Un combattant pro-CNT lors d’affrontements dans les quartiers "Dollar" et "N°2", à Syrte. Ahmad al-Rubaye/
La ville de Bani Walid, l'un des derniers bastions fidèles au dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi à 170 km au sud-est de Tripoli, a été "totalement libérée", a annoncé lundi à l'AFP un commandant militaire des nouvelles autorités sur le terrain. "La route est maintenant ouverte à l'est vers Syrte, au sud vers Sebha et à l'ouest vers Tripoli", a déclaré Seif al-Lasi, qui dirige une brigade venue de Zliten, au nord-est de Bani Walid. Il a précisé qu'"au moins une vingtaine de mercenaires" avaient été arrêtés.
Un autre commandant, Salem Ghit, avait annoncé auparavant la prise du centre-ville par les combattants du nouveau pouvoir, faisant état de deux morts et de 16 blessés dans leurs rangs lundi.
Sur place, les combattants tiraient en l'air avec des armes légères et des armes lourdes au cri d'"Allah Akbar" pour fêter leur avancée et hissaient le drapeau des nouvelles autorités libyennes sur plusieurs bâtiments et mosquées, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les pro-CNT ont pris possession de l'hôpital qui commençait à fonctionner à nouveau après une visite d'une équipe de la Croix-Rouge qui a apporté du matériel médical, a constaté un journaliste de l'AFP, qui a vu six blessés et sept cadavres en décomposition à la morgue de l'hôpital.
Les forces du nouveau pouvoir libyen avaient attaqué la ville par le nord et le sud avant de se rejoindre dans le centre-ville, avait expliqué le commandant Ghit, précisant qu'elles contrôlaient l'aéroport de Bani Walid. Les combattants du Conseil national de transition (CNT), qui assiégeaient l'oasis de Bani Walid depuis plus d'un mois, avaient lancé dimanche une nouvelle offensive sur la ville, après une semaine d'interruption.
Lundi, plusieurs proches de responsables du régime Kadhafi, notamment la mère et le frère de Moussa Ibrahim, ancien porte-parole du Guide, ont pris la fuite vers une destination inconnue. Une demi-douzaine de véhicules, avec des hommes, des femmes et des enfants, ont fui dans la matinée les quartiers "Dollar" et "N°2", à Syrte, où sont retranchés les forces pro-Kadhafi, sans toutefois que s'y trouvent de "gros poissons", a indiqué Wassim ben Hamidi, en charge des opérations sur le front Est.
Selon un autre commandant pro-CNT, Hassan al-Droe, les fuyards ont affirmé que Mouatassim Kadhafi, un des fils de l'ex-dirigeant, se trouvait encore à Syrte.
Des informations contradictoires circulent régulièrement parmi les forces du CNT sur la présence de proches de M. Kadhafi à Syrte et Bani Walid. La semaine dernière, la capture de Mouatassim Kadhafi à Syrte avait été annoncée, avant d'être finalement démentie.
Plus tôt dans la journée, une télévision pro-Kadhafi a confirmé la mort de Khamis, le fils cadet du dirigeant libyen déchu, annoncée fin août par le CNT. La chaîné Arraï, qui émet depuis Damas, a affirmé dimanche soir que Khamis avait été tué le 29 août à Tarhouna, à environ 80 km au sud-est de Tripoli "en se battant contre les ennemis de la patrie".
Son cousin Mohamed, fils du chef des renseignements du colonel Kadhafi, Abdallah Senoussi, a été tué avec lui, a ajouté la chaîne.
Plus jeune fils de Kadhafi, âgé de 28 ans, Khamis commandait l'une des brigades réputées les plus efficaces des forces fidèles à l'ex-dirigeant libyen.
Un autre commandant, Salem Ghit, avait annoncé auparavant la prise du centre-ville par les combattants du nouveau pouvoir, faisant état de deux morts et de 16 blessés dans leurs rangs lundi.
Sur place, les combattants tiraient en l'air avec des armes légères et des armes lourdes au cri d'"Allah Akbar"...

