Les journalistes libérés de l’hôtel Rixos posent pour une photo, à leur arrivée à l’hôtel Corinthia de Tripoli. Filippo Monteforte/AFP
Parallèlement, les journalistes retenus depuis quatre jours par des prokadhafistes à l’hôtel Rixos, proche de Bab el-Aziziya, ont été relâchés. Depuis, l’établissement est passé dans les mains des rebelles. En revanche, quatre journalistes italiens ont été enlevés, ont annoncé hier soir les médias italiens.
Sur un autre plan, l’ambassade du Venezuela en Libye a été « attaquée et mise à sac », a annoncé hier le président vénézuélien Hugo Chavez, un des soutiens les plus indéfectibles du régime Kadhafi.
Les combats ont fait plus de 400 morts et 2 000 blessés depuis l’assaut de Tripoli lancé samedi par les rebelles, et près de 600 soldats partisans de Kadhafi y ont été capturés, avait déclaré le chef du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique des rebelles, Moustapha Abdeljalil. Selon le colonel rebelle Abdallah Abou Afra, le territoire libyen est désormais « à 90 % ou 95 % sous le contrôle de la rébellion ». Ainsi la route entre Tripoli et Misrata, 200 km plus à l’est, est désormais « libre », a indiqué un rebelle, Issam Azzeid.
Plus à l’est, les rebelles continuaient à resserrer leur étau sur Syrte, ville d’origine de M. Kadhafi, où des négociations ont été entamées avec les tribus locales pour obtenir une reddition pacifique de la région. À Benghazi, le porte-parole militaire de la rébellion, Ahmer Omar Bani, a jugé hier que la prise de Syrte était une « question de temps ». Cependant, les rebelles reconnaissent faire face à une résistance inattendue des forces loyalistes à Ben Jawad, entravant leur progression vers Syrte. Venant de Brega, quelque 80 km plus à l’est, des colonnes de véhicules militaires se dirigeaient en fin de journée vers Ras Lanouf pour aider les insurgés qui essuient de nombreux tirs d’artillerie, selon un journaliste de l’AFP sur place. Sur ce plan, le président français Nicolas Sarkozy a affirmé que les opérations militaires de la coalition internationale cesseraient dès que le colonel Kadhafi et ses proches « ne représenteront plus une menace pour le peuple libyen ». Le Nicaragua a dit quant à lui être prêt à accorder l’asile à M. Kadhafi.
La prise de Bab el-Aziziya mardi après-midi, une victoire avant tout symbolique, l’immense complexe ayant été déserté, a provoqué une explosion de joie à Benghazi et à Tripoli. Mais cette victoire n’est pas complète car le dirigeant libyen restait toujours introuvable. Pour encourager sa capture les rebelles ont annoncé hier une récompense de près de 1,7 million de dollars (2 millions de dinars libyens) pour sa tête, mort ou vif, tout en continuant de ratisser la capitale. Des hommes d’affaires libyens ont indiqué financer cette récompense. Les rebelles se sont également engagés à ce que « les membres du cercle rapproché (de Mouammar Kadhafi) qui le tueront ou le captureront auront l’amnistie garantie par le peuple », a indiqué le chef du Conseil national de transition (CNT), l’organe politique des rebelles, Moustapha Abdeljalil. « Le régime de Mouammar Kadhafi ne sera pas fini tant qu’il ne sera pas capturé vivant ou mort », a-t-il dit, en soulignant que « son comportement nous fait redouter une catastrophe », sans plus de précision. Le mystère reste toutefois complet autour du lieu où se trouverait le « guide » libyen, qui a défié une nouvelle fois la rébellion dans deux messages sonores. Dans le premier, diffusé dans la nuit par la chaîne de télévision el-Orouba, il a affirmé qu’il s’était retiré de son QG pour des « raisons tactiques ». « Je me suis promené incognito, sans que les gens me voient, et j’ai vu des jeunes prêts à défendre leur ville », a-t-il par ailleurs affirmé dans le second message, diffusé par la télévision Arrai.
Enfin, le Pentagone a indiqué que les stocks d’armes de destruction massive étaient « sécurisés » en Libye, mais qu’un arsenal de plusieurs centaines de lance-roquettes constituait un motif d’inquiétude.
(Sources : agences)


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