« Nous espérons que le Conseil de sécurité (...) va permettre à la Palestine de devenir membre des Nations unies », a déclaré l’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riad Mansour. Les États-Unis ont déjà dit qu’ils opposeraient leur veto si nécessaire. M. Mansour a encore indiqué qu’il « espérait que le Conseil de sécurité ferait preuve de responsabilité », soulignant que 131 pays ont désormais reconnu la Palestine comme un État souverain. Les tractations au Conseil de sécurité risquent de durer des semaines, voire plus, selon des diplomates. « Nous rencontrons tous les pays membres du Conseil de sécurité » pour les convaincre de voter en faveur de l’adhésion de la Palestine, a dit M. Mansour. Il a précisé que les Palestiniens enverraient à cet effet une délégation en Bosnie, au Gabon et au Nigeria. Les Palestiniens espèrent obtenir au moins neuf voix sur quinze au Conseil, minimum requis pour que leur demande puisse faire l’objet d’une « recommandation » du Conseil à l’Assemblée générale de l’ONU, passage obligé pour que celle-ci se prononce par un vote à son tour. Un tel résultat obligerait les États-Unis à opposer leur veto et une « recommandation » positive ne verra donc de toute façon jamais le jour. « C’est un exercice dans lequel il y aura d’énormes pressions sur les membres du Conseil de sécurité (pour voter non), mais nous avons confiance dans nos amis », a encore expliqué M. Mansour.
Six membres du Conseil de sécurité, permanents ou non, ont déjà dit qu’ils approuvaient la demande palestinienne : Chine, Russie, Brésil, Inde, Liban et Afrique du Sud. D’autres membres indécis ou n’ayant pas révélé leur position sont la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, le Nigeria, le Gabon, la Bosnie et le Portugal. La Colombie s’abstiendra.
La direction palestinienne a fait savoir qu’en cas d’échec au Conseil, elle pourrait user de l’option d’un vote direct à l’Assemblée générale où une majorité leur est acquise et qui pourra leur conférer un statut amélioré « d’État observateur non membre ». Leur statut actuel est d’une « entité observatrice ». Le président français Nicolas Sarkozy avait exprimé une telle proposition mercredi dernier devant l’Assemblée générale de l’ONU. Le président américain Barack Obama a récusé la demande d’adhésion palestinienne, qualifiée de « raccourci » illusoire.
Dans les heures qui ont suivi le dépôt de la candidature palestinienne, le quartette pour le Proche-Orient (USA, UE, ONU, Russie) a proposé vendredi aux Israéliens et aux Palestiniens de reprendre des pourparlers de paix, gelés depuis un an, avec l’objectif d’aboutir à un accord final fin 2012. Mais cette proposition, que doit « étudier » la direction palestinienne dans les prochains jours, ne mentionne pas explicitement le gel de la colonisation réclamé par les Palestiniens. « Si vous voulez la paix, mettez toutes vos conditions préalables de côté », a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à NBC, à l’adresse du président palestinien. Mais ce dernier a affirmé dimanche qu’il ne reprendra pas les négociations sans « un arrêt complet » de la colonisation israélienne. « Je ne suis pas optimiste » quant à la reprise des négociations israélo-palestiniennes, a déclaré hier un diplomate de haut rang de l’ONU.
De son côté, le Hamas a appelé hier à un « dialogue » interpalestinien afin de définir une stratégie commune sur l’établissement d’un État de Palestine, après l’initiative du président Abbas à l’ONU. « Nous sommes en faveur d’un dialogue qui conduira à une stratégie commune concernant la Palestine et de la mise en œuvre de l’accord de réconciliation (avec le Fateh) que nous avons signé », a déclaré le Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh. « La cause palestinienne est la cause d’une nation, et les dirigeants palestiniens ne devraient pas affronter seuls les politiques américaine et sioniste », a-t-il argué. Le Hamas craint notamment que l’avènement d’un État ne mette en péril les droits des réfugiés hors des territoires palestiniens. M. Haniyeh a réitéré la position du Hamas selon laquelle le mouvement islamiste accepterait l’établissement d’un État palestinien sur « n’importe quelle partie du territoire libéré », mais sans jamais reconnaître l’État d’Israël. « Nous estimons que la libération vient avant l’État car on ne peut créer des États par des décisions de l’ONU ou des manœuvres et des compromis, mais grâce à la résistance et la détermination », a plaidé M. Haniyeh.
Sur le terrain, la police israélienne a arrêté un député du Hamas qui était installé depuis 453 jours dans les bâtiments de la Croix-Rouge internationale à Jérusalem-Est annexée, s’attirant les critiques du CICR à Genève. Ahmad Atoun a été interpellé hier matin à l’entrée des locaux de la Croix-Rouge par des policiers en civil à Cheikh Jarrah, au cœur de la partie orientale à majorité arabe de Jérusalem, a-t-on appris de source policière et auprès du mouvement islamiste palestinien. Selon le porte-parole de la police Micky Rosenfeld, M. Atoun est « soupçonné d’être impliqué dans des activités du Hamas à Jérusalem » après s’être « caché dans un immeuble de la Croix-Rouge » pendant plus d’un an. Ahmad Atoun est l’un de trois drigeants du Hamas qui observaient un sit-in depuis juin 2010 dans les locaux de la Croix-Rouge internationale à Cheikh Jarrah.
(Source : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine