L’histoire se refaçonne dans la douleur dans les pays du printemps arabe, les dictateurs tombent ou préparent leurs valises, les réformes tant souhaitées frappent aux portes closes de régimes engoncés dans leur autisme, et il se trouve encore des voix qui défendent l’indéfendable, qui légitiment les exactions, qui s’évertuent à blanchir les mains sales rouges du sang des victimes de l’oppression.
Rien que des mensonges et les plus forts en gueule sont bien évidemment les plus menteurs, ceux-là mêmes qui n’en finissent pas de travestir la vérité, de dédouaner les pourris pour services rendus, un renvoi d’ascenseur scandaleux alors que les gens meurent sous les balles des criminels, que les innocents sont torturés par des geôliers sans foi ni loi.
Les manifestants qui défilent dans les villes syriennes : tous des terroristes ; les milliers de contestataires arrêtés, disparus dans les centres carcéraux : des agents à la solde de services de renseignements étrangers ; l’opposition qui exige des réformes : un mouvement nébuleux manipulé par les salafistes. Voilà en clair l’analyse lumineuse que les défenseurs acharnés de Bachar el-Assad sur la scène libanaise font de la situation en Syrie, voilà en substance ce que ces inconditionnels de la langue de bois pensent des populations humiliées qui n’aspirent qu’à se trouver une place au soleil de la démocratie.
La dignité des citoyens, les droits de l’homme, l’exigence de liberté d’opinion : pourquoi tortureraient-ils leur esprit de ces vaines aspirations alors que le régime auquel ils ont voué leur âme est la quintessence même de la volonté populaire ? Pourquoi s’inquièteraient-ils du sort de centaines de milliers de contestataires alors que les sbires du régime s’escriment à réaliser leurs vœux à coups de balles meurtrières et d’obus de chars? Bachar el-Assad a promis des réformes : elles se feront de gré ou de force, les blindés de son armée dussent-ils investir ville après ville, écraser rébellion après rébellion ! ! !
Homs, Hama, Lattaquié, Deraa et aujourd’hui Rastan : des noms qui s’inscrivent en lettres de sang au riche palmarès du régime syrien, des noms symboles qui s’incrustent dans la mémoire collective, qui attisent les frustrations, entretiennent les grandes colères, sèment les germes des nouvelles révoltes, des inévitables vengeances.
Le sang appelle le sang : tout le drame est là, tout l’avenir est hypothéqué par cette dérive sanglante. Et quoi qu’en pensent les sbires du régime, les milliers de morts tombés sur l’autel de la liberté, le sacrifice de centaines de femmes et d’enfants, torturés ou molestés, ne seront jamais mis au compte des dommages collatéraux. Leurs noms s’inscriront tôt ou tard sur le martyrologe des Indignés, des victimes obligées du printemps arabe.
Hier Hama, aujourd’hui Rastan, demain une autre ville martyre. Engagé dans l’engrenage de la violence, le pouvoir baassiste est contraint à la fuite en avant, celle qui ne lui offre qu’un bien maigre sursis avant qu’il ne soit contraint de rendre gorge, avant qu’il ne bascule dans la trappe de l’histoire.
Quelles nouvelles vestes revêtiront alors ses chauds partisans au Liban, ceux qui s’efforcent, sur les plateaux de télévision, à nous convaincre que tout va pour le mieux dans la Syrie de Bachar el-Assad et que l’ordre règne sous la férule du parti Baas ? ...


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Tout le temps,André....j'aime le cinéma en général et le nouveau cinéma humaniste qui pointe le bout de son nez depuis quelque temps,en particulier.Humaniste sans etre chiant comme le cinéma dit engagé des années soixante et soixante dix...
08 h 39, le 03 octobre 2011