Sur le terrain, les responsables des forces rebelles se déclarent proches d’une victoire finale grâce à la prise de contrôle ces derniers jours de Zawiyah, de Sorman et de Sabrata, situées entre 40 et 60 kilomètres à l’ouest de Tripoli, et Garhyane, à une cinquantaine au sud de la capitale, bastion du régime. Les rebelles ont ouvert hier un nouveau front à Ajaylat, située à quelques kilomètres au sud de Sorman et de Sabrata. « De violents combats ont lieu actuellement dans la localité d’Ajaylat, où les forces révolutionnaires essaient de libérer la zone », a déclaré un porte-parole militaire de la rébellion, le colonel Ahmad Omar Bani, au cours d’une conférence de presse à Benghazi. Si les rebelles contrôlent la route côtière entre Sabrata et Zawiyah, « toutes les villes entre la frontière tunisienne et Sorman n’ont pas encore été libérées », a cependant reconnu le colonel Bani, promettant que « la libération d’Ajaylat serait un tournant majeur ». Théâtre depuis plusieurs jours de violents combats et désormais tenue « en majeure partie » par la rébellion, Zawiyah est « violemment bombardée par les forces de Kadhafi depuis l’est, mais la population ne craint pas ces bombardements et ne quittera pas la ville », a encore indiqué le porte-parole. Les rebelles ont par ailleurs lancé hier une attaque pour prendre la raffinerie de la ville, l’une des dernières sources d’approvisionnement en carburant des forces pro-Kadhafi. Ils espèrent nettoyer les dernières poches de résistance des forces gouvernementales dans cette localité à 50 km de la capitale.
Sur le front est, dans la cité pétrolière de Brega, les rebelles ont continué leur progression. « La zone résidentielle est entièrement sous le contrôle de la rébellion, les combats se déroulent dans la zone industrielle », a indiqué le colonel Bani. « Nous ne changerons pas notre stratégie à Brega », après le tir dimanche par les forces du régime d’un missile sol-sol de courte portée Scud sur des positions rebelles dans la zone, a-t-il dit. Cela montre que « le tyran est apeuré et désespéré », a-t-il commenté, concluant : « Rassurez-vous, vous êtes en sécurité » à Benghazi, hors d’atteinte de ces missiles, selon lui. Dans ce contexte, une fosse commune contenant environ 150 corps a été découverte à Taouargha, près de Misrata, ville rebelle à l’est de Tripoli, a déclaré hier un porte-parole des rebelles. Il a précisé qu’une vidéo avait également été trouvée, « montrant les ravisseurs en train d’égorger des gens ».
Sur le plan diplomatique, les présidents vénézuélien Hugo Chavez et iranien Mahmoud Ahmadinejad ont dénoncé une « agression impérialiste » de l’Occident en Libye et en Syrie, selon un communiqué publié à Caracas. L’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye Abdel Ilah Khatib a quant à lui quitté la Tunisie mardi après une visite de 24 heures au cours de laquelle il a rencontré des représentants libyens dans un contexte de confusion autour d’éventuels pourparlers entre rebelles et pro-Kadhafi. Selon plusieurs sources concordantes, des pourparlers secrets ont bien eu lieu dimanche à Djerba, non loin de la frontière tuniso-libyenne. Mais la rébellion a catégoriquement démenti toutes « négociations, directes ou indirectes, avec le régime de Kadhafi ».
(Source : agences)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine