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À La Une - Coopération

La grande bataille du retour aux sources des émigrés

Le retour des émigrés libanais et de leurs descendants au Liban fait figure d’une des grandes batailles modernes : la volonté est bien présente, mais les difficultés administratives se multiplient.

Autour du père Yaacoub Badaoui à l’issue de la messe célébrée en espagnol pour la fête de saint Charbel à Annaya.

Ce retour aux sources fait la une des discours politiques, surtout que le montant annuel des devises transférées annuellement au pays du Cèdre vient de dépasser huit milliards de dollars. D’où la nécessité de mettre en place des projets fiables à tous les niveaux, commerciaux, industriels, touristiques, scientifiques et sociaux, afin de faire profiter le Liban encore plus de cette manne exceptionnelle.
L’un des volets cachés de cette bataille, que nous avons découvert lors du voyage de jeunes Mexicains d’ascendance libanaise, venus à travers l’association Jomali effectuer un séjour culturel organisé par l’association RJLiban, du 15 juillet dernier au 3 août, est la force de leur volonté de retour, à laquelle s’ajoute celle de l’apprentissage de la langue arabe. Restera à faciliter les formalités d’obtention du passeport libanais, à permettre aux femmes libanaises de donner la nationalité à leurs enfants et à moderniser le système électoral en vue du vote à partir de l’étranger.

Première classe d’arabe dans l’histoire de l’émigration libanaise
Ce séjour de jeunes Mexicains trouve son importance dans le discours des hommes politiques libanais eux-mêmes, qui se plaignent de l’absence de cohésion au sein de l’administration, ce qui entrave la diffusion de la langue arabe auprès des émigrés et de leurs descendants dans le monde. C’est chose faite aujourd’hui, avec l’institution de ce voyage annuel destiné aux jeunes d’ascendance libanaise qui souhaitent découvrir le pays de leurs ancêtres sous un angle culturel. Ce séjour comprend 40 heures de cours de libanais dialectal, ce qui leur donne la possibilité de communiquer avec leurs compatriotes dans leur langue maternelle.
Leur motivation est d’autant plus grande que la majorité des parents, dès la naissance de leurs enfants, en France, au Mexique ou ailleurs, ont la hantise de les voir grandir en marge de leur culture d’origine. En l’absence d’écoles libanaises dans les pays de l’émigration, des sessions comme celle qui vient d’être réalisée au Liban s’avèrent indispensables, mais doivent être suivies par une pratique régulière facilitée par les moyens de communication actuels.

La revanche de l’histoire
Pour mieux comprendre la force du mouvement de retour aux sources, il faut noter que les grands-parents ou arrière-grands-parents de nos jeunes avaient fui le Liban dans des conditions difficiles, en raison de la guerre, de la famine et des persécutions. Les jeunes de la troisième ou quatrième génération, dont les parents ont réussi économiquement dans leurs patries d’adoption, sont ainsi avides de découvrir leur culture dont ils sont fiers. Ils ont hâte de rencontrer leurs familles dans leurs villages d’origine. Ils sont normalement bien accueillis, mais parfois des problèmes d’héritage se posent, provoquant la méfiance de certains cousins. Plus étonnant encore : nous avons reçu la demande de parents souhaitant que leurs adolescents effectuent une année complète d’immersion au Liban, pour apprendre les us et coutumes du pays.
Avec les jeunes Libano-Mexicains, dont quelques-uns étaient accompagnés de leur mère ou de leur grand-mère pour ce voyage d’initiation, la seconde moitié de la journée, après les cours, était consacrée aux visites des sites archéologiques traditionnels du Liban. Ces visites étaient organisées avec le concours du ministère du Tourisme qui a offert les billets d’entrée aux sites, des casquettes et des brochures en espagnol. Durant les deux week-ends au Liban-Sud et au Liban-Nord, des rencontres se sont déroulées dans les villages d’origine des voyageurs à Nabatiyeh (famille Sabbah), Jezzine (famille Gerala), Debbieh (famille Boustani), Broummana (famille Sidaoui), Aïntourin et Beit el-Bayeh à Zghorta (famille Naïmé).

Cours de langue, cuisine et dabké
Les cours de libanais dialectal en question étaient au cœur du programme et ont suscité l’intérêt de tous. Ils ont été dispensés par la professeure Samira el-Jorr, dont la pédagogie et l’enthousiasme ont séduit tous les élèves. Assidus, ils prenaient des notes avec les lettres de l’alphabet latin, mais ont appris à écrire leur nom en arabe. Quelques expressions ou proverbes libanais, inculqués par les grands-parents et récités avec des accents marqués, faisaient leur apparition par moments.
L’un des cours s’est déroulé au centre-ville devant les thermes romains, se terminant par une rencontre avec des journalistes. Un autre a eu lieu dans un restaurant de Baabdate où a été enseignée en libanais une recette de cuisine, celle du traditionnel tabboulé. Les premiers pas de danse en classe ont été suivis par des dabkés en direct en compagnie d’autres jeunes Libanais faisant la fête lors des concerts de Najwa Karam à Tyr et de Ragheb Alamé à Ehden, ainsi que dans les grandes boîtes de nuit beyrouthines. Quant à l’âge des participants, variant de 10 à 72 ans avec Habib Gerala et sa grand-mère Yolanda, la moyenne était de 25 ans.

Prochain voyage du 13 juillet au 1er août 2012
Rendez-vous est déjà pris pour l’année prochaine, du 13 juillet au 1er août 2012, avec une première semaine qui se déroulera dans la montagne libanaise, puis une deuxième à Beyrouth, entrecoupées par de courts séjours au Sud et au Nord du pays. Ce nouveau voyage de 20 jours et 19 nuits sera ouvert à tous les jeunes de l’émigration libanaise et a été présenté en anglais et en espagnol au congrès réunissant les responsables de l’ULCM, le 29 juillet au Liban.
La participation sera également ouverte aux amis du Liban de différentes nationalités. Nous avons en effet constaté, dans les milieux libanais de France et du Mexique, que nombreux sont ceux qui, sans avoir de racines libanaises, sont attachés à notre pays et à sa culture. Certains viennent régulièrement au Liban fêter l’été dans ce beau pays, d’autres en rêvent tout simplement.
Une solidarité sans égale permet à notre association de se développer depuis sa fondation à Paris il y a 25 ans, et de réussir dans sa mission de promotion du Liban. Tel a été le cas de l’équipe organisatrice de ce premier voyage de retour aux sources, avec les Mexicaines de pure souche Jaenia García et Maricruz Aguilar, toutes deux originaires de Puebla et grandes amoureuses du Liban, qui ont permis de promouvoir le voyage à travers le réseau Facebook s’ajoutant au site www.rjliban.com, et l’émission de tee-shirts à l’effigie des associations Jomali et RJLiban. Côté libanais, Samira el-Jorr, professeure, la guide hispanophone Marianne Fadel et le conducteur à la persévérance sans égale, Adib Hachem, ont entraîné le groupe de Libano-Mexicains de façon magistrale.
Grâce à l’équipe fondatrice résidant en France et se trouvant cet été à Beyrouth, ce voyage constitue une nouvelle base à l’action de RJLiban et sera suivi l’année prochaine d’un programme chargé : la réorganisation des archives de l’association, la préparation du second voyage de retour aux sources et le développement de l’annuaire en ligne des amis du Liban, élargissant le réseau à tous les continents.
Ce retour aux sources fait la une des discours politiques, surtout que le montant annuel des devises transférées annuellement au pays du Cèdre vient de dépasser huit milliards de dollars. D’où la nécessité de mettre en place des projets fiables à tous les niveaux, commerciaux, industriels, touristiques, scientifiques et sociaux, afin de faire profiter le Liban encore plus de cette manne exceptionnelle. L’un des volets cachés de cette bataille, que nous avons découvert lors du voyage de jeunes Mexicains d’ascendance libanaise, venus à travers l’association Jomali effectuer un séjour culturel organisé par l’association RJLiban, du 15 juillet dernier au 3 août, est la force de leur volonté de retour, à laquelle s’ajoute celle de l’apprentissage de la langue arabe. Restera à faciliter les formalités...
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