Très alarmistes, certains dirigeants israéliens ont multiplié les mises en garde. Le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman a accusé l’Autorité palestinienne de préparer « un bain de sang sans précédent ». Quant au président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense au Parlement, l’ex-chef d’état-major Shaoul Mofaz, il préconise « le rappel des réservistes ». Lundi, le général Eyal Eisenberg, responsable de la défense passive, a estimé qu’un « hiver islamiste radical » pourrait succéder au « printemps arabe », ce qui augmenterait, selon lui, les risques d’une « guerre générale et totale » avec un possible recours à des armes de destruction massive. Toutefois, hier, M. Eisenberg a été désavoué par le ministère de la Défense, Ehud Barak. Ce dernier, qui a effectué hier matin une tournée d’inspection de la clôture de sécurité sur le plateau syrien du Golan occupé par Israël, a affirmé qu’il ne voyait pas se profiler des menaces de guerre.
« Le pire des scénarios serait la guerre et le terrorisme, et nous sommes prêts à cela. Mais d’autres cas de figure peuvent se présenter, et nous chercherons à réduire les risques de confrontation rapprochée », a pour sa part affirmé le général Micky Edelstein, du commandement de l’infanterie et des parachutistes. Selon lui, ses troupes ont reçu pour consigne de ne pas intervenir à l’intérieur des villes palestiniennes en Cisjordanie occupée « où les manifestants seront contrôlés par les services de sécurité de l’Autorité palestinienne ». L’armée devra en outre « faire respecter la souveraineté d’Israël le long de ses frontières, où il peut y avoir des provocations ». Les tireurs d’élite disposent tous d’un système de visée à imagerie thermique à l’aide duquel ils peuvent localiser avec précision un manifestant à plus d’un kilomètre et, par exemple, viser les jambes. « Face aux civils, nos soldats prendront des risques et feront preuve de retenue. Ils ont été formés et équipés à cet effet (...) Les balles caoutchoutées ont été exclues, et ils feront usage de balles réelles uniquement en dernier recours si leur vie est mise en péril par des terroristes », a assuré le général Edelstein. Il a précisé que deux brigades seront mobilisées en Cisjordanie occupée, soit quelque 6 000 hommes. Ces effectifs peuvent rapidement être grossis par des renforts, si nécessaire. Selon ses estimations, des heurts pourraient se produire surtout près des points de contrôle tenus par l’armée entre la Cisjordanie et Israël.
Les grands moyens déployés
Des milliers de casques à visière et de boucliers en plexiglas ont été achetés, de même que d’importants stocks de grenades lacrymogènes. Pour tenir les manifestants à distance et les disperser, l’armée israélienne s’est aussi dotée de nouveaux moyens antiémeute. Elle dispose ainsi de plus d’une vingtaine de canons à eau dont les citernes peuvent être remplies d’un liquide dégageant une odeur pestilentielle, baptisé « Boash » (Putois), déjà utilisé lors des manifestations hebdomadaires contre la barrière de séparation en Cisjordanie. « Son effet insupportable se prolonge pendant deux heures. Inoffensive et efficace, c’est l’arme idéale », souligne le général Edelstein. Il a également fait état d’un appareil facilement transportable – en fait, un puissant haut-parleur – qui émet un son ultrastrident et douloureux. « Il peut y avoir des situations complexes, et il faudra prendre en compte toutes sortes de variables, comme la nature du terrain, la météo, la pluie ou le vent », a ajouté le général.
Selon les médias israéliens, quelque 7 500 hommes des unités spéciales de la police et des gardes-frontières ont de leur côté suivi un entraînement intensif, physique et psychologique. Leur mission : réprimer d’éventuelles manifestations violentes de solidarité avec les Palestiniens dans les agglomérations arabes d’Israël et dans la partie orientale à majorité arabe de Jérusalem annexée depuis 1967.
Pour sa part, le président palestinien, Mahmoud Abbas, va discuter encore avec les États-Unis et l’Union européenne (UE) sur la demande d’adhésion d’un État de Palestine à l’ONU, a annoncé hier un haut responsable palestinien. M. Abbas recevra aujourd’hui à 13h00 David Hale, émissaire américain pour le Proche-Orient, a précisé Yasser Abed Rabbo, un dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), y voyant une ultime tentative américaine de « sauver ce qui peut l’être ». M. Abed Rabbo a dit s’attendre à ce que le responsable américain émette des « menaces et mises en garde allant du boycott financier à des mesures concernant la représentation de l’OLP aux Nations unies », réaffirmant qu’aucune pression ne détournerait les Palestiniens de leur démarche à l’ONU. Premier partenaire économique d’Israël et premier bailleur de fonds aux Palestiniens, l’UE redoute quant à elle de voir ses membres se déchirer sur cette question.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Il est largement Temps que les palestiniens aient enfin leur état dans lequel ils pourraient vivre et s'administrer librement. Par contre cela n'exhonerera pas notre pays d'accepter ce qui resterons ici et de cesser l'hypocrisie discriminatoire à leur égard. De plus, s'il est vrai que le gouvernement israélien actuel dans son ultra-nationalisme n'est pas propice à la paix, il serait bon de se souvenir que ce sont bien nos guerres successives contre ce petit état qui ont envenimé pas mal de choses (il n'y a qu'a lire la réaction ci-dessus). Nous aussi, disons : deux peuples pour deux états Peter Hansel - Paris
06 h 21, le 07 septembre 2011