Le prince Charles et son épouse Camilla ont rencontré hier des familles dont les habitations ont été détruites lors des émeutes à Tottenham. Photo AFP
Un homme de 23 ans sans aucun antécédent a, lui, été condamné à six mois de prison ferme pour avoir profité des troubles pour voler un pack de bouteilles d’eau d’une valeur de 5,7 dollars.
Hier, le Premier ministre David Cameron, qui avait estimé que toutes les personnes inculpées pour leur participation aux troubles devaient « s’attendre à aller en prison », a défendu la peine infligée aux deux internautes. « On a vu dans nos rues des comportements totalement révoltants, et envoyer un message clair selon lequel cela était mal et ne sera pas toléré est exactement ce que le système judiciaire doit faire », a-t-il affirmé.
Mais des associations et des avocats s’inquiètent des lourdes peines fixées par la justice. « Certaines sont totalement disproportionnées. On va voir une flopée d’appels », prédit Sally Ireland, de l’association « Justice ». Le juge Andrew Gilbart, de Manchester (Nord-Ouest), a expliqué que la lourdeur de ces peines était liée au contexte des émeutes, facteur aggravant, a-t-il dit, par rapport à des faits « commis isolément ». Un argument vigoureusement rejeté par l’avocat Paul Mendelle, pour qui « il y a des règles claires, qui encadrent le type de peine pour chaque cas ». Or, « il semble que les tribunaux soient incités à ignorer ces règles et à jeter par la fenêtre le livre des lois et à alourdir les peines ». « Je trouve ça troublant et potentiellement injuste. On dit souvent qu’une justice lente constitue un déni de justice, mais la justice hâtive est aussi un déni de justice », assène-t-il. Les autorités judiciaires ont pour leur part formellement nié « avoir donné des consignes sur les peines pour les infractions commises pendant les récents désordres publics ».
Une semaine après la fin des émeutes urbaines, quelque 1 200 personnes, dont environ 20 % de mineurs, ont comparu devant la justice. Les deux tiers ont été maintenues en détention, à comparer avec seulement 10 % pour les infractions graves en 2010. Parmi les suspects qui se sont vu refuser hier leur libération, figure une jeune fille choisie dans sa commune comme ambassadrice des Jeux olympiques de 2012 à Londres. Elle est soupçonnée d’avoir jeté des briques sur la police et d’avoir mené l’assaut contre un magasin de téléphones portables dans la capitale.
(Source : AFP)


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