Selon un nouveau sondage, François Hollande remporterait le second tour de la primaire socialiste avec 53 % des suffrages contre 47 % à Martine Aubry. Patrick Kovarik/AFP
Rappelons que le député de Corrèze, favori pour l’investiture, et la maire de Lille se sont affrontés mercredi soir lors d’un débat sur France 2 ; une confrontation sans heurts, marquée toutefois par une stratégie plus offensive de la candidate.
Mme Aubry avait notamment critiqué le « flou » du projet de M. Hollande, coupable à ses yeux de représenter une « gauche molle » face à la « gauche dure » qu’elle assure incarner. Le député de Tulle avait alors parlé de « gauche sectaire » à son endroit. « Des mots de droite », a répliqué hier sur RTL Martine Aubry, qui a durci le trait contre son rival. « Ça me gêne toujours quand un homme de gauche utilise les mots de la droite », a-t-elle insisté. Elle a de nouveau fustigé le « flou » de l’élu de Corrèze qui, selon elle, « essayait de passer entre les gouttes » lors du débat. « Ma grand-mère disait : quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », a-t-elle lancé, ajoutant : « J’ai essayé de mettre le doigt sur certains de ces loups. » Invité d’Europe 1 hier, M. Hollande a poursuivi l’affrontement à distance. « Je ne veux pas tomber dans ces caricatures, il n’y a pas des durs et des mous », a-t-il souligné. « La gauche, elle n’a ni à être sectaire ni fragile. Elle a à être tout simplement elle-même. Je ne veux pas être dans la dévalorisation. Je n’ai pas besoin moi de dénigrer, de dévaluer, de dénoncer », a-t-il insisté, précisant qu’il n’avait pas cherché « à blesser qui que ce soit » en parlant de « gauche sectaire ». « Il n’y pas ici les flous et les clairs. Il y a ceux qui peuvent, celui qui pourra, donner un projet à la France », a-t-il déclaré.
François Hollande, sorti en tête du premier tour de la primaire avec 39,2 % des voix, bénéficie des ralliements de Jean-Michel Baylet (0,6 %), Manuel Valls (5,6 %) et Ségolène Royal (6,9 %). Martine Aubry a recueilli 30,4 % des suffrages au premier tour, dimanche dernier, mais estime que « ce n’est pas plié ». « J’en appelle à tous les Français qui veulent un vrai changement pour aller voter dimanche, les femmes, les jeunes... » a-t-elle dit. Selon un sondage OpinionWay Fiducial pour la chaîne d’information LCI et le quotidien Le Figaro, M. Hollande emporterait le second tour de la primaire socialiste avec 53 % des suffrages contre 47 % à Mme Aubry. Le résultat attribué à M. Hollande est en baisse d’un point et celui attribué à Mme Aubry en progression d’un point par rapport à une enquête équivalente réalisée le 11 octobre, avant le débat télévisé de mercredi soir.
Les duellistes attendent désormais la décision du « troisième homme » de la primaire, le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg (17,2 %), qui conditionnait son choix – ou non-choix – au débat de mercredi soir et aux réponses des deux candidats à sa lettre ouverte sur la démondialisation. Un article paru mercredi soir sur le site Internet de Libération prête à Arnaud Montebourg l’intention de soutenir « à titre personnel » François Hollande. Le député de Saône-et-Loire a démenti sur Twitter : « Je suis surpris qu’on me prête une décision de soutien à l’un ou l’autre des candidats, que je n’ai pas prise. »
François Hollande et Martine Aubry ont précisé avoir répondu à la lettre d’Arnaud Montebourg, qui leur demande de prendre en compte ses thèmes de campagne : mise sous tutelle des banques, lutte contre la corruption, VIe République. Dans sa réponse, diffusée hier par son service de presse, la maire de Lille affirme que ses convergences « ne sont pas de façade ou de circonstance » avec Arnaud Montebourg. « Tu peux compter sur moi et j’espère pouvoir compter sur toi », écrit-elle. La réponse de François Hollande n’était pas disponible pour l’heure.
(Source : rédaction et agences)


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