi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a haussé le ton vis-à-vis du président Assad, le sommant de "stopper les tueries" dans le pays.

Mais le régime syrien continue d'ignorer les appels internationaux et mercredi la télévision d'Etat a diffusé des images d'une manifestation rassemblant, selon elle, un million de personnes à Alep (nord), deuxième ville de Syrie, pour soutenir le président Assad et dénoncer "les ingérences étrangères dans les affaires du pays". Les participants brandissaient des portraits d'Assad, des drapeaux syriens, russe et chinois et des pancartes saluant les réformes annoncées par le régime.

La Russie et la Chine, deux pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU ont opposé le 4 octobre leur veto à un projet de résolution des pays occidentaux menaçant le régime syrien de "mesures ciblées" pour qu'il cesse la répression sanglante des manifestations.

 

 

Tension à la frontière avec le Liban

 

Par ailleurs, une source de sécurité haut placée a affirmé au quotidien libanais as-Safir que Damas respecte la souveraineté libanaise et "n’a pas l’intention de transgresser les frontières avec le Liban". Selon ce responsable, dont le nom n’a pas été révélé par le journal, "les autorités syriennes ont assuré au gouvernement libanais que la marine syrienne a reçu des ordres stricts de ne pas transgresser la frontière maritime avec le Liban afin d’éviter tout malentendu". La même source indique par ailleurs que "la Syrie va lier tout incident qui se produit à l'intérieur du territoire libanais à l'absence de délimitation formelle des frontières entre les deux pays". Elle a ajouté que les autorités syriennes ont informé Beyrouth que "des soldats syriens pourraient traverser la frontière libanaise par mégarde, parce qu’il n’y a aucune indication délimitant la frontière entre le Liban et la Syrie".

Selon des informations rapportées mardi soir, l’armée syrienne a lancé une grosse opération militaire dans la zone syrienne dite des fermes de Deir Aachaër, qui jouxte le village libanais de Deir Aachaër. Il n’était pas clair si les soldats syriens ont transgressé le territoire libanais ou pas.

En outre, les forces syriennes loyalistes ont assassiné un Syrien naturalisé libanais, Ahmad Abou Jabal, habitant Joussy, dans les fermes de Qaa, et ont arrêté son frère Amer, qu’elles ont entraîné en territoire syrien. Selon une source de sécurité citée par www.nowlebanon.com, les deux frères sont des trafiquants.

Damas a lancé, mercredi, une attaque au vitriol conte la Ligue arabe, trois jours après une réunion extraordinaire tenue par l'organisation pour discuter de la crise syrienne. "Il n'est plus étonnant de voir la Ligue arabe, censée se concentrer sur l'action arabe commune, se transformer en un instrument d'injustice pour déstabiliser la Syrie", écrit le quotidien gouvernemental As Saoura. Pour le journal, l'organisation basée au Caire est "devenue l'otage de forces dominantes qui agissent conformément à un agenda dicté par des pays agresseurs comme l'Amérique et Israël et leurs alliés européens". "Après des années d'inaction, la Ligue arabe se transforme aujourd'hui en un outil de déstabilisation, agissant à l'encontre des intérêts arabes", accuse-t-il.
 
La Ligue arabe a appelé le 16 octobre, à l'issue d'une...
commentaires (3)

Quelle perte de temps de la part du régime syrien....çà ne sert à rien,parceque la ligue arabe....c'est rien,du vent,de la camelote...

GEDEON Christian

17 h 32, le 19 octobre 2011

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Commentaires (3)

  • Quelle perte de temps de la part du régime syrien....çà ne sert à rien,parceque la ligue arabe....c'est rien,du vent,de la camelote...

    GEDEON Christian

    17 h 32, le 19 octobre 2011

  • Une amère collision entre les frères despotes. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    15 h 53, le 19 octobre 2011

  • Le grand chantage du régime baassiste à son apogée à l'égard de la Ligue arabe. Celle-ci n'a rien fait à ce jour pour arrêter les massacres du peuple syrien par ce régime. Le jour où elle décide d'essayer de faire quelque chose -et c'est très douteux qu'elle puisse faire quoi que ce soit- Damas lance son chantage avec la chanson connue : Israel-Amérique. Cela ne colle guère. Ces deux sont bien embarrassés et leur hypocrisie n'arrivera pas à cacher leur embarras. Ils ne veulent pas du tout en effet la chute de ce régime, le meilleur pour la tranquillité de l'Etat sionite.

    Halim Abou Chacra

    12 h 41, le 19 octobre 2011

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