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À La Une - L'homme De La Semaine

Un mathématicien au secours du patrimoine de Bucarest

Il n’y a pas qu’à Beyrouth que les vieux quartiers et les arbres sont menacés de disparition. A Bucarest, un mathématicien amoureux de sa ville a décidé de se battre pour protéger les derniers joyaux d’un patrimoine menacé.

Nicusor Dan devant le marché Matache, à Bucarest. Daniel Mihailescu/

Il a 41 ans et l’allure d'un adolescent rêveur. Nicusor Dan est chercheur à l'Institut de mathématiques de l'Académie roumaine dans le domaine des polylogarithmes et de la K-théorie algébrique. Et lorsqu’il n’est pas plongé dans ses formules mathématiques, M. Dan se bat. Contre tous ceux qui veulent défigurer la capitale dont il est tombé amoureux durant ses études universitaires, cette capitale aux influences croisées, aux milliers de tilleuls et qui "dégage une certaine magie".

Au siècle dernier, Bucarest était "le petit Paris des Balkans", une ville réputée pour son architecture et sa vie culturelle. La dictature communiste a marqué la fin de cet âge d’or. Dans les années 1980, le dictateur communiste Nicolae Ceausescu fit raser plus d'un quart des quartiers historiques de Bucarest pour ériger un palais pharaonique. Le retour à la démocratie fin 1989 ne mit pas fin aux ravages.

Des dizaines de villas, joyaux Art nouveau, ont été détruites pour laisser la place à des immeubles de rapport. Des tours fleurissent tout contre des monuments protégés, dont la cathédrale catholique de Bucarest, en dépit des protestations du Vatican et de décisions de justice. Et la mairie projette moult axes routiers même si l'Europe prône la réduction du nombre de voitures dans le cœur des villes. Le patrimoine de la ville est menacé par les promoteurs immobiliers, la corruption et le mépris des lois.

 

la bataille de Nicusor Dan pour la sauvegarde du patrimoine de Bucarest n'est pas récente. Après un doctorat à La Sorbonne, il revient en Roumanie avec l'espoir de changer les choses. Il déchante mais ne se décourage pas.

Face aux autorités qui contournent les lois et aux promoteurs prêts à sacrifier espaces verts et monuments historiques, le mathématicien joue la carte de la justice et affiche une précision sans faille dans ses procès. Nicusor Dan, qui a fondé l'association "Sauvez Bucarest", est lucide : "Pétitions et manifestations sont utiles mais elles n'arrêtent pas les destructions".

"Dans ce combat de David contre Goliath, il a maintes fois été un vainqueur solitaire, aidé par quelques avocats et une poignée de gens très dévoués, regroupés au sein d'une Plateforme pour Bucarest", relève Sandra Pralong, consultante pour l'ONU en Roumanie. Grâce aux procès gagnés, des parcs, villas et surtout le traditionnel marché Matache menacé par une route à quatre voies, ont été sauvés.

"Nicusor est un exemple de courage et de dignité", estime l'historien Andrei Pippidi, auteur de célèbres chroniques sur la ville dans l'hebdomadaire Dilema Veche. "Il a trouvé la manière la plus efficace d'attaquer les décisions contestables des autorités. C'est inhabituel dans ce pays où la longue expérience du régime communiste a affaibli la volonté de contester les décisions venues d'en haut", ajoute-t-il.

 

Bien sûr, les succès de M. Dan ne sont pas du goût de tout le monde. Le maire de Bucarest, Sorin Oprescu, dont plusieurs projets ont été arrêtés par les tribunaux à la suite d'irrégularités, tempête contre des ONG "qui veulent bloquer le développement de la ville". Mais même ceux qu’il combat admirent la résolution du mathématicien. L'architecte en chef de la ville, Gheorghe Patrascu, critiqué par les ONG pour les démolitions, conteste la compétence de M. Dan, mais concède qu'il "est un exemple de courage". D’ailleurs, il reconnaît que "des erreurs ont été commises".

Passionné, Nicusor Dan s'est reproché amèrement de n'avoir pas réussi à sauver de la destruction l'hôtel Art déco Marna. Il affirme que si le maire de Bucarest n'est pas condamné pour ces démolitions, il veut renoncer à sa nationalité roumaine. Il envisage la France comme terre de repli, un pays qui l'a inspiré dans sa lutte civique. "Les Français sont davantage prêts à remettre en cause les décisions qu'ils jugent contestables et en même temps il y a un respect de la loi plus fort qu'en Roumanie, de la part des autorités et du public", dit-il.

Nicusor Dan juge néanmoins encourageant l'adoption de lois plus strictes sur le patrimoine et l'urbanisme dans son pays, et se réjouit de voir que le mouvement pour une ville verte, soucieuse de son patrimoine, "s'est consolidé et élargi en Roumanie".

 

Bucarest n'est pas la seule ville à avoir été comparée à Paris. Beyrouth aussi. Bucarest n'est pas non plus la seule ville à voir son patrimoine menacé, son âme vendue, ses jardins effacés. Beyrouth aussi.

Beyrouth saura-t-elle se trouver un Nicusor Dan local aussi engagé dans la défense de son patrimoine?

Il a 41 ans et l’allure d'un adolescent rêveur. Nicusor Dan est chercheur à l'Institut de mathématiques de l'Académie roumaine dans le domaine des polylogarithmes et de la K-théorie algébrique. Et lorsqu’il n’est pas plongé dans ses formules mathématiques, M. Dan se bat. Contre tous ceux qui veulent défigurer la capitale dont il est tombé amoureux durant ses études universitaires, cette capitale aux influences croisées, aux milliers de tilleuls et qui "dégage une certaine magie".
Au siècle dernier, Bucarest était "le petit Paris des Balkans", une ville réputée pour son architecture et sa vie culturelle. La dictature communiste a marqué la fin de cet âge d’or. Dans les années 1980, le dictateur communiste Nicolae Ceausescu fit raser plus d'un quart des quartiers historiques de Bucarest pour ériger un palais...
commentaires (1)

Il a etudie a Paris, ce mec-la ?! Et il n'a pas honte ? Qui ose aujourd'hui faire le choix entre ''Le Ventre de Paris"" et le Centre Georges Pompidou ??? Fallait-il empaler le Baron Haussman ? On estime que plus de 60% du Parix de Moyen-Age a ete detruit par lui. Mais on ''oublie'' sa Place de l'Etoile, les grands boulevards, l'Arc de Triomphe, l'Opera Garnier. Doit-on garder une route en boue et poussiere - vestige gaulois ou bien beneficier d'une autoroute P-L-M ????

Cristian Mircea

11 h 17, le 09 septembre 2011

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Commentaires (1)

  • Il a etudie a Paris, ce mec-la ?! Et il n'a pas honte ? Qui ose aujourd'hui faire le choix entre ''Le Ventre de Paris"" et le Centre Georges Pompidou ??? Fallait-il empaler le Baron Haussman ? On estime que plus de 60% du Parix de Moyen-Age a ete detruit par lui. Mais on ''oublie'' sa Place de l'Etoile, les grands boulevards, l'Arc de Triomphe, l'Opera Garnier. Doit-on garder une route en boue et poussiere - vestige gaulois ou bien beneficier d'une autoroute P-L-M ????

    Cristian Mircea

    11 h 17, le 09 septembre 2011

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