Fin décembre, l’Australien, alors au faîte de sa renommée après la publication par WikiLeaks de milliers de câbles diplomatiques confidentiels, annonçait à la presse la signature d’un contrat de plus d’un million d’euros pour la publication en 2011 de ses Mémoires. « Ce sera un livre très personnel », avait-il expliqué peu après, via son éditeur, la petite maison écossaise Canongate, espérant en faire « l’un des documents fédérateurs de notre génération ». Dix mois plus tard, rien ne va plus : le livre est sorti hier dans les librairies, contre l’avis du principal intéressé, sous un titre qui en dit long sur la dégradation de ses relations avec l’éditeur : « Julian Assange : une autobiographie non autorisée. »
Ce livre n’est pas le premier sur Julian Assange. Des journalistes du Guardian britannique et du New York Times, ainsi qu’un ancien de WikiLeaks, lui ont déjà consacré des ouvrages, souvent à charge. Mais cette nouvelle querelle met en lumière l’isolement croissant dans lequel semble se trouver celui qui, il y a un an, faisait trembler les chancelleries à coups de révélations embarrassantes. Dernièrement, son site s’est attiré de vives critiques après avoir publié l’intégralité des 251 287 télégrammes diplomatiques américains en sa possession, non expurgés du nom des sources. Nombre des grands quotidiens avec lesquels WikiLeaks avait un partenariat pour diffuser ses scoops ont pris leurs distances avec lui. Isolé dans sa retraite anglaise, adoptant désormais un profil bas, Assange a quitté la une des journaux. Et son site a du mal à se financer depuis que les géants des paiements bancaires Visa et MasterCard, notamment, ont bloqué les donations à son profit fin 2010. Au point de devoir mettre des « souvenirs » estampillés WikiLeaks aux enchères sur ebay pour récolter des fonds.
(Source : AFP)


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