Obama va mettre au défi les républicains de l’aider face au chômage. Bill Pugliano/AFP
Si les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, s’y opposent, le président démocrate pourra dénoncer leur « obstructionnisme » et leur imputer la responsabilité de la stagnation économique. « Il est temps pour le Congrès, après cinq semaines de vacances, de se remettre au travail et d’agir, et non de se contenter de dire “non” à tout ce qui est proposé », a lancé hier matin sur CBS le secrétaire général de la Maison-Blanche, Bill Daley, donnant le ton des critiques qui pourraient pleuvoir sur le Capitole si l’examen du projet stagne. Les républicains reprochent, eux, à Obama de ne pas les avoir invités à débattre au préalable de ces mesures de soutien. « Je ne doute pas que le président proposera beaucoup de choses qui, prises séparément, paraîtront plutôt bonnes, ou qu’il les qualifiera de bipartisanes. Je suis tout aussi certain que, considérées dans leur ensemble, elles relèveront toujours de la même approche vouée à l’échec », a déclaré le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. John Boehner, le président républicain de la Chambre, et Eric Cantor, qui dirige le groupe parlementaire républicain, ont cependant laissé entendre qu’ils pourraient être disposés à coopérer avec Barack Obama.
Depuis que le chiffre de 300 milliards de dollars a fuité dans les médias – d’autres sources vont jusqu’à évoquer 400 milliards –, les conseillers de la Maison-Blanche se bornent à assurer que les propositions auront un impact « rapide et positif » sur le marché du travail. La confiance des Américains dans la capacité de Barack Obama à redresser l’économie s’effrite mois après mois au fur et à mesure de mauvais chiffres et le président démocrate espère que son discours lui permettra de renverser la tendance. « Il nous faut des mesures avec un impact direct à court terme sur la croissance et les créations d’emplois. Le président présentera des propositions qui remplissent justement cet objectif », a déclaré Jay Carney, le porte-parole de la Maison-Blanche.
Barack Obama s’est battu tout l’été avec l’opposition républicaine pour obtenir un relèvement du plafond de la dette américaine et la dureté du débat a conduit l’agence de notation Standard & Poor’s à retirer au pays sa note maximale AAA. L’opinion a mal vécu cette passe d’armes, condamnant tout aussi bien le gouvernement que les congressistes. Dans un sondage NBC News/Wall Street Journal publié mardi, la cote de popularité de Barack Obama touche son plus bas niveau, à 44 %. Dans une autre enquête ABC News/Washington Post, six Américains sur dix jugent désormais de manière négative la gestion par le président de l’économie et de l’emploi.
S’il veut augmenter ses chances de réélection en novembre 2012, Barack Obama doit absolument réduire le chômage, mais il a déjà actionné de nombreux leviers, en augmentant les dépenses d’infrastructures, en abaissant les taxes des entreprises ou les impôts prélevés sur les salaires. « C’est une phase décisive en termes de leadership pour Obama », estime Terry Madonna, qui enseigne les sciences politiques au Franklin and Marshall College de Lancaster, en Pennsylvanie. « Il n’a plus beaucoup de temps avant que les électeurs ne donnent leur verdict sur sa présidence. »
(Source : Reuters)


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