Les ministres des Affaires étrangères français et allemand ont affirmé samedi vouloir agir à l'ONU contre le régime syrien. Kacper Pempel/
L'Union européenne n'a pas exclu samedi d'autres sanctions après son embargo sur le pétrole syrien pour faire pression sur le régime de Bachar el-Assad. « Si Bachar al-Assad ne change pas, s'il n'y a pas de changement de régime, il faudra accentuer la pression sur la Syrie », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé en marge d'une réunion de l'UE. « Paris va continuer à travailler aux Nations unies pour obtenir une condamnation plus explicite du régime syrien, et enfin travailler avec l'opposition », a-t-il ajouté. « On ne peut pas exclure que, si la répression continue malgré tout, des mesures supplémentaires soient discutées en Europe », a déclaré son homologue allemand, Guido Westerwelle. « Il est important que nous puissions convaincre nos partenaires internationaux que nous voulons œuvrer avec une résolution (de l'ONU) sur la Syrie en faveur de la liberté et de la démocratie », a-t-il encore déclaré.
L'UE a décrété vendredi un embargo sur les importations de pétrole syrien, espérant frapper le régime au portefeuille et le convaincre de renoncer à la poursuite de la répression violente de la révolte contre le régime entamée à la mi-mars. Entré en vigueur samedi, mais pas pour les contrats en cours, l'embargo européen concerne les importations, l'achat et le transport de pétrole brut ou de produits pétroliers si ceux-ci sont originaires de Syrie ou exportés de Syrie.
Les Etats-Unis ont estimé samedi que la décision européenne aurait « un impact direct » sur la capacité du régime à financer la répression des manifestations. Les pays européens représentent 95% des exportations de pétrole syrien. En revanche la Russie a désapprouvé l'embargo, arguant que des sanctions unilatérales détruisaient « la possibilité d'une approche commune face à une crise ». La Russie et la Chine sont opposées à des sanctions contre la Syrie et ont boycotté une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur le sujet.
Dans le même temps, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, est arrivé samedi à Damas pour discuter d'un meilleur accès de l'organisation aux détenus et aux zones où la violence fait rage. Lors de la dernière visite de M. Kellenberger en Syrie en juin, un accord avait été conclu sur ces deux sujets, et cette nouvelle visite a pour objectif de « mesurer les progrès accomplis dans ces deux domaines depuis le mois de juin », selon un communiqué du CICR à Genève. M. Kellenberger doit rencontrer le président syrien Bachar el-Assad, et la chef de la délégation du CICR à Damas, Marianne Gasser, a déclaré que le CICR avait pu se rendre dans des villes en proie aux troubles et s'est dite confiante dans les possibilités de pouvoir commencer à rencontrer des détenus.
Selon des militants, quatre personnes ont été tuées samedi dans des opérations des forces de sécurité et de l'armée et un homme touché vendredi est décédé des suites de ses blessures, ce qui porte à 26 le nombre de tués en 24 heures. Trois hommes ont été tués et cinq ont été blessés à Maarrat Hormé, dans la région d'Idleb (nord-ouest), et un homme est mort lors d'une opération des forces de sécurité samedi à Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon l'OSDH, l'opération dans la région d'Idleb était destinée à traquer des personnes recherchées, et en particulier le procureur général de Hama Adnane el-Bakkour, qui a annoncé sa démission en dénonçant les exactions du régime dans une vidéo diffusée mercredi soir sur internet. Les autorités ont démenti, affirmant que ces « purs mensonges » avaient été arrachés sous la contrainte, et précisant que le procureur avait été enlevé par une « bande armée ».
Des dizaines de milliers de personnes ont encore manifesté vendredi à travers la Syrie. « Nous sommes prêts à mourir par millions en martyrs », avaient écrit des militants sur leur page Facebook « Syrian revolution 2011 », en précisant que les manifestations se poursuivraient jusqu'à la chute du régime.
L'Union européenne n'a pas exclu samedi d'autres sanctions après son embargo sur le pétrole syrien pour faire pression sur le régime de Bachar el-Assad. « Si Bachar al-Assad ne change pas, s'il n'y a pas de changement de régime, il faudra accentuer la pression sur la Syrie », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé en marge d'une réunion de l'UE. « Paris va continuer à travailler aux Nations unies pour obtenir une condamnation plus explicite du régime syrien, et enfin travailler avec l'opposition », a-t-il ajouté. « On ne peut pas exclure que, si la répression continue malgré tout, des mesures supplémentaires soient discutées en Europe », a déclaré son homologue allemand, Guido Westerwelle. « Il est important que nous puissions convaincre nos partenaires internationaux que nous...



La France soutient un cessez-le-feu, se « tient à disposition », déclare Macron