En marge d’une manifestation contre l’austérité de policiers et de pompiers devant le Panthéon, un policier s’amuse avec son chewing-gum. Yiorgos Karahalis/Reuters
« Il s’agit peut-être de la semaine la plus importante pour la Grèce et pour l’Europe », a-t-il ainsi déclaré lors d’une entrevue avec le président grec, Karolos Papoulias. « De notre point de vue, il est très important que toute la classe politique grecque montre son sens de l’unité et des responsabilités », a ajouté le Premier ministre socialiste. « Il faut démontrer que nous souhaitons de grands changements, nous devons nous présenter à la table des négociations le 23 octobre avec la tête haute et des cartes en main pour obtenir ce qui est le mieux pour la Grèce », a expliqué George Papandreou.
« Nous sommes parfaitement conscients des énormes changements dans la vie des gens et des problèmes que la crise économique pose aux services publics », ont de leur côté déclaré les ministres de la Santé, de l’Éducation et des Transports dans un communiqué conjoint diffusé sur leurs sites Internet. « Mais soit nous faisons tout ce qui est possible maintenant, soit nous allons au désastre », ont ajouté les ministres. Le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, a reconnu lui aussi que cette semaine serait celle « au cours de laquelle vont se décider de nombreuses choses, sinon tout ».
Ne voyant pas d’autre solution pour réduire le niveau de la dette de son pays, George Papandreou a affirmé qu’il ferait adopter les mesures impopulaires réclamées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international. Le gouvernement dispose d’une courte majorité de quatre sièges au Parlement. Au moins deux députés socialistes pourraient s’opposer à une partie du projet, mais le Pasok table sur l’appui de deux petites formations pour faire passer ces mesures.
Rappelons que le plan d’austérité prévoit des hausses d’impôts, des réductions du montant des salaires et des retraites, des licenciements et des modifications dans les accords salariaux.
Face à ce discours, les deux principaux syndicats, l’Adedy pour la fonction publique et le GSEE pour le secteur privé, représentant près de la moitié des quatre millions de salariés grecs, ont promis pour mercredi et jeudi l’une des plus fortes mobilisations depuis le début de la crise il y a deux ans. Les débrayages devraient perturber les ravitaillements en denrées alimentaires, et en hydrocarbures et les transports. Les hôpitaux fonctionneront avec des effectifs restreints. Même le fonctionnement de la justice devrait être perturbé, les magistrats ne rendant des décisions que dans les affaires les plus sensibles.
Une grève de 48 heures entamée hier dans le secteur des transports maritimes a déjà provoqué l’interruption de liaisons de passagers vers plusieurs îles grecques. Les services douaniers observent de leur côté un arrêt de travail de 24 heures et doivent décider de la suite à donner à leur mouvement qui pourrait affecter le ravitaillement en hydrocarbures.
Le mécontentement semble croissant dans la population grecque qui se montre de plus en plus défiante à l’égard de la classe politique pour résoudre ses problèmes. « Je veux qu’ils s’en aillent. Ils ne peuvent pas résoudre nos problèmes parce que ce sont eux qui nous ont mis dans cette situation », a affirmé Maria Papadopoulou, une retraitée de 57 ans. « Je ne manifeste pas d’habitude, mais cette semaine, il faut prendre notre destin en main et adresser un message au gouvernement », a-t-elle ajouté.
Derrière elle, on pouvait entendre de sombres chants de protestation datant de l’époque de la dictature des colonels.
(Source : Reuters)


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