De la Tunisie à l’Égypte, de la Libye à la Syrie, sans oublier le Yémen et Bahreïn, tout est en points d’interrogation, en questionnements quasi-existentiels. Là, les rébellions ont abouti à la chute des dictateurs, ailleurs, c’est dans le sang que se façonne l’histoire. Mais dans les deux cas l’avenir reste incertain, toutes les éventualités restent permises.
Et en toile de fond, dans l’inconscient collectif de masses soudainement plongées dans une aventure inédite, l’interrogation-clé : le monde arabe est-il à même de réussir sa transition démocratique, de s’engager dans une formidable expérience civile que des décennies de totalitarisme ont rendue impossible à imaginer ?
Commençons par le commencement, la Tunisie : là, c’est l’inconcevable qui est devenu possible le temps d’un jasmin, une révolution qui ramène le dictateur à ses proportions de pantin et un espoir fou qui galvanise les foules, lui font entrevoir un avenir radieux. Huit mois plus tard, où en est-on ? Les contestataires se disent floués, spoliés de leur victoire et accusent les caciques de l’ancien ordre sécuritaire d’être toujours aux commandes.
Entre-temps, des mécontents, casseurs d’occasion, sèment le désordre dans plus d’une ville sous divers prétextes et les islamistes pointent le bout de leur nez pour se présenter comme la seule alternative. L’élection d’une Assemblée constituante en octobre prochain dissipera-t-elle les inquiétudes grandissantes ?
L’Égypte, elle, a vite emboîté le pas à la Tunisie dans un désordre indescriptible. Mais des mois plus tard n’est-on pas en droit de flairer une imposture, une « révolution de dupes » vite récupérée par l’armée, celle-là même qui servait le Sphinx déchu, un Hosni Moubarak en fin de vie dont l’ancien protégé, le maréchal Hussein Tantaoui, dirige aujourd’hui le pays à la tête du Conseil suprême des forces armées ?
Une hiérarchie militaire difficilement éjectable alors que des groupes islamistes entretiennent l’anarchie dans le Sinaï aux frontières d’Israël et que les salafistes, au cœur même du Caire, manifestent pour réclamer, haut et fort, l’institution du régime de la « charia » face aux « mécréants » et autres « infidèles ».
L’armée, forcément indéboulonnable dans ces conditions ? Aux calendes grecques alors le rêve d’une société civile caressé par des millions de jeunes Égyptiens !
Non loin du pays des Pharaons, en Libye, l’équation, dès le départ, était totalement différente et force est de reconnaître que sans l’intervention militaire de l’OTAN, Mouammar Kadhafi serait encore en train de haranguer les foules à Tripoli, de lancer ses délirantes imprécations contre « l’Occident impérialiste ». Une intervention rendue nécessaire pour empêcher un « guide » complètement « disjoncté » de mettre à exécution sa menace d’annihiler la population rebelle de Benghazi.
La Libye est-elle pour autant sortie des ténèbres dans lesquelles l’avaient enfermée ses anciens maîtres ? Difficile dans le cas de ce pays de dresser déjà un bilan, alors que la normalisation est loin d’avoir été assurée, que Kadhafi court toujours et que les combats se poursuivent pour neutraliser les derniers bastions du régime honni.
Difficile aussi de croire en une unification salvatrice à bref délai alors que les diverses tribus se disputent les privilèges et ressources à venir et alors que la direction du pays est revendiquée autant par les politiques que par les combattants qui ont payé le prix du sang dans leur marche sur Tripoli.
Là aussi, comme en Égypte, les islamistes ont pignon sur rue et entendent bien grappiller une bonne place au soleil...
Au Yémen, entre-temps, où la contestation piétine, c’est le désastre absolu, l’enlisement d’une quête réformatrice dans les sables mouvants du tribalisme. Un pays coupé en mille morceaux et un président, en convalescence prolongée en Arabie saoudite, complètement coupé des réalités, indifférent aux aspirations d’une population entraînée, malgré elle, dans la spirale de la violence.
Situation tout aussi délicate à Bahreïn où le feu couve toujours sous la cendre et où la contestation hésite entre « pacifisme » et recours à la violence. Le roi s’accroche à ses privilèges et la population n’en peut plus d’une frustration sans cesse alimentée par le négationnisme du pouvoir : un printemps vite détourné de sa trajectoire parce que rapidement enlisé dans les méandres de l’antagonisme sunnito-chiite... Et, en arrière- plan, l’Iran et l’Arabie saoudite qui se regardent en chiens de faïence !
La Syrie enfin : le gros morceau est, naturellement, pour la fin autant pour ses implications régionales que pour la dangerosité de la situation interne. D’emblée, un constat s’impose : le régime Assad a perdu toute crédibilité, s’est définitivement discrédité et sa chute n’est plus qu’une question de temps. Dans quelques semaines ou dans quelques mois, l’issue sera forcément fatale et des décennies de tyrannie sombreront alors dans les poubelles de l’histoire.
Trop de sang a coulé, trop d’images terrifiantes ont été véhiculées par les médias, trop de mensonges ont été dits et redits, trop de fausses promesses ont été faites dans le vain espoir de gagner du temps, d’éliminer à huis-clos une révolte née du cœur même de la Syrie, du pays profond, celui qui en a assez de vivre dans l’exclusion et l’humiliation.
Tout comme Ben Ali, tout comme Moubarak et Kadhafi, Bachar el-Assad n’a pas compris qu’il arrive un moment où il faut se rendre à l’évidence, plier bagage, avec un minimum de dignité. Les dictateurs, jusqu’au bout, s’imaginent que le peuple leur voue une dévotion illimitée, un amour sans borne. Le réveil est toujours brutal et au bout du chemin c’est, au mieux, l’exil, au pire, la prison à vie ou le lynchage.
Progressivement, le régime syrien a perdu ses amitiés internationales, s’est fait taper sur les doigts par ses plus proches alliés et vit aujourd’hui une situation de pestiféré nonobstant la caution, de plus en plus timide, que continuent de lui délivrer la Russie et la Chine. Deux pays, finalement très pragmatiques, qui comprendront, tôt ou tard, que leurs intérêts, autant économiques que stratégiques, imposent de prendre le train en marche, celui qu’a déjà emprunté la révolution syrienne.
Arrivé à ce point de la réflexion, une interpellation surgit inévitablement : qu’adviendra-t-il après la chute du régime baassiste ? Qui assurera la transition ? Au vu de ce qui se passe aujourd’hui, des réunions que la rébellion tient dans plus d’une ville à l’étranger, un constat s’impose : la difficulté de mettre en place une référence unique acceptée par toutes les parties. À chaque rencontre, des voix discordantes s’élèvent et là encore laïcs et religieux, militants des droits de l’homme et Frères musulmans, s’affrontent sur les priorités, sur la marche à suivre.
Dans un pays comme la Syrie où le pouvoir a muselé toute opposition, a fait le vide autour de lui, il est normal que la relève ait de la difficulté à se construire, à s’imposer comme interlocuteur incontournable. Alors que le massacre se poursuit et que les hommes et femmes libres tombent à Homs, Hama, Deir ez-Zor et dans des dizaines d’autres villes syriennes, l’urgence est dans l’instauration d’un groupe compact, d’une instance unifiée susceptible de mener à bon port la transition démocratique.
Le printemps arabe, il faut bien le reconnaître, n’est encore qu’un slogan. Il appartient à la révolte des opprimés d’en faire, aujourd’hui et demain, une réalité intangible.


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
M. Chamssedine...j'avais compris!Mais compraison n'est pas raison,sutout en ce qui concerne le Liban....qui est Pétain pour vous au Liban,et qui est Laval?Nasrallah et GMA?C'est complètement fou,non?Et qui est De Gaulle?Nous avons un problème radicalment différent,monsieur.Quand le Liban était occupé par les Palestiniens(car il s'agissait bien d'une occupation,n'est ce pas?),qui étaient les Laval et les Pétain?Qui s'est battu pour la liberté du Liban et des libanais?Une partie de la population libanaise seulement,M. Chamssedine,une partie seulement.Quand les Syriens ont envahi le Liban,qui s'est battu contre eux,M. Chamssedine?Une partie de la population libanaise seulement.Quand les Israêliens ont envahi et occupé le Sud,qui s'est battu contre eux,M. Chamsssedine?Une partie de la population libanaise seulement.Et quand nous avons fini par sortir les Syriens,qui l'a fait?Une partie de la population libanaise seulement!Tout çà pour vous dire que nous sommes tous ,à un degré ou un autre,des Pétain,des Laval,mais aussi des De Gaulle(façon de parler bien sûr!)Nous nous sommes tous trompé à un moment ou à l'autre!Et vous savez pourquoi?Parceque nous sommes divisés.Parceque nous allons chercher à l'extérieur ce que nous devrions trouver chez nous.Alors,les anathèmes,les malédictions,et autres exclusions définitives,nous ne pouvons plus nous les permettre.Nous devons trouver une solution commune.Sinon,c'est notre fin à tous!Bien à vous.
17 h 34, le 06 septembre 2011