« Nous croulons sous la vie chère ! », ont scandé les manifestants israéliens, hier à Jérusalem.Menahem Kahana/AFP
Les manifestants avaient auparavant défilé dans les rues de Jérusalem, certains avec des drapeaux noirs, pour converger vers la Knesset aux cris de « Justice sociale ! », « Nous croulons sous la vie chère ! ».
Le débat parlementaire se tient après un mois de manifestations qui ont réuni des centaines de milliers d’Israéliens contre la hausse du coût de la vie et en particulier la flambée du prix des logements.
« La rue a exposé les problèmes et nous devons lutter pour l’avenir de nos enfants ainsi que pour les budgets qui doivent être dégagés à cet effet, car il n’y a pas de justice sociale en Israël. Un changement fondamental des priorités économiques et sociales est indispensable », a déclaré Tzipi Livni, chef du parti centriste d’opposition Kadima, à l’ouverture du débat. « Les manifestants sont surtout des jeunes. Ils remplissent leurs obligations militaires, sont diplômés et travaillent. Ils ont le droit de savoir comment leurs impôts sont utilisés. Ils ont le droit de vivre dignement en se projetant ici plutôt que de se résigner à aller à l’étranger, faute d’espoir », a-t-elle ajouté.
S’exprimant au nom du gouvernement, Benny Begin, ministre sans portefeuille, a répondu en accusant le précédent gouvernement, où Kadima était majoritaire, d’être responsable de la pénurie actuelle de logements.
À l’extérieur de la Knesset, les manifestants ont exprimé leur scepticisme : « La séance parlementaire d’aujourd’hui est une tentative de nous apaiser. Il n’en sortira rien. La lutte continuera jusqu’à ce que la politique économique change en Israël, même si cela prend longtemps ou se termine dans les urnes », a expliqué Yair Fink, un jeune contestataire.
Samedi, des rassemblements organisés dans tout le pays sauf à Tel-Aviv et Jérusalem ont mobilisé entre 70 000 (selon la police) et 100 000 personnes (selon les organisateurs).
M. Netanyahu s’est engagé à trouver des « solutions concrètes » aux questions soulevées par les manifestants, tout en rappelant que ces réformes devaient respecter certaines « contraintes », en particulier respecter l’équilibre budgétaire et tenir compte de la crise économique mondiale actuelle. « Il est évident que beaucoup d’Israéliens ont du mal à joindre les deux bouts et que les écarts sociaux se creusent (...). Nous entendons abaisser le coût de la vie et réduire ces écarts. Pour cela, nous devons apporter un changement, un changement authentique », a-t-il plaidé. « Mais nous ne pouvons pas exagérer ni forcer toutes les limites pour dépenser à tout va en disant “après nous le déluge” », a prévenu le Premier ministre de droite. M. Netanyahu a nommé une commission dirigée par le professeur Manuel Trajtenberg, un économiste très respecté, pour examiner les options et présenter ses recommandations d’ici à septembre.
(Source : AFP)


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