Vue d’ensemble des participants au forum hier. Photo Hassan Assal
Encourager l’initiative entrepreneuriale des jeunes et promouvoir leur rôle dans le développement économique du pays, tel est l’objectif du premier forum arabo-international (Yeb2011) qui se tient depuis hier à Beyrouth sous le parrainage du président Michel Sleiman. Organisé par la Lebanese International Business Network Association (L.I.B.A.N), en partenariat avec la Fédération des Chambres libanaises de commerce et d’industrie, l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Unido) et l’Union des Chambres de commerce et d’industrie arabes, l’événement a rassemblé plus de 500 jeunes entrepreneurs venus d’une quarantaine de pays différents. Ont pris part à cet évènement plusieurs responsables et représentants de la société civile au Liban et à l’étranger, notamment Abdel Rahman al-Zamil, président du géant de l’industrie saoudienne, Mohammad Choucair, président de la Chambre de commerce de Beyrouth et propriétaire de Patchi, ou encore Badr Jafar, président de Crescent Petroleum...
L’élite des hommes d’affaires les plus influents de la région étaient également présents pour partager leurs expériences respectives avec la jeunesse venue des quatre coins du monde. Tous étaient réunis pour promouvoir l’importance du potentiel humain dans le développement économique d’un pays. Sohel Hafiz, 30 ans, est avocate à Paris. D’origine algérienne, elle a fait le déplacement à Beyrouth spécialement pour l’occasion. La jeune femme souhaite à terme ouvrir son propre cabinet dans son pays d’origine, l’Algérie. L’événement est pour elle l’occasion de prendre le pouls de l’entrepreneuriat dans les pays arabes. « À l’étranger, les gens ont une mauvaise image de la jeunesse arabe alors que le forum regorge de personnes éduquées, engagées et dynamiques. Le tout est de savoir si les gouvernements sauront profiter de ce potentiel humain (...) », a-t-elle souligné.
« Le sujet est majeur, a insisté de son côté Adnane Kassar, président de l’Union des Chambres de commerce et d’industrie arabes. Notre avenir économique repose sur l’initiative des jeunes, a-t-il poursuivi. La question est aujourd’hui de savoir comment offrir des possibilités de débouchés aux jeunes Libanais pour qu’ils puissent participer à l’avenir de leur propre pays. »
Et si la situation économique des pays était à l’origine des printemps arabes ?
Pour Yoshiteru Uramoto, vice-président de l’Unido, la stabilité et la paix dans la région reposent en grande partie sur la capacité des gouvernements à impliquer les jeunes dans le développement économique de leurs pays. « La situation de l’emploi chez les jeunes dans les pays arabes est désastreuse, indique-t-il. Avec 22 % de personnes sans emploi en 2008, le taux de chômage est le plus élevé au monde et touche pourtant des jeunes hautement qualifiés. Dans ces conditions, comment peut-on s’étonner que les jeunes diplômés décident de proposer leur savoir-faire à l’étranger ? s’interroge-t-il. Il faut créer des projets de financement spécialement dédiés à la jeunesse, pour que cette dernière puisse concrétiser ses idées dans son pays d’origine. »
La fuite des cerveaux libanais vers l’étranger est d’ailleurs en grande partie ce qui a motivé Robert Jreissati, président de L.I.B.A.N, à organiser l’événement. « Le pays se vide de ses ressources, a-t-il déploré. Pourtant, à travers le monde, nombreux sont les pays à croire au potentiel libanais. L’Association des jeunes entrepreneurs libyens, membre du Conseil national de transition (CNT), m’a contacté pour bénéficier du savoir-faire libanais dans la reconstruction de leur pays ! Notre main-d’œuvre est qualifiée, notre position géographique avantageuse et notre système bancaire solide (...) Nous avons toutes les cartes pour redevenir la Suisse du Moyen-Orient que nous étions et en laquelle je continue de croire. »


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