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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

L’UE décrète un embargo sur le pétrole syrien

Selon les analystes, les sanctions ne pèseront pas de manière déterminante sur la capacité de Damas à se financer.
L’Union européenne a décidé hier d’imposer un embargo sur le pétrole syrien et d’étendre les sanctions à l’encontre du régime de Bachar el-Assad afin d’accroître la pression sur ce dernier. L’interdiction concerne l’achat, l’importation et le transport de pétrole et autres produits pétroliers venant de Syrie. Ces mesures entreront en vigueur aujourd’hui et concernent quatre individus et trois entités supplémentaires. Selon des sources diplomatiques, les quatre nouvelles personnes sanctionnées sont des hommes d’affaires accusés de financer le régime de M. Assad. Parmi les trois entreprises figure une banque, selon ces sources.
 Ces sanctions vont « frapper la Syrie au cœur », a commenté le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Uri Rosenthal, en marge d’une réunion avec ses homologues européens à Sopot (Pologne). L’embargo sur les importations de pétrole syrien va « réellement avoir de l’effet », a jugé le Suédois Carl Bildt. De fait, l’UE achète 95 % du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente entre « un tiers des recettes en devises » de ce pays, selon lui. Pour l’UE, l’impact est bien moindre, puisque, selon des chiffres de la Commission européenne, elle importait en 2010 7,8 millions de tonnes de pétrole brut par mois de Syrie, soit 1,5 % de ses importations totales de brut. « Il s’agit d’isoler le régime et de le pousser à ouvrir enfin le dialogue avec les protestataires », a commenté l’Allemand Guido Westerwelle, dont le pays importait jusqu’ici la part la plus importante du brut syrien acheté par l’UE (34 %). Mais l’Italie, qui reçoit 30 % des importations européennes de pétrole syrien, a demandé par la voie de son ministre Franco Frattini un délai « technique » de quelques semaines, jusqu’à la mi-novembre, pour permettre à ses entreprises de se conformer aux sanctions, mettant en lumière les divisions des Vingt-Sept sur cette question. Le ministre finlandais, Erkki Tuomija, a critiqué ce retard et fait valoir qu’il annulait les effets des sanctions. « Je pense que c’est trop tard. Si nous sommes vraiment sérieux, nous devons prendre des mesures de manière immédiate », a-t-il dit.
 Par ailleurs, l’UE a décidé de reporter à plus tard l’option complémentaire, un temps envisagée, d’une interdiction de tout investissement européen dans le secteur pétrolier syrien. Cette possibilité fait partie d’une nouvelle série d’éventuelles sanctions supplémentaires à l’étude, au sujet desquelles des discussions ont commencé en parallèle jeudi entre des diplomates des 27 à Bruxelles.
 
 Pressions françaises
 L’UE a déjà visé plusieurs dizaines de responsables syriens avec des interdictions de visas et des gels d’avoirs, et interdit les relations commerciales avec les entreprises militaires liées aux violences dans le pays. Elle a aussi imposé un embargo sur les armes le 9 mai dernier, qui reste en place. Mais ces sanctions ont eu peu ou pas d’effets jusqu’à maintenant et les analystes considèrent que l’embargo, qui s’attaque pour la première fois au secteur industriel syrien, ne devrait pas peser de manière déterminante sur la capacité de M. Assad à se financer. La semaine dernière, le gouverneur de la Banque centrale syrienne, Adib Mayaleh, avait mis en garde les Européens en affirmant que son pays pouvait tout aussi bien se tourner vers d’autres partenaires. « Nous pouvons résoudre nos problèmes avec l’aide de la Chine. Si les Européens se retirent, les Chinois peuvent prendre facilement leur place et combler le vide. La Russie aussi peut nous aider », avait-il alors jugé.
 La France, comme plusieurs autres pays, a en outre indiqué qu’elle continuerait à faire pression sur le régime syrien tant que la répression se poursuivra. « La France salue la décision de l’Union européenne (et) tient à réaffirmer qu’elle ne cessera d’intensifier sa pression sur le régime syrien tant que celui-ci continuera à réprimer dans le sang son propre peuple », a dit le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. « L’Europe et la France continueront à œuvrer, particulièrement dans le cadre des Nations unies, pour convaincre leurs partenaires de faire tout ce qui est légalement possible afin que le peuple syrien accède à la liberté et à la démocratie », a-t-il ajouté. « Nous développerons nos contacts avec l’opposition » syrienne, a-t-il encore affirmé. Il n’a toutefois donné aucune précision sur la manière dont les contacts avec l’opposition syrienne seraient développés, ni avec qui exactement. M. Juppé a également affirmé que la France espérait toujours que le Conseil de sécurité de l’ONU puisse adopter des sanctions contre le régime syrien.

 (Source : agences)
L’Union européenne a décidé hier d’imposer un embargo sur le pétrole syrien et d’étendre les sanctions à l’encontre du régime de Bachar el-Assad afin d’accroître la pression sur ce dernier. L’interdiction concerne l’achat, l’importation et le transport de pétrole et autres produits pétroliers venant de Syrie. Ces mesures entreront en vigueur aujourd’hui et concernent quatre individus et trois entités supplémentaires. Selon des sources diplomatiques, les quatre nouvelles personnes sanctionnées sont des hommes d’affaires accusés de financer le régime de M. Assad. Parmi les trois entreprises figure une banque, selon ces sources. Ces sanctions vont « frapper la Syrie au cœur », a commenté le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Uri Rosenthal, en marge d’une réunion avec ses homologues...
commentaires (6)

Cher Ali, Je prends acte de votre remarque concernant mon dernier commentaire. Elle s'avère tout à fait judicieuse. Effectivement, l'Iran n'est pas un pays " limitrophe " de la Syrie. Un grand merci aussi pour l'appréciation très flatteuse que vous avez bien voulu porter sur mon commentaire. Sachez que cela me va droit au coeur. Amitiés, Antoine GED

Ged Antoine

16 h 54, le 04 septembre 2011

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Commentaires (6)

  • Cher Ali, Je prends acte de votre remarque concernant mon dernier commentaire. Elle s'avère tout à fait judicieuse. Effectivement, l'Iran n'est pas un pays " limitrophe " de la Syrie. Un grand merci aussi pour l'appréciation très flatteuse que vous avez bien voulu porter sur mon commentaire. Sachez que cela me va droit au coeur. Amitiés, Antoine GED

    Ged Antoine

    16 h 54, le 04 septembre 2011

  • Errare humanum est, Antoine Ged! J'ai lu avec intérêt votre analyse et la trouve objective car vous appelez un chat, un chat et...bravo...méthodique! J'en profite pour corriger et vous m'en voudrez pas, car vous vouliez certainement dire "Iraq" au lieu de "Iran" dans la phrase " s'ils ne bénéficiaient pas de complicités extérieures dans certains pays limitrophes comme l'Iran ou le Liban". Bien à vous, Antoine!

    Ali FARHAT

    13 h 31, le 04 septembre 2011

  • Et c'est une décision amputée de la main droite et des deux pieds. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    09 h 14, le 03 septembre 2011

  • Chers Vous de " L'Orient-Le Jour ", ERRATA : 1 ) Dans le second texte que je vous avais fait parvenir l'orthographe du mot " PERSPECTIVES ", qui faisait l'objet du second point de mon développement, avait été rectifiée. 2 ) la CONCLUSION de mon commentaire avait été rectifiée et apparaissait sous la formulation suivante : " Il semble qu'une solution aux problèmes que connaît la Syrie soit, à l'évidence, plus proche que qu'il pourrait apparaître de prime abord à partir d'une lecture un peu rapide des caractéristiques politiques, économiques et géostratégiques de la question syrienne et les conditions objectives d'une accélération du processus de normalisation de la situation semblent bien aujourd'hui réunies. Merci à l'avance de publier ce rectificatif. Très fidèlement, Antoine GED

    Ged Antoine

    04 h 40, le 03 septembre 2011

  • Chers Amis de Syrie, EXPLIQUEZ-MOI...! 1 ) Comment expliquez-vous que le Président Assad ait pu se maintenir si longtemps au pouvoir s'il n'avait bénéficié de la «  bienveillance «  d'une frange importante de la population syrienne ? 2 ) Comment expliquez-vous que chaque jour des dizaines d'automobilistes pacifiques se fassent extirper de force de leur véhicule par des bandes incontrôlées qui les contraignent sous peine de mort à molester l'effigie du Président Assad pour diffuser ensuite ces images sur une large échelle à l'étranger et faire ainsi accroire au monde entier que la totalité du peuple syrien se serait rangée aux côtés des «  insurgés «  ? 3 ) Comment expliquez-vous que l'on impute au Président Assad la responsabilité de la mort de 30 nourrissons dans des hôpitaux syriens alors que lesdits hôpitaux n'étaient plus approvisionnés en électricité depuis plusieurs jours et ce, autant par la faute des forces loyalistes que par suite des troubles causés par les «  insurgés « ? 4 ) Comment expliquez-vous que les «  insurgés «   soient à ce degré armés s'ils ne bénéficiaient pas de complicités extérieures dans certains pays limitrophes comme l'Iran ou le Liban qui leur font parvenir en nombre des armes de combat qui servent dans les escarmouches opposant «  insurgés «  et forces loyalistes ? LES PERPECTIVES D'EVOLUTION EN SYRIE : 1 ) A en juger par une comptabilisation approximative des pertes humaines enregistrées du côté des «  insurgés «  comme du côté des forces loyalistes, il semble bien que le degré d'intensité des combats va diminuant chaque jour. Cela laisserait à penser que la situation sur le terrain est de plus en plus sous contrôle. 2 ) Il semblerait que la constitution d'une opposition démocratique au régime du Président Assad soit en bonne voie même si les efforts de structuration de cette opposition politique s'avèrent encore très balbutiants. L'échéance des prochaines élections législatives fixées par le pouvoir au mois de Février prochain devrait, selon toute logique, accélérer ce processus. 3 ) A en juger par la décision de l'Union Européenne de suspendre ses achats de pétrole brut syrien à dater du mois de Novembre prochain, cette mesure de rétorsion et de pression internationale, jointe à toutes celles qui ont d'ores et déjà été décidées ou sont entrées en vigueur, devrait constituer pour le Président Assad un ultimatum dont il faudra bien qu'il tienne compte s'il ne veut pas que la population de son pays le rende responsable de l'état de disette qui risque d'affecter le pays le jour où l'effet de ces mesures se fera sentir. CONCLUSION : Il semble qu'une solution aux problèmes que connaît actuellement la Syrie soit objectivement plus proche qu'il pouvait apparaître de prime abord à partir d'une lecture un peu rapide des caractéristiques politiques, économiques et géo-stratégiques de la question syrienne et les conditions objectives d'une accélération du processus de normalisation de la situation semblent bien réunies. Antoine GED

    Ged Antoine

    04 h 05, le 03 septembre 2011

  • Chers Vous de " L'Orient-Le Jour ", Auriez-vous l'amabilité de retenir éventuellement pour publication le second des deux commentaires que je vous ai fait parvenir, le premier de ces commentaires, par suite d'une relecture insuffisante de mon texte à l'écran, comportant des fautes de frappe dont je vous prie de bien vouloir une nouvelle fois m'excuser. Merci d'avance...! Amicalement, Antoine GED

    Antoine GED

    21 h 12, le 02 septembre 2011

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