Moustapha Abdeljalil a promis de récompenser, lors de la reconstruction du pays, les Etats ayant aidé la Libye.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui reste introuvable et dont la tête a été mise à prix, a appelé jeudi à la résistance. "Il faut résister contre ces rats d'ennemis, qui seront vaincus grâce à la lutte armée", a déclaré le colonel Kadhafi dans un enregistrement diffusé par la chaîne satellitaire Arrai basée en Syrie. Sortez de chez vous, libérez Tripoli". La diffusion de ce message intervient cinq jours après l'offensive menée sur la capitale par les rebelles et quarante-huit heures après leur entrée dans Bab al-Aziziya, le vaste complexe résidentiel du colonel Kadhafi.
Pour faciliter la traque de l'ancien "Guide" libyen, les rebelles ont offert une récompense de près de 1,7 million de dollars à quiconque permettrait de le retrouver, vivant ou mort. Selon le quotidien Daily Telegraph, des membres des forces spéciales britanniques sont également déployés sur le terrain en Libye, essentiellement pour rechercher le colonel Kadhafi, mais les autorités n'ont pas confirmé l'information. Un journaliste de l'AFP a constaté que des agents français et britanniques étaient installés depuis plusieurs semaines dans une raffinerie à l'arrêt à Zuwaytinah, où les rebelles de l'Est ont établi leur PC opérationnel. Mais l'OTAN a affirmé que l'Alliance ne visait pas spécifiquement le colonel Mouammar Kadhafi et qu'il n'y aucune coordination militaire entre les forces de l'alliance et les rebelles libyens.
Un peu plus tôt, le chef du Conseil national de transition (CNT), Mousptapha Abdel Jalil avait déclaré que le conflit en Libye a fait "plus de 20 000 morts" depuis le début de l'insurrection. Interrogé sur la possible présence d'armes chimiques dans le pays, il a assuré, lors d'une conférence à Benghazi ne rien craindre d'elles : "en tant qu'ancien membre du régime, je sais bien que ces armes sont périmées".
Sur le terrain, à Tripoli, les forces pro-Kadhafi sont désormais concentrées dans les quartiers d'Abou Salim, près de l'ancien QG du colonel Kadhafi, et de Hatba Charkia, selon les rebelles. Dans l'après-midi, après une matinée plutôt calme dans le centre de Tripoli, d'intenses échanges de tirs qui ont duré environ trois quarts d'heures ont eu lieu autour de l'hôtel Corinthia, situé près de la Vieille ville, selon des journalistes de l'AFP. Après avoir pris le contrôle de Bab al-Aziziya, qui était livrée aux pillards, les rebelles cherchaient surtout à mettre la main sur Mouammar Kadhafi et ses fils, toujours introuvables jeudi.
Sur le front Est, les rebelles qui avançaient en direction du fief kadhafiste de Syrte ont reconnu faire face à une résistance inattendue à Ben Jawad, à environ 140 km à l'est de leur objectif, d'où les forces pro-Kadhafi tirent des roquettes. Dans l'Ouest, des forces loyales à Mouammar Kadhafi encerclaient et bombardaient Zouara, sur la route côtière menant à la frontière tunisienne. Les rebelles, qui tenaient le centre-ville, ont demandé l'aide des combattants des montagnes de Nefoussa.
Parallèlement, la communauté internationale multiplie les initiatives pour préparer l'après-Kadhafi, alors que la question de l'aide financière aux rebelles devient cruciale. Mahmoud Jibril, numéro deux de la rébellion libyenne, a demandé jeudi "une aide urgente" pour son pays aux prises à de grandes difficultés économiques, à l'issue d'une rencontre avec le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi à Milan (nord). Ce dernier a annoncé avoir donné l'ordre "pour le dégel d'une première tranche des avoirs libyens à hauteur de 350 millions d'euros". Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni mercredi soir pour discuter du déblocage des avoirs libyens gelés afin de venir en aide au CNT.
Les Etats-Unis souhaitent débloquer immédiatement 1,5 milliard de dollars, mais l'Afrique du Sud a demandé que l'ONU attende de savoir si l'Union africaine décide ou non de reconnaître le CNT, au cours d'une réunion prévue jeudi.
Le Fonds monétaire international a indiqué pour sa part que la "nature de son engagement" vis-à-vis de la Libye dépendrait des "souhaits d'un gouvernement reconnu internationalement" pour ce pays.
Des diplomates du Groupe de contact avec la Libye ont décidé d'accélérer le processus pour débloquer les avoirs gelés de la Libye, ce qui devrait permettre aux rebelles libyens de recevoir 2,5 milliards de dollars d'avoirs de ce pays à l'étranger, a annoncé un responsable des rebelles jeudi. "Il n'y a pas d'engagements, mais quelque chose est en train de bouger. Nous allons recevoir environ 2,5 milliards de dollars d'ici à la fin du mois", a déclaré Fathi Baja, responsable de la Commission des affaires politiques du CNT, après une réunion du Groupe de contact sur la Libye à Istanbul.
"Nous promettons de favoriser les pays qui nous ont aidés, notamment au travers du développement de la Libye. Nous les traiterons en fonction du soutien qu'ils nous ont apporté", a déclaré, de son côté, Moustapha Abdeljalil, chef du CNT.
Sur le plan diplomatique, les rebelles ont fait une nouvelle avancée jeudi avec l'assurance obtenue par la Ligue arabe de l'attribution au CNT, du siège de la Libye au sein de l'instance panarabe.
Pour faciliter la traque de l'ancien "Guide" libyen, les rebelles ont offert une récompense de près de 1,7 million de dollars à quiconque permettrait de le retrouver, vivant ou mort. Selon le quotidien Daily Telegraph, des membres des forces...

