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Moyen Orient et Monde - Révolte

L’armée syrienne et les chabbiha prennent d’assaut Deir ez-Zor et Houlé

Au moins 60 civils ont trouvé la mort hier ; Moallem promet des élections législatives « libres et transparentes » avant la fin de l’année.

À Idlib, des centaines de manifestants assistent aux funérailles de protestataires, selon cette photo tirée de Youtube.

L’armée a une nouvelle fois hier choisi l’option sécuritaire pour mater dans le sang la contestation, en envoyant les chars à l’assaut de Deir ez-Zor, faisant au moins 42 morts, selon Abdel Karim Rihaoui, le chef de la Ligue syrienne des droits de l’homme. Outre les morts, « plus de 100 autres ont été blessés par les tirs des forces armées et de la sécurité lors d’opérations militaires. 28 personnes ont trouvé la mort dans le quartier de al-Joura, et 14 autres dans celui de Houeiqa », a précisé M. Rihaoui. « Des milliers de personnes ont fui cette ville depuis le matin vers Hassaké » plus au nord, a-t-il ajouté. Les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent les manifestants antirégime, ont fait état de leur côté de « 42 civils tués à Deir ez-Zor par les tirs de la sécurité et des forces armées », sur leur page Facebook, confirmant le bilan. « Des tireurs des bandes d’Assad sont postés sur les toits de plusieurs édifices à Deir ez-Zor et tirent sur tout ce qui bouge », ont-ils écrit. L’armée a pénétré dans neuf quartiers de Deir ez-Zor et de « très fortes explosions » ont été entendues, ont indiqué les LCC et Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) selon qui quelque 250 chars et transports de troupes blindés participent à l’offensive. Des opposants ont rapporté de leur côté que les forces de sécurités ont mitraillé des réservoirs d’eau.
Le gouvernement a affirmé, quant à lui, que l’attaque n’avait pas eu lieu. Selon l’agence officielle SANA, « pas un seul char n’est entré dans Deir ez-Zor » et les informations signalant la présence de chars dans la ville seraient « le fait de chaînes satellites provocatrices ».
Par ailleurs, quelque 25 chars et transports de troupes ont pénétré hier matin à Houlé, près de Homs, et procédé à des opérations militaires qui ont fait aux moins « dix morts », selon M. Rihaoui. Des militants ont en outre indiqué sur la page Facebook SNN que des perquisitions ont eu lieu à Houlé et que les plus de 18 ans ont été arrêté.
La télévision publique a pour sa part montré « une grande quantité d’armes et de munitions » saisies selon elle dans un camion intercepté à la frontière libanaise au point de passage de Dabboussyé, dans le gouvernorat de Homs. Cette ville a été à la pointe de la révolte antigouvernementale depuis qu’elle a débuté, le 15 mars. L’armée y a été dépêchée il y a deux mois pour tenter de faire taire les manifestants. Des opposants ont toutefois indiqué sur SNN que l’armée s’est retirée de la ville de Tayba, dans le district de Homs.
À Hama, les forces de sécurité ont perquisitionné plusieurs maisons, arrêtant des dizaines de jeunes hommes alors que le réseau de téléphonie mobile refonctionnait partiellement.
Toujours selon des militants, les forces de sécurité ont placé des caméras de surveillance dans les mosquées de la ville de Jassem. Dans le même temps, plus de 200 médecins ont protesté à l’hôpital universitaire d’Alep contre les violences. Al-Arabiya a par ailleurs rapporté que l’armée a arrêté plusieurs médecins qui tentaient de soigner des protestataires blessés.
Les militants, qui manifestent habituellement à la sortie de la prière musulmane du vendredi, ont promis de faire de « chaque jour un vendredi » pendant le ramadan, organisant des défilés nocturnes après la prière quotidienne des tarawih. Une manifestation a d’ailleurs débuté hier soir à Baraza dans la banlieue de Damas, suivie par des manifestation monstres à Hasaka, Homs, Jassem, Saida, Idlib, Zabadani, Alep, Enkhel, Rastan, Lattaquié, Amouda, notamment.
Samedi soir, ils étaient déjà descendus dans les rues de Lattaquié, Deir ez-Zor, Homs, al-Rastan, Saraqeb, et Deraa. Dans plusieurs quartiers de Damas, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestations, tandis que deux personnes ont succombé hier à leurs blessures après avoir été touchées par des tirs des forces de sécurité lors de manifestations massives samedi soir à Idleb, ont indiqué des militants. Les forces de sécurité syriennes ont par ailleurs arrêté Walid al-Bounni, l’un des opposants les plus en vue à Damas, et ses deux fils, à son domicile dans la banlieue de Damas, a annoncé M. Rahmane.
La sanglante répression de ce soulèvement se poursuit en dépit de promesses répétées de réformes par le régime. Le ministre des Affaires étrangères Walid Moallem a assuré que des élections législatives « libres et transparentes » auraient lieu avant la fin de l’année. « Pour le pouvoir syrien, la voie du règlement de la crise actuelle est celle du dialogue national », a-t-il affirmé, fustigeant la « position négative de l’opposition ».
(Sources : agences et rédaction)
L’armée a une nouvelle fois hier choisi l’option sécuritaire pour mater dans le sang la contestation, en envoyant les chars à l’assaut de Deir ez-Zor, faisant au moins 42 morts, selon Abdel Karim Rihaoui, le chef de la Ligue syrienne des droits de l’homme. Outre les morts, « plus de 100 autres ont été blessés par les tirs des forces armées et de la sécurité lors d’opérations militaires. 28 personnes ont trouvé la mort dans le quartier de al-Joura, et 14 autres dans celui de Houeiqa », a précisé M. Rihaoui. « Des milliers de personnes ont fui cette ville depuis le matin vers Hassaké » plus au nord, a-t-il ajouté. Les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent les manifestants antirégime, ont fait état de leur côté de « 42 civils tués à Deir ez-Zor par les tirs de la sécurité et des...
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