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Les pieds dans le plat

La dignité des minorités ne peut être préservée dans un pays où les droits de l’homme sont bafoués, systématiquement foulés aux pieds. À partir de cette évidence, qui est quasiment une lapalissade, tous les discours prononcés au cours des derniers jours tant par le patriarche maronite Béchara Raï que par le général Michel Aoun constituent sinon un travestissement de la réalité, du moins un écart inadmissible eu égard au fleuve de sang dans lequel est plongée la Syrie.
Il est, depuis longtemps, des questions qui taraudent l’esprit de beaucoup de Libanais, des questions qu’il est légitime de poser dussent-elles provoquer le mécontentement ou l’ire des parties concernées, celles qui ne voient dans l’interrogation que provocation ou atteinte à des « intérêts supérieurs » qu’il devient de plus en plus difficile d’appréhender.
Il n’est nullement question, ici, de faire le procès de quiconque : après tout, chaque personne est libre soit de se dédire, soit de se renier en emprisonnant sa mémoire dans les abysses de l’oubli. C’est à l’histoire, toujours sans pitié, de rendre son verdict quand tous les acteurs du drame auront disparu, quand le mal aura été malheureusement accompli sans considération aucune pour ceux et celles qui ont sacrifié leur vie pour des causes rapidement désavouées.
Parce qu’il est d’une actualité brûlante, parce qu’il nous concerne directement du fait d’un voisinage souvent envahissant, le dossier des relations libano-syriennes ne peut que nous interpeller à l’aune du « printemps arabe », de la révolte contre des décennies d’humiliation.
Que Michel Aoun ait décidé de faire table rase du passé, d’une résistance glorieuse achevée dans l’humiliation, qu’il ait enfoui dans l’amnésie les années de plomb durant lesquelles ses partisans étaient, au mieux, tabassés et embastillés, au pire, torturés et assassinés par le régime même qui, aujourd’hui, tue ses propres enfants, c’est peut-être là le propre d’hommes politiques qui font des calculs d’apothicaire pour un avenir incertain.
Mais que le général de Rabié en vienne, aujourd’hui, à vanter les hautes qualités du pouvoir baassiste, à qualifier les contestataires syriens de « terroristes » ou de « dangereux salafistes » n’ambitionnant que d’en découdre avec les chrétiens, c’est insulter l’âme même d’une rébellion qui lutte pour sa dignité, c’est inciter les chrétiens à faire fi des principes de démocratie, à rester solidaires d’un régime qui en a fait des « dhimmis »... en toute laïcité !
Tout aussi contestable est la position affichée en France par le maître de Bkerké qui n’a vu de la révolte en Syrie que les prémices d’une mainmise sunnite sur le pays, s’étonnant que le monde n’accorde pas son soutien à un régime alaouite prêt à se réformer... à coups de matraques et de fusils-mitrailleurs, pourraient rétorquer les victimes de l’abominable répression menée par les « chabbiha ».
Malencontreux discours réitéré dans chaque ville, à chaque débat, dans le pays symbole des droits de l’homme, une France qui attendait du patriarche Raï des propos plus conformes aux traditions de l’Église maronite, qu’il s’agisse des principes démocratiques ou du droit des peuples à disposer de leur destin, héritage d’un enseignement chrétien vieux de 2 000 ans.
Malencontreux discours qui est de nature à exacerber les tensions confessionnelles aussi bien en Syrie qu’au Liban du fait même de la diabolisation impardonnable du sunnisme alors que le chiisme se positionne en situation de force sous la férule d’un Hezbollah intégriste et expansionniste. Un parti de Dieu qui achève son entreprise de phagocytage de l’État, assuré de la couverture du courant aouniste et, depuis hier, d’une bénédiction patriarcale qui n’y voit que du feu...
« Bon Dieu, pourraient dire, aujourd’hui, les persécutés des rives du Barada, protégez-nous des amis qui nous veulent du bien, nos ennemis on s’en charge... »

 

P.S. : à son retour à Beyrouth, le patriarche Raï s’est efforcé de calmer le jeu en affirmant que ses propos ont été repris partiellement et hors de leur contexte par les médias transformés, pour l’occasion, en boucs émissaires idéals. Une telle « mise au point » ne semble pas, toutefois, de nature à dissiper le malaise suscité par ses dernières déclarations, Paris réaffirmant solennellement, hier, comme en une réponse au locataire de Bkerké, que le régime Assad a définitivement perdu toute légitimité.

La dignité des minorités ne peut être préservée dans un pays où les droits de l’homme sont bafoués, systématiquement foulés aux pieds. À partir de cette évidence, qui est quasiment une lapalissade, tous les discours prononcés au cours des derniers jours tant par le patriarche maronite Béchara Raï que par le général Michel Aoun constituent sinon un travestissement de la réalité, du moins un écart inadmissible eu égard au fleuve de sang dans lequel est plongée la Syrie.Il est, depuis longtemps, des questions qui taraudent l’esprit de beaucoup de Libanais, des questions qu’il est légitime de poser dussent-elles provoquer le mécontentement ou l’ire des parties concernées, celles qui ne voient dans l’interrogation que provocation ou atteinte à des « intérêts supérieurs » qu’il devient de plus en...
commentaires (6)

En ces temps de "crises et d’épidémies de libertés" qui partout se déclenchent et s'entremêlent, atteignent leur paroxysme ou pourrissent sur pied, et qu’à cause d’un certain pragmatisme froid, toutes nos indignations moralisatrices ont souvent vocation d’être tournées en dérision. Et bien qu’à cela ne tienne ; il ne faut céder ni à la moquerie, ni à la menace de certains "chefs-indigènes"! En effet, ces jours-ci, la situation dans notre petit pays résume parfaitement le débat qui s’y déroule, évidement par-dessus la tête de ce "genre d’intervenants". Ils ressemblent à ce combattant qui ne craint pas seulement de "se servir de ses propres armes", mais se croit également "tenu de conserver intactes les armes de son propre adversaire" ! Et c'est bien là l’aveu ! Ils ne sont enthousiasmés que par leur "Postes". Comment s’étonner donc "que ceux d’en Bas commencent à danser, quand ceux d’en Haut se mettent à chanter" ! Et "c’est pas pour les "Va(e)nter", mais qu’est-ce qu’ILS ont Chauds". On avait coutume de les "ve(a)nter" en disant d’eux : "Ce sont les rois des Hâbleurs" ! On aurait raison dans une situation pareille, dans la situation actuelle et avec "des raïs pareils" de rappeler qu’au Liban, on a déjà connu par le passé un nombre innombrable d’"Énergumènes" pareils entretenant leurs "dévoués troupeaux de larbins", mais jamais encore "de Parvenus et Dévoués Larbins pareils" !

KARAMAOUN Antoine-Serge

03 h 29, le 12 septembre 2011

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Commentaires (6)

  • En ces temps de "crises et d’épidémies de libertés" qui partout se déclenchent et s'entremêlent, atteignent leur paroxysme ou pourrissent sur pied, et qu’à cause d’un certain pragmatisme froid, toutes nos indignations moralisatrices ont souvent vocation d’être tournées en dérision. Et bien qu’à cela ne tienne ; il ne faut céder ni à la moquerie, ni à la menace de certains "chefs-indigènes"! En effet, ces jours-ci, la situation dans notre petit pays résume parfaitement le débat qui s’y déroule, évidement par-dessus la tête de ce "genre d’intervenants". Ils ressemblent à ce combattant qui ne craint pas seulement de "se servir de ses propres armes", mais se croit également "tenu de conserver intactes les armes de son propre adversaire" ! Et c'est bien là l’aveu ! Ils ne sont enthousiasmés que par leur "Postes". Comment s’étonner donc "que ceux d’en Bas commencent à danser, quand ceux d’en Haut se mettent à chanter" ! Et "c’est pas pour les "Va(e)nter", mais qu’est-ce qu’ILS ont Chauds". On avait coutume de les "ve(a)nter" en disant d’eux : "Ce sont les rois des Hâbleurs" ! On aurait raison dans une situation pareille, dans la situation actuelle et avec "des raïs pareils" de rappeler qu’au Liban, on a déjà connu par le passé un nombre innombrable d’"Énergumènes" pareils entretenant leurs "dévoués troupeaux de larbins", mais jamais encore "de Parvenus et Dévoués Larbins pareils" !

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    03 h 29, le 12 septembre 2011

  • merci Monsieur AOUN d'abord d'être libre d'esprit malgré votre nom de famille, de rendre transparentes des pensées et analyses que nous avions du mal à décrire et éclaircir, car les propos tenus par les chefs maronites, j'ai du mal à les acceptés en tant que chrétiens et maronite, et encore plus en tant qu'homme libre Libanais!! et ma grande surprise c'est le silence complice et consentant des membres des partis qui les soutiennent, en somme AOUN, le HEZBALLAH et BKERKé ne supportent pas l'idée d'une liberté dans le monde arabe à laquelle les sunnites puissent prendre part mais ne voie pas la dominance d'un parti sur liste noire, chiite-religieux? armé? exerçant son despotisme au liban. MAIS avec quelle promesse les HEZB/BAATH/IRAN tiennent cette partie des maronites, et avec quoi ils les ont acheter à ce point là ?

    Michel.hitti@mixt.net

    03 h 13, le 12 septembre 2011

  • Je me permets de reprendre les termes de mon petit commentaire du 8/9 sur les déclarations du patriarche Rai en France concernant le soulèvement populaire en Syrie : "Avec le plus grand respect pour Bkerké et Sa Béatitude, mais en toute franchise, je dirais que les bonnes intentions ne suffisent pas. Peut-être même seront-elles interprétées comme ne tenant pas compte des sacrifices énormes en martyrs et souffrances que le peuple syrien est en train d'endurer dans le cadre de ses aspirations à la liberté, à la dignité et à la démocratie. Il est à craindre qu'une telle position de l'Eglise maronite n'ait l'effet contraire du prétendu, en ne plaisant pas à la majorité du peuple syrien qui pourrait alors se laisser aller à des sentiments négatifs envers les chrétiens de Syrie et les chrétiens du Liban". Aujourdhui on voit bien que les déclarations de Sa Béatitude, et sur les évènements en Syrie et sur les armes du Hezbollah, ont eu un écho et des interprétations tumultueux. En vue de mettre fin à cette tempête, il est souhaitable que, par son secrétaire de la Presse, Me Walid Ghayad, Bkerké publie un communiqué officiel clarifiant et réitérant décisivement : 1-Ses intentions et désirs de liberté, de paix, d'entente et d'unité nationale pour le peuple syrien. 2-Sa constante immuable pour un Etat libanais, détenteur exclusif de tous les pouvoirs dans tous les domaines, à travers ses institutions et surtout son armée nationale.

    Halim Abouchakra

    02 h 23, le 12 septembre 2011

  • Tout le monde s'inquiète d'une guerre civile qui se répandrait en Syrie .L'armée est monopolisée par des alaouites fidèles au clan Assad et les minorités chrétienne, druze et chiite ont tendance à "considérer Assad comme une source de stabilité". D' ici on peut comprendre les craintes de nos chefs religieux et politiques , qui voient cette fois une nouvelle guerre civile aussi au Liban . Respectons donc les divers points de vue religieux ou laïques car le printemps arabe a été décevant à jour . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    01 h 01, le 12 septembre 2011

  • decevant le patriarche ,les chrétiens n avaient pas besoin d un deuxième général aoun .

    Walid HANNA

    00 h 49, le 12 septembre 2011

  • Non ,mais non ???/!!! ce n'est pas vrai ...que Dieu ait pitie de nous... pauvre Liban...

    Najm yvette

    23 h 38, le 11 septembre 2011

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