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Économie - Liban - Rapport

Le secteur de l’assurance échappera-t-il aux eaux troubles régionales et locales ?

Selon l’agence de notation américaine A.M.Best, les troubles régionaux n’ont pas occasionné d’impact majeur sur le marché de l’assurance au Liban, mais un ralentissement économique prolongé risque de plomber le secteur. Par ailleurs, l’agence a estimé que le pays du Cèdre et la Jordanie constituent les marchés les plus prometteurs de la région.
Selon un rapport de l’agence de notation américaine A.M.Best, spécialisée dans le secteur des assurances, la Jordanie et le Liban sont les deux principaux pays émergents sur le marché de l’assurance de la région du Levant. Malgré un taux de pénétration faible, les deux pays ont en effet un fort potentiel de croissance, a noté l’agence, indiquant que le total des primes d’assurance au Liban pèse seulement à hauteur de 3 % du PIB à l’heure actuelle.
Le rapport, repris par le Lebanon Weekly Monitor de Bank Audi, a mis à cet égard l’accent sur certains points forts de ces deux marchés susceptibles de favoriser leur croissance, soulignant, entre autres, que le marché libanais de l’assurance a traditionnellement été un vivier régional – plusieurs assureurs libanais détenant des réseaux dans les pays voisins. De même que le secteur libanais n’a cessé de croître depuis la fin des années 90, avec une croissance plus soutenue ces dernières années, due à une embellie économique, a ajouté le rapport.
Plus récemment, l’augmentation de l’offre de crédits bancaires, notamment les crédits auto, a provoqué une demande accrue au niveau des assurances, a noté A.M.Best. L’assurance obligatoire pour l’indemnisation des travailleurs ainsi que celle imposée aux automobilistes pour les prémunir contre les dommages corporels occasionnés aux partis tiers ont également aidé à une croissance plus soutenue du secteur ; pour la seule année 2010, le total des primes d’assurance s’est établi à 1 750 milliards de livres libanaises (soit environ 1,16 milliard de dollars) avec une croissance du segment des assurances hors assurance-vie particulièrement forte, variant entre 13,6 et 17,5 %, sur la période 2007-2010.
De plus, malgré le fait que le segment de l’assurance-vie reste relativement faible au Liban (0,9 % du PIB), il demeure plus développé que dans d’autres pays de la région, y compris la Jordanie. Le marché compte en effet pour 29 % du total des primes, selon les chiffres de 2009, a indiqué à cet effet le rapport.

Les défis majeurs, entre troubles régionaux et forte concurrence
A.M.Best a, par ailleurs, évoqué les récents troubles apparus dans la région du Moyen-Orient, soulignant que les bouleversements survenus en début d’année n’ont pas affecté dans une large mesure le secteur local de l’assurance, mais qu’un ralentissement économique représenterait un défi pour de nombreux assureurs libanais – lequel défi serait exacerbé par la forte concurrence caractérisant déjà le marché. L’agence américaine a mis l’accent à cet égard sur le problème que pose la forte compétition sur le marché local, où 52 compagnies nationales ou internationales opèrent actuellement. Tout en indiquant qu’une consolidation « mineure » a eu lieu au cours des dernières années (le nombre d’assureurs dépassait les 60 avant 2011), le rapport a souligné la difficulté à procéder à davantage de consolidation, en raison notamment de la structure familiale des compagnies locales d’assurances.
La compétition intense mène en outre à des coûts d’acquisition plus élevés, ce qui rend le processus de consolidation encore plus ardu, selon A.M.Best. De plus, les acquisitions doivent désormais être considérées dans un contexte d’expansion régionale et non d’implantation uniquement au Liban, a noté le rapport, faisant allusion à la dernière opération d’acquisition menée par le Zurich Financial Services Group qui s’est élargi au niveau régional par l’achat de la Compagnie libaw naise d’assurances. Celle-ci possédait en effet des branches au Koweït, à Oman ainsi qu’aux Émirats arabes unis (EAU).
À ce sujet, A.M.Best a souligné que les compagnies internationales cherchaient notamment à profiter du réseau régional des compagnies locales, estimant que celles-ci n’étaient pas particulièrement intéressées par une implantation au Liban, en raison de la petite taille du marché libanais.

La réassurance encore sous-développée
Par ailleurs, le rapport de A.M.Best a évoqué l’activité de réassurance au Liban, soulignant que celle-ci était moins développée sur le marché local que dans le reste des pays du Moyen-Orient. L’agence américaine a imputé ce faible essor au fait que les segments vie et risques personnels sont les moins réassurés sur le plan local. En 2009, seul 1 % des primes obligatoires du secteur automobile – qui représente à lui seul 28 % du total des primes d’assurance au Liban – a été réassuré, et seuls 19 % des primes du secteur médical – qui compte pour 25 % du poids du secteur – ont été réassurés, a précisé le rapport.
Selon un rapport de l’agence de notation américaine A.M.Best, spécialisée dans le secteur des assurances, la Jordanie et le Liban sont les deux principaux pays émergents sur le marché de l’assurance de la région du Levant. Malgré un taux de pénétration faible, les deux pays ont en effet un fort potentiel de croissance, a noté l’agence, indiquant que le total des primes d’assurance au Liban pèse seulement à hauteur de 3 % du PIB à l’heure actuelle.Le rapport, repris par le Lebanon Weekly Monitor de Bank Audi, a mis à cet égard l’accent sur certains points forts de ces deux marchés susceptibles de favoriser leur croissance, soulignant, entre autres, que le marché libanais de l’assurance a traditionnellement été un vivier régional – plusieurs assureurs libanais détenant des réseaux dans les pays...
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