Des rebelles fêtent la reprise des négociations mardi avec des responsables locaux de Bani Walid. Francisco Leong/
Le passage d'un important convoi de véhicules civils et militaires venant de Libye à Agadez, une ville au nord du Niger, alimentait mardi les spéculations sur une fuite de l'ex-leader libyen Mouammar Kadhafi. Moussa Ibrahim l'ex-porte-parole du régime a réagi dans un entretien diffusé lundi par la télévision arabe Arrai en affirmant : « Il est dans un endroit que cette racaille n'a pas atteint. Il combat à l'intérieur de la Libye ».
Mais au Niger, une source militaire a affirmé à l'AFP avoir « vu un convoi inhabituel et impressionnant de plusieurs dizaines de véhicules entrer à Agadez en provenance d'Arlit, une cité minière proche de la frontière algérienne, et se diriger vers Niamey par la route ». « Des rumeurs insistantes évoquent la présence de Kadhafi ou un de ses fils au sein de ce convoi », a souligné cette même source. De son côté, un journaliste d'une radio privée à Agadez a affirmé avoir « aperçu un convoi de plusieurs dizaines de véhicules traverser la ville et se diriger vers Niamey », la capitale du pays. Le Conseil National de Transition (CNT) confirme également le passage d’un convoi d’environ 200 voitures de la Libye au Niger, sans pouvoir dire qui se trouvait a bord des véhicules.
L’ancien dictateur est invisible depuis le 12 juin, date de sa dernière apparition télévisée, mais est intervenu à plusieurs reprises pour appeler ses partisans « à la résistance » par l'intermédiaire de messages audio diffusés par Arrai. Interrogé par cette même chaîne, M. Ibrahim a assuré que Mouammar Kadhafi était « en excellente santé » et « organis[ait] la défense » de la Libye. « Nous sommes encore puissants », a-t-il ajouté affirmant, sans les nommer, que les fils du dirigeant libyen renversé « assument leur rôle dans la défense et le sacrifice » pour leur pays.
Fidèle de l'ancien homme fort libyen, Moussa Ibrahim se trouverait, selon les nouvelles autorités libyennes, dans l'oasis de Bani Walid, l'un des derniers bastions pro-Kadhafi, à 150 km au sud-est de Tripoli. C'est en vue de la reddition pacifique de cette ville encerclée par les forces anti-Kadhafi que le nouveau pouvoir a repris mardi les négociations avec des responsables locaux. Selon les nouvelles autorités, les pro-Kadhafi utilisent les civils comme des boucliers humains dans ce fief de l'ex-dirigeant libyen
Sur un autre front, à l'est de Syrte, région natale de l'ex-dirigeant, de violents duels d'artillerie soutenus ont opposé toute la journée forces pro-Kadhafi et combattants du nouveau régime, selon un journaliste de l'AFP. Les combattants pro-CNT ont annoncé avoir progressé de 8 km dans la journée et être désormais à 80 km de Syrte.
La puissance passe aussi par l’argent, et sur ce point, le CNT s’inquiète que Mouammar Kadhafi puisse toucher à une partie des fonds de la Libyan Investment Authority (LIA), le fonds souverain chargé de placer dans le monde la rente pétrolière libyenne, alors que ceux-ci ont été gelés à la suite du soulèvement en Libye. Une enquête du Wall Street Journal révèle ce mardi qu’une partie des 1,8 milliard de dollars que la LIA avait investi dans des fonds de la Société Générale aurait pu être reversés à une société installée au Panama, Leinada. Cette société a compté parmi ses directeurs Walid Ali Giahmi, présenté comme un homme d'affaires libyen. Mais, via son avocat, celui-ci assuré que « Leinada n'avait jamais été utilisé comme un outil pour transférer de l'argent à un quelconque politicien libyen, responsable de l'administration ou personne liée à l'ancien régime ».
Malgré tout, l’ONG Global Witness met en garde en citant la Cour pénale internationale (CPI) : « Kadhafi ne fait pas de distinction entre ses actifs personnels et les ressources de son pays ». Pour l’ONG, il est donc « essentiel que les autorités bancaires enquêtent afin de savoir si les banques en font assez pour s'assurer que ces fonds d'Etat ne sont pas détournés pour le bénéfice personnel de la famille Kadhafi ».
Comme le sort du dirigeant déchu reste inconnu, le ministre français de la Défense Gérard Longuet a estimé qu'il n'y avait « pas urgence » à un désengagement militaire de la France en Libye. Par ailleurs, le Conseil de sécurité doit discuter vendredi d'une mission de l'ONU de trois mois en Libye pour aider les nouvelles autorités à réformer la police et la justice et à préparer les élections, selon un porte-parole de l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ian Martin.
Mais au Niger, une source militaire a affirmé à l'AFP avoir « vu un convoi inhabituel et impressionnant de plusieurs dizaines de véhicules entrer à Agadez en provenance d'Arlit, une cité minière proche de la frontière algérienne, et se diriger vers Niamey par la route ». « Des rumeurs insistantes évoquent la présence de Kadhafi ou un de ses fils au sein de ce convoi », a souligné...

