À l’origine de ces primaires, la troisième défaite consécutive de la gauche à la présidentielle en 2007 et l’incapacité des socialistes à surmonter leurs déchirements. Cette crise de leadership culmine fin 2008 avec l’accession houleuse et contestée de Martine Aubry à la tête du parti. Devant cette impasse, la presse de gauche, des intellectuels et des quadragénaires du parti se mobilisent pour des primaires, à leurs yeux la seule réponse adaptée à un système politique centré sur l’élection présidentielle. « Pour désigner le candidat le plus apte à gagner, le plus efficace est d’utiliser le même thermomètre qu’à la présidentielle : le vote des citoyens », explique alors son principal promoteur, Arnaud Montebourg. Le facteur-clé est donc la participation. Selon un sondage paru lundi, 68 % des Français jugent que les « primaires sont un bon moyen de défendre les idées auxquelles on croit ». Plus encore, une large majorité des Français (58 %) ne souhaite pas que Nicolas Sarkozy se présente à l’élection présidentielle d’avril-mai, mais les sympathisants UMP continuent de le souhaiter (78 %).
Six candidats s’affronteront donc dimanche au premier tour de la primaire socialiste : François Hollande, Martine Aubry, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Manuel Valls et Jean-Michel Baylet. Si les deux premiers débats télévisés ont suscité un fort intérêt et rassemblé respectivement 5 et 3,5 millions de téléspectateurs, cette semaine s’annonce prometteuse.
Parallèlement, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a déposé plainte contre l’hebdomadaire L’Express pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation, après un article faisant état d’enquêtes menées sur la compagne du socialiste François Hollande, la journaliste politique Valérie Trierweiler, a indiqué hier le ministère. Les socialistes ont également vigoureusement protesté. Au premier rang, François Hollande a qualifié d’« intrusion inacceptable » cette enquête présumée. De son côté, Valérie Trierweiler s’est dit « abasourdie » et « très choquée ». Le patron de la rédaction de L’Express, Christophe Barbier, a défendu hier son journal, expliquant que « L’Express ne publie pas de fausses informations, elles ont été vérifiées à plusieurs sources, à des niveaux hiérarchiques différents ».
(Source : agences)


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