Le procès pour crimes de guerre de Thomas Lubanga, fondateur et dirigeant présumé de l’Union des patriotes congolais (UPC) et ex-commandant des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLD), s’était ouvert le 26 janvier 2009. L’accusé, âgé de 50 ans, est jugé pour l’enrôlement et la conscription d’enfants de moins de 15 ans et pour les avoir fait participer activement à des hostilités durant la guerre civile en Ituri (est de la RDC) entre septembre 2002 et août 2003, selon l’accusation. « Les crimes ont affecté des centaines d’enfants. Ces enfants ont été entraînés dans une vingtaine de camps en Ituri, un territoire plus grand que les Pays-Bas », a affirmé Mme Bensouda, ajoutant : « Ils étaient utilisés pour tuer, violer et piller. »
Transféré à La Haye en mars 2006, l’ancien chef de milice plaide non coupable. La présentation des éléments de preuve avancés par le bureau du procureur et la défense s’était achevée en mai. Si l’ancien chef de milice est reconnu coupable, les juges devront prononcer une peine. Ils pourront, s’ils le souhaitent, demander aux parties quelle peine elles jugent appropriée avant de se prononcer. Le jugement n’est pas attendu avant des mois. Thomas Lubanga pourrait également être condamné à indemniser les 118 victimes autorisées à participer à la procédure. Durant les 220 audiences du procès, les juges ont entendu 36 témoins de l’accusation, 24 témoins de la défense et trois témoins cités par les représentants légaux des victimes. Mme Bensouda a rappelé que neuf anciens enfants-soldats étaient venus témoigner devant la CPI : « Ils ont dû raconter à la Cour, en fait raconter au monde entier, les misères qu’ils avaient endurées. »
Le procès de Thomas Lubanga avait été suspendu le 8 juillet 2010 durant trois mois, à la suite du refus du procureur de communiquer à la défense le nom d’un intermédiaire chargé de retrouver des témoins des crimes dont est accusé M. Lubanga. De faux témoignages avaient été « fabriqués » avec l’assistance d’intermédiaires et la collaboration du bureau du procureur, selon la défense de l’ex-chef de milice qui avait réclamé en vain un arrêt définitif du procès.
Entrée en fonction en 2002, la CPI est le premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de génocide.
(Source : AFP)


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