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Moyen Orient et Monde - Syrie

Assad juge « sans valeur » les appels occidentaux à son départ

Le président annonce des législatives pour février 2012 ; une délégation de l’ONU accueillie par des manifestants prodémocratie dans plusieurs villes.

Une photo tirée d’une vidéo postée le 19 août sur YouTube montrant des membres des forces de sécurité syriennes maltraitant un détenu.

Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé hier que les appels occidentaux réclamant son départ étaient « sans valeur », dans une interview à la télévision d’État. « En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeur », a dit M. Assad. Selon lui, de « tels propos ne doivent pas être tenus à l’égard d’un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n’a pas été installé par l’Occident, un président qui n’est pas fabriqué aux États-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l’étranger ». « En ce qui concerne la menace d’un recours à la force, toute initiative contre la Syrie aura des conséquences plus graves » pour ses auteurs « en raison de la situation et des capacités de la Syrie », a-t-il poursuivi.
Jeudi, le président américain Barack Obama, comme ses alliés occidentaux, a pour la première fois appelé explicitement Bachar el-Assad à partir et a renforcé les sanctions contre son régime après cinq mois d’une brutale et sanglante répression de la contestation en Syrie. Plus de 2 000 personnes ont été tuées par les forces du régime depuis le début de la répression le 15 mars, selon le secrétaire général adjoint de l’ONU Lynn Pascoe.
M. Assad a par ailleurs annoncé que les élections locales devraient avoir lieu en décembre et que les législatives se tiendront de « quatre à huit mois après la publication, peut-être jeudi, des décrets d’application sur la loi électorale, en tout cas au plus tard en février, afin de permettre aux partis de se constituer et d’avoir le temps de faire campagne ».

 « Il faut garder  le moral »
 Concernant les sanctions économiques décidées par les pays occidentaux, il a souligné que « le siège de la Syrie existe déjà ». « Malgré les bonnes relations économiques que nous avons avec l’Europe, nous avons d’autres alternatives. On s’est orienté vers l’Est et nous continuerons à le faire », a-t-il dit.
Selon des diplomates, les mesures européennes visant le secteur pétrolier, notamment un embargo sur l’importation de pétrole brut syrien, pourraient être annoncées dès mardi. L’Europe achète 95 % du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays.
Le président Assad a reconnu que la crise avait eu un impact sur la situation économique mais que « celle-ci commence à se rétablir depuis deux mois. Il faut garder le moral ».
Interrogé sur la situation sécuritaire, le chef de l’État a précisé : « Nous avons commencé à enregistrer des succès et nous pouvons dire que la situation est à présent plus rassurante. Le complot (déjoué) visait à faire tomber la Syrie en l’espace de quelques semaines ». « Il n’y a pas de solution purement sécuritaire et toute solution sera forcément politique mais une solution politique ne pourra pas être mise en œuvre si la sécurité n’est pas préservée », a-t-il souligné.
Alors que le haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, Navi Pillay, a indiqué vendredi qu’il y avait désormais des « preuves » de « crimes contre l’humanité » et a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à saisir la justice internationale, M. Assad a indiqué qu’il existait en Syrie « une commission d’enquête indépendante ». « Un nombre limité de personnes ont déjà été jugées sur la base de preuves irréfutables. Le principe est que quiconque, qu’il soit militaire ou civil, ayant commis un crime contre un citoyen sera jugé sur la base de preuves. Nous n’innocenterons pas un coupable et nous ne condamnerons pas un innocent », a-t-il dit.

Des « manifestations décisives »
 Parallèlement, sur le terrain, des manifestations antirégime ont eu lieu hier soir dans plusieurs villes syriennes, dont Daraya, Kaswa, Hama, Homs, Lattaquié et Kfar Soussa, en réponse au discours d’Assad. La page Facebook de l’opposition SNN a rapporté que les forces de l’ordre ont tiré sur des manifestants à Deraa, berceau de la contestation.
À Homs, Mohammad Kheir Ghalioun, le frère de l’opposant basé en France Bourhan Ghalioun, a été arrêté samedi, a indiqué l’universitaire qui joue un rôle médiatique actif depuis le déclenchement de mouvement de contestation.
Les contestataires ont appelé sur la page Facebook de « Syrian revoution 2011 », sur le mot d’ordre « nous sommes tous de prochains martyrs », à des « manifestations décisives » durant les dix derniers jours de ramadan jusqu’à la « fête de la libération ». Vendredi, jour de la grande prière hebdomadaire, 34 personnes en tout ont trouvé la mort, dont quatre enfants, à Homs et à Deraa, ainsi que dans les faubourgs de Damas et de Palmyre.
Parallèlement, une mission des Nations unies chargée d’évaluer les besoins humanitaires de la population est arrivée hier à Damas. Les Nations unies cherchaient depuis le mois de mai à envoyer une mission humanitaire en Syrie. « Nous nous réjouissons du fait que le gouvernement syrien ait donné son accord à notre mission », a précisé une responsable de l’ONU, sans préciser les villes exactes où se rendra la délégation, dont la mission se prolongera jusqu’à jeudi. Selon des activistes de l’opposition et des vidéos postées sur YouTube, la mission de l’ONU a été accueillie par une série de manifestations-surprise dans plusieurs villes de la Syrie, dont al-Zabadiya et Douma.
(Sources : agences et rédaction)
Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé hier que les appels occidentaux réclamant son départ étaient « sans valeur », dans une interview à la télévision d’État. « En nous abstenant de réagir, nous leur disons que leurs propos sont sans valeur », a dit M. Assad. Selon lui, de « tels propos ne doivent pas être tenus à l’égard d’un président qui a été choisi par le peuple syrien et qui n’a pas été installé par l’Occident, un président qui n’est pas fabriqué aux États-Unis. Ces paroles se disent à un peuple soumis qui accepte de recevoir des ordres de l’étranger ». « En ce qui concerne la menace d’un recours à la force, toute initiative contre la Syrie aura des conséquences plus graves » pour ses auteurs « en raison de la situation et des capacités de la Syrie », a-t-il...
commentaires (2)

Il faut parfois plus de courage pour partir que pour rester. Assad devrait le savoir. Les nouvelles de ce matin en provenance de la Lybie devraient l'y aider.

jamil kosta

03 h 56, le 22 août 2011

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Commentaires (2)

  • Il faut parfois plus de courage pour partir que pour rester. Assad devrait le savoir. Les nouvelles de ce matin en provenance de la Lybie devraient l'y aider.

    jamil kosta

    03 h 56, le 22 août 2011

  • Ce régime de Damas fera couler encore beaucoup de sang du peuple syrien. Qui vivra verra.

    Halim Abouchakra

    03 h 54, le 22 août 2011

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