Les bureaux de la direction de la Société Générale à Paris. Eric PIERMONT/
Au terme d'une séance en yo-yo, les Bourses européennes ont terminé en nette hausse jeudi, soutenues par Wall Street et la remontée des valeurs bancaires. Au lendemain d'un effondrement de leurs indices, la Bourse de Paris a fini en hausse de 2,89%, celle de Francfort a gagné 3,28%, et celle de Londres 3,11%. Madrid a pris 3,56% à la clôture, Milan 4,10% et la Bourse suisse s'est envolée de 5,02%.
Les valeurs bancaires, responsables de la chute de la veille, se sont reprises après l'annonce d'une réunion mardi prochain entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel sur la réforme de la gouvernance de la zone euro.
Société Générale a notamment fini en hausse de 3,70% après sa chute spectaculaire de mercredi.
Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer est également monté au créneau pour rassurer sur "la solidité financière des banques françaises et la capacité de résistance dont elles ont fait preuve depuis le début de la crise".
La banque centrale européenne (BCE) continuait aussi à jouer les pompiers de la zone euro, à en croire l'envolée de ses prêts d'urgence aux banques la veille.
Autre nouvelle bien accueillie par les marchés: aux Etats-Unis, des chiffres sur l'emploi se sont révélés plus encourageants qu'attendu. Les nouvelles inscriptions au chômage ont en effet continué leur mouvement de baisse lors de la première semaine d'août, avec 395 000 dépôts de demandes.
La hausse s'accélérait également jeudi en début d'après-midi à la Bourse de New York, le marché confirmant son rebond après sa chute de la veille, emmené par les valeurs de la banque et de l'énergie: le Dow Jones gagnait 3,43% et le Nasdaq 3,91%. Vers 16h55 GMT, le Dow Jones Industrial Average prenait 367,52 points à 11.087,19 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 93,02 points à 2.474,07 points. L'indice élargi Standard & Poor's 500 avançait de 3,81% (ou 42,74 points) à 1.163,50 points.
Wall Street continuait d'enchaîner les montagnes russes sans répit apparent, après avoir signé la veille une troisième chute brutale en cinq séances.
La hausse de jeudi était emmenée par les valeurs financières et énergétiques, deux secteurs laminés dans la débâcle boursière. Au sein du Dow Jones, Bank of America reprenait 7,09% à 7,25 dollars et le pétrolier ExxonMobil 4,37% à 71,00 dollars.
En Asie, les investisseurs n'ont pas cédé jeudi à la panique. Tokyo a seulement perdu 0,63%. Hong Kong a baissé de 0,95%, alors que Shanghai a clôturé en hausse (+1,27%) et Sydney a fini à l'équilibre. Vers 12h00 GMT, le yen s'appréciait aussi nettement face au dollar et à l'euro, à 76,56 yens pour un dollar, et à 108,33 yens pour un dollar.
En ce qui concerne l'euro, il a fortement baissé face au billet vert, à 1,4150 dollar, tandis que le prix du pétrole reculait légèrement.
Devant les incertitudes, les investisseurs se tenaient éloignés de tous les placements financiers à risque. Ils leur préféraient des actifs plus sûrs. L'or, valeur refuge par excellence, crevait de nouveaux plafonds, dépassant les 1 800 dollars.
La chute boursière de l'été 2011 évoque chez les investisseurs le souvenir funeste de la crise financière de 2008 dont elle est la réplique, sur fond d'endettement des Etats qui paient le prix du sauvetage du système financier après la chute de Lehman Brothers. L'ampleur des variations n'atteint cependant pas encore les sommets de fin 2008.
Ce qui inquiète désormais ce sont les banques trop exposées à des pays dont la solvabilité laisse à désirer, les investisseurs en venant à se demander si le nouveau Lehman Brothers n'est pas un Etat endetté comme l'Espagne et l'Italie, voire les Etats-Unis.

