Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Grande-Bretagne

Les tribunaux anglais accusés d’avoir la main lourde contre les émeutiers

Le justice inflige des peines de prison ferme pour le vol de bouteilles d’eau ou la création d’une page sur Facebook appelant à participer aux violences.

Le prince Charles et son épouse Camilla ont rencontré hier des familles dont les habitations ont été détruites lors des émeutes à Tottenham. Photo AFP

La justice britannique, qui siège sept jours sur sept depuis les émeutes, est accusée par des associations et des avocats d’avoir la main lourde. Mardi, deux jeunes de 20 et 22 ans ont été condamnés à quatre ans de prison – la peine la plus lourde infligée dans le cadre des émeutes de la semaine dernière – pour avoir incité aux troubles via des appels sur le réseau social Facebook, bien qu’il n’y ait eu aucune conséquence sur le terrain. Jordan Blackshaw, 20 ans, avait appelé à un rassemblement sur une page Facebook intitulée « Détruire la ville de Northwich » (nord-ouest de l’Angleterre). Il s’est présenté seul au rendez-vous et a été aussitôt arrêté par la police. Le deuxième accusé, Perry Sutcliffe-Keenan, 22 ans, avait ouvert une page « Organisons une émeute » dans son quartier de Warrington (Nord-Ouest), avant de la retirer avec des excuses le lendemain. Bien qu’aucun trouble n’ait été déploré, ces messages ont provoqué « une panique considérable », a déclaré le procureur devant le tribunal de Chester (Nord-Ouest). Ils ont aussi contraint la police à se mobiliser sur les lieux des rendez-vous, à un moment où sa présence aurait été plus utile ailleurs.
Un homme de 23 ans sans aucun antécédent a, lui, été condamné à six mois de prison ferme pour avoir profité des troubles pour voler un pack de bouteilles d’eau d’une valeur de 5,7 dollars.
Hier, le Premier ministre David Cameron, qui avait estimé que toutes les personnes inculpées pour leur participation aux troubles devaient « s’attendre à aller en prison », a défendu la peine infligée aux deux internautes. « On a vu dans nos rues des comportements totalement révoltants, et envoyer un message clair selon lequel cela était mal et ne sera pas toléré est exactement ce que le système judiciaire doit faire », a-t-il affirmé.
Mais des associations et des avocats s’inquiètent des lourdes peines fixées par la justice. « Certaines sont totalement disproportionnées. On va voir une flopée d’appels », prédit Sally Ireland, de l’association « Justice ». Le juge Andrew Gilbart, de Manchester (Nord-Ouest), a expliqué que la lourdeur de ces peines était liée au contexte des émeutes, facteur aggravant, a-t-il dit, par rapport à des faits « commis isolément ». Un argument vigoureusement rejeté par l’avocat Paul Mendelle, pour qui « il y a des règles claires, qui encadrent le type de peine pour chaque cas ». Or, « il semble que les tribunaux soient incités à ignorer ces règles et à jeter par la fenêtre le livre des lois et à alourdir les peines ». « Je trouve ça troublant et potentiellement injuste. On dit souvent qu’une justice lente constitue un déni de justice, mais la justice hâtive est aussi un déni de justice », assène-t-il. Les autorités judiciaires ont pour leur part formellement nié « avoir donné des consignes sur les peines pour les infractions commises pendant les récents désordres publics ».
Une semaine après la fin des émeutes urbaines, quelque 1 200 personnes, dont environ 20 % de mineurs, ont comparu devant la justice. Les deux tiers ont été maintenues en détention, à comparer avec seulement 10 % pour les infractions graves en 2010. Parmi les suspects qui se sont vu refuser hier leur libération, figure une jeune fille choisie dans sa commune comme ambassadrice des Jeux olympiques de 2012 à Londres. Elle est soupçonnée d’avoir jeté des briques sur la police et d’avoir mené l’assaut contre un magasin de téléphones portables dans la capitale.

            (Source : AFP)
La justice britannique, qui siège sept jours sur sept depuis les émeutes, est accusée par des associations et des avocats d’avoir la main lourde. Mardi, deux jeunes de 20 et 22 ans ont été condamnés à quatre ans de prison – la peine la plus lourde infligée dans le cadre des émeutes de la semaine dernière – pour avoir incité aux troubles via des appels sur le réseau social Facebook, bien qu’il n’y ait eu aucune conséquence sur le terrain. Jordan Blackshaw, 20 ans, avait appelé à un rassemblement sur une page Facebook intitulée « Détruire la ville de Northwich » (nord-ouest de l’Angleterre). Il s’est présenté seul au rendez-vous et a été aussitôt arrêté par la police. Le deuxième accusé, Perry Sutcliffe-Keenan, 22 ans, avait ouvert une page « Organisons une émeute » dans son quartier de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut