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Économie - Analyse

Pas assez de croissance, trop de déficit : 2011 s’annonce sombre pour Madrid

L’Espagne devrait rater cette année à la fois son objectif de croissance et celui de réduction du déficit : tel est le sombre horizon économique que dessinent désormais la plupart des analystes, alors que le pays a encore vu sa note souveraine dégradée jeudi. Une semaine après l’agence d’évaluation financière Fitch, c’est sa consœur Standard & Poor’s qui a abaissé la note du pays. Tandis que la première avait enlevé deux crans, de AA+ à AA-, la seconde ne l’a diminuée que d’un échelon, de AA à AA-. Les deux y ajoutent une perspective négative, ce qui fait planer la menace de nouvelles dégradations à moyen terme.
Les raisons avancées sont presque les mêmes : une croissance atone, de mauvaises finances régionales, un secteur bancaire toujours fragile depuis l’éclatement de la bulle immobilière fin 2008, mais aussi l’énorme dette privée, celles des ménages et des entreprises.
La ministre des Finances, Elena Salgado, s’est bien gardée hier de critiquer Standard & Poor’s, estimant toutefois que la décision de cette dernière est surtout due à « la situation de tension financière globale » et que « les agences devraient moins se laisser influencer par l’environnement » entourant l’économie espagnole. Mais plus personne ne croit vraiment que la croissance atteindra en 2011 les 1,3 % prévus par le gouvernement. Même Mme Salgado l’a admise, reconnaissant que si elle « refaisait aujourd’hui des prévisions, elles seraient bien sûr différentes de celles que nous avons faites avant l’été ». Mais, à un mois des élections législatives, pas question de réviser ce chiffre à la baisse. « Tout indique que (la croissance) va être de 0,7-0,8 %, à peu près 60 % de l’objectif », estime Daniel Pingarron, analyste de la maison de courtage IG Markets. Tant le Fonds monétaire international (FMI) que la banque d’Espagne et Standard & Poor’s misent sur 0,8 %. Les raisons ? Un chômage record parmi les pays industrialisés, 20,89 %, « qui entraîne fortement à la baisse la consommation », souligne David Fernandez, analyste chez Tressis, tandis que le pays n’a plus les juteuses recettes de la bulle immobilière qui a éclaté fin 2008. Et croissance et déficit « sont les deux faces de la même monnaie », rappelle Fernando Hernandez, directeur de gestion chez la banque Inversis, « donc il est très probable que l’objectif de déficit ne soit pas atteint ».
Axe central de la politique économique de l’Espagne, la réduction du déficit public est aussi un élément très surveillé par le marché : après un plongeon à 11,1 % du PIB en 2009, Madrid a joué le bon élève en 2010 en le ramenant, comme prévu, à 9,3 %. Il vise 6 % en 2011, puis 4,4 % en 2012. Dommage : pour Standard & Poor’s, le déficit sera de 6,2 % cette année, puis 5 % l’an prochain. Mme Salgado a toutefois appelé hier à « se conformer aux 6 % », qui est un objectif « ambitieux » et « auquel il est impossible de renoncer ». « Les coupables, ce sont les communautés autonomes », tranche Daniel Pingarron, alors que, selon lui, « l’État central va atteindre son objectif de déficit ». Les 17 régions, qui jouissent d’une grande autonomie, sont une source récurrente d’inquiétudes pour les marchés, en raison de leur lourd endettement.
              (Source : AFP)
L’Espagne devrait rater cette année à la fois son objectif de croissance et celui de réduction du déficit : tel est le sombre horizon économique que dessinent désormais la plupart des analystes, alors que le pays a encore vu sa note souveraine dégradée jeudi. Une semaine après l’agence d’évaluation financière Fitch, c’est sa consœur Standard & Poor’s qui a abaissé la note du pays. Tandis que la première avait enlevé deux crans, de AA+ à AA-, la seconde ne l’a diminuée que d’un échelon, de AA à AA-. Les deux y ajoutent une perspective négative, ce qui fait planer la menace de nouvelles dégradations à moyen terme.Les raisons avancées sont presque les mêmes : une croissance atone, de mauvaises finances régionales, un secteur bancaire toujours fragile depuis l’éclatement de la bulle...
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