Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé et son homologue russe, Sergei Lavrov ainsi que le ministre russe de la Défense, Anatoly Serdyukov, lors d'une conférence de presse à Moscou. Yuri Kadobnov/ AFP
Au moins 23 personnes ont encore été tuées mercredi à travers la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH, basé en Grande-Bretagne), les forces de sécurité menant de vastes opérations dans plusieurs villes. Vingt-et-une personnes ont été tuées par balles lors d'une incursion de plusieurs chars et transports de troupes à Homs, où la répression s'est intensifiée ces derniers jours, a rapporté l'OSDH, qui a également fait état de "dizaines de blessés" et assuré redouter un bilan plus lourd. Des images particulièrement dures d'un homme blessé à terre achevé par des hommes en tenue militaire prises dans la ville circulaient mercredi sur le site YouTube.
Deux autres personnes sont mortes à Sermin, dans la région d'Idleb (nord-ouest), lors d'une descente des forces de sécurité, selon l'OSDH.
A Hama (centre), ville traditionnellement hostile au clan Assad, une personne a été tuée, selon les Comités locaux de coordination (LCC), tandis que l'OSDH ne fait état d'aucun décès dans cette ville.
L'opération de Homs est menée le jour où M. Arabi était censé se rendre à Damas pour demander au président syrien Bachar el-Assad de mettre un terme à la répression, de libérer les prisonniers politiques, d’indemniser ceux qui ont été lésés à la suite du mouvement de contestation et d'organiser un scrutin présidentiel en 2014, selon la copie obtenue par l'AFP d'une proposition de la Ligue. Cette proposition a été vivement critiquée par Damas, qui a dénoncé un "langage inacceptable et partial". A ce sujet, le quotidien libanais as-Safir rapporte aujourd’hui, citant des sources diplomatiques syriennes sans les nommer, que Damas n’acceptera pas de reconnaître "la proposition arabe" de la Ligue. Les militants pro-démocratie en Syrie ont, de leur côté, estimé que cette initiative était une "bonne base" pour résoudre la crise dans leur pays, déclenchée selon eux par le "régime assassin" du président Assad.
Mardi soir, l’agence officielle syrienne SANA avait annoncé que Damas a demandé, "en raison de circonstances indépendantes de (sa) volonté", au secrétaire général de la Ligue de reporter sa visite. M. al-Arabi "a été informé de ces circonstances et une nouvelle date sera fixée pour sa visite", a ajouté l'agence de presse syrienne. Selon as-Safir, le report de la visite de M. Arabi serait lié au fait que ce dernier a rencontré des opposants syriens au Caire. Finalement, une nouvelle date pour cette visite a été fixée cet après-midi. "A l'issue d'un entretien téléphonique entre (M. Arabi) et le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem et une rencontre avec le délégué de la Syrie auprès de la Ligue arabe, il a été décidé que le secrétaire général se rende en Syrie samedi", a déclaré aux journalistes le chef adjoint de la Ligue arabe, Ahmad ben Helli.
"On constate que le régime syrien s'est livré à des crimes contre l'humanité", a, par ailleurs, déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, lors d'une conférence de presse à l'issue d'entretiens avec son homologue russe Sergueï Lavrov, dont le pays refuse jusqu'ici de se joindre à une condamnation au Conseil de sécurité de l'ONU. M. Juppé a également souhaité que la Russie accepte de soutenir une condamnation du régime syrien au Conseil de sécurité. Sergueï Lavrov lui a en substance opposé une fin de non-recevoir. "La priorité aujourd'hui est d'entamer un dialogue, des négociations. (...). Nous estimons qu'inciter certaines forces d'opposition au boycott de ce dialogue est une voie dangereuse vers la répétition du scénario libyen, ce que ni la Russie ni la France ne veulent", a-t-il déclaré.
Parallèlement, la Syrie a annoncé qu'elle vendrait son pétrole à la Russie, à la Chine ainsi qu'à d'autres pays. Une déclaration qui fait suite à la décision de l'Union européenne d'imposer un embargo sur le pétrole avant d'envisager d'aller plus loin en s'orientant vers une interdiction des investissements dans le secteur pétrolier. De nouvelles discussions préparatoires sont prévues à ce sujet jeudi à Bruxelles.
La Syrie, qui exporte entre 110 000 et 150 000 barils de brut chaque jour essentiellement à l'Italie et à l'Allemagne, est à la recherche de nouveaux Etats clients. L'UE est le premier importateur de pétrole syrien.
Le ministre syrien des Finances, Mohamed Jleilati a par ailleurs reconnu que le taux de croissance en Syrie devrait chuter à environ 1% en raison de la vague de contestation. "Maintenant, le taux devrait s'établir aux environ de 1%, en raison des événements (...) peut-être entre 1 et 2%", a déclaré le ministre à la presse en marge d'une réunion des ministres arabes à Abou Dhabi. Il a indiqué que l'économie syrienne avait connu un taux de croissance de 5,5% en 2010.
Deux autres personnes sont mortes à Sermin, dans la région d'Idleb (nord-ouest), lors d'une descente des forces de sécurité, selon l'OSDH.
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Saint Eloy-les-Mines, Dimanche 28 Août 2011 Chers Amis de Syrie, Lorsque deux parties, en l'occurrence le gouvernement syrien en place et ceux que l'on nomme communément les « insurgés « sont, à ce degré, positionnés à des années-lumière pour ce qui est de leur perception des causes profondes du conflit qui ensanglante aujourd'hui la Syrie, je crois que la seule issue efficace est que chacune des deux parties fasse confiance à un médiateur qui saura écouter les doléances des uns et des autres et ouvre ainsi la voie vers un possible consensus. C'est ce rôle très délicat dont a bien voulu se charger la Ligue Arabe. Nous l'en remercions du fond du coeur et mettons en elle tous nos espoirs. Nous sommes parfaitement conscients qu'il est essentiel que ni l'une ni l'autre des deux parties aucune ne sorte affaiblie de ces pourparlers de paix. Nous espérons que l'intransigeance dont a fait montre le Président Bachar El Assad jusqu'à ces tout derniers jours ne malmènera pas cette chance unique pour la Syrie de rétablir la paix intérieure tant chacun est bien conscient qu'une telle opportunité ne se renouvellera peut-être jamais... Aussi, nous nous en remettons à la sagesse des hommes et à l'inspiration de Dieu. Et d'une seule voix nous nous écrions : Inch Allah...! Très fidèlement, Antoine GED
12 h 17, le 07 septembre 2011