Ces sanctions vont « frapper la Syrie au cœur », a commenté le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Uri Rosenthal, en marge d’une réunion avec ses homologues européens à Sopot (Pologne). L’embargo sur les importations de pétrole syrien va « réellement avoir de l’effet », a jugé le Suédois Carl Bildt. De fait, l’UE achète 95 % du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente entre « un tiers des recettes en devises » de ce pays, selon lui. Pour l’UE, l’impact est bien moindre, puisque, selon des chiffres de la Commission européenne, elle importait en 2010 7,8 millions de tonnes de pétrole brut par mois de Syrie, soit 1,5 % de ses importations totales de brut. « Il s’agit d’isoler le régime et de le pousser à ouvrir enfin le dialogue avec les protestataires », a commenté l’Allemand Guido Westerwelle, dont le pays importait jusqu’ici la part la plus importante du brut syrien acheté par l’UE (34 %). Mais l’Italie, qui reçoit 30 % des importations européennes de pétrole syrien, a demandé par la voie de son ministre Franco Frattini un délai « technique » de quelques semaines, jusqu’à la mi-novembre, pour permettre à ses entreprises de se conformer aux sanctions, mettant en lumière les divisions des Vingt-Sept sur cette question. Le ministre finlandais, Erkki Tuomija, a critiqué ce retard et fait valoir qu’il annulait les effets des sanctions. « Je pense que c’est trop tard. Si nous sommes vraiment sérieux, nous devons prendre des mesures de manière immédiate », a-t-il dit.
Par ailleurs, l’UE a décidé de reporter à plus tard l’option complémentaire, un temps envisagée, d’une interdiction de tout investissement européen dans le secteur pétrolier syrien. Cette possibilité fait partie d’une nouvelle série d’éventuelles sanctions supplémentaires à l’étude, au sujet desquelles des discussions ont commencé en parallèle jeudi entre des diplomates des 27 à Bruxelles.
Pressions françaises
L’UE a déjà visé plusieurs dizaines de responsables syriens avec des interdictions de visas et des gels d’avoirs, et interdit les relations commerciales avec les entreprises militaires liées aux violences dans le pays. Elle a aussi imposé un embargo sur les armes le 9 mai dernier, qui reste en place. Mais ces sanctions ont eu peu ou pas d’effets jusqu’à maintenant et les analystes considèrent que l’embargo, qui s’attaque pour la première fois au secteur industriel syrien, ne devrait pas peser de manière déterminante sur la capacité de M. Assad à se financer. La semaine dernière, le gouverneur de la Banque centrale syrienne, Adib Mayaleh, avait mis en garde les Européens en affirmant que son pays pouvait tout aussi bien se tourner vers d’autres partenaires. « Nous pouvons résoudre nos problèmes avec l’aide de la Chine. Si les Européens se retirent, les Chinois peuvent prendre facilement leur place et combler le vide. La Russie aussi peut nous aider », avait-il alors jugé.
La France, comme plusieurs autres pays, a en outre indiqué qu’elle continuerait à faire pression sur le régime syrien tant que la répression se poursuivra. « La France salue la décision de l’Union européenne (et) tient à réaffirmer qu’elle ne cessera d’intensifier sa pression sur le régime syrien tant que celui-ci continuera à réprimer dans le sang son propre peuple », a dit le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. « L’Europe et la France continueront à œuvrer, particulièrement dans le cadre des Nations unies, pour convaincre leurs partenaires de faire tout ce qui est légalement possible afin que le peuple syrien accède à la liberté et à la démocratie », a-t-il ajouté. « Nous développerons nos contacts avec l’opposition » syrienne, a-t-il encore affirmé. Il n’a toutefois donné aucune précision sur la manière dont les contacts avec l’opposition syrienne seraient développés, ni avec qui exactement. M. Juppé a également affirmé que la France espérait toujours que le Conseil de sécurité de l’ONU puisse adopter des sanctions contre le régime syrien.
(Source : agences)


Cher Ali, Je prends acte de votre remarque concernant mon dernier commentaire. Elle s'avère tout à fait judicieuse. Effectivement, l'Iran n'est pas un pays " limitrophe " de la Syrie. Un grand merci aussi pour l'appréciation très flatteuse que vous avez bien voulu porter sur mon commentaire. Sachez que cela me va droit au coeur. Amitiés, Antoine GED
16 h 54, le 04 septembre 2011