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Économie - Change

Le franc suisse : un danger pour l’économie helvétique ?

Une monnaie forte risque plus de nuire que de profiter à la Confédération.

Avec son économie solide, un gouvernement stable et un faible taux d’endettement, la Suisse réunit tous les ingrédients pour faire du franc une solide valeur refuge. Mais paradoxalement, cette situation risque plus de nuire que de profiter à la Confédération.
Le franc « est de loin surévalué », affirme Claude Maurer, économiste à Credit Suisse. Selon ce dernier, la différence de taux d’intérêt entre la Suisse et l’Union européenne fait perdre aux investisseurs environ 1,5 % de revenus par an, « juste pour être certains que leur argent est placé en sécurité » dans la Confédération.
« La seule véritable raison pour acheter du franc suisse est l’aversion au risque », insiste-t-il.
Ce phénomène, amplifié par la crise de la dette publique et les craintes concernant la conjoncture mondiale, a fait inexorablement grimper le franc. Depuis le début de l’année, la monnaie helvétique a pris 13 % face à l’euro et 18 % face au dollar.
Selon Jan-Egbert Sturm, responsable de l’institut de recherche économique KOF, les investisseurs placent leur argent en franc suisse, parce que les autres devises « risquent tout simplement de subir un défaut (de paiement de dette publique) d’une manière ou d’une autre ».
« Les investisseurs acceptent des primes d’assurance plus élevées. Lorsque vous voyez arriver une tornade, vous êtes prêt à payer des primes d’assurance plus élevées », a souligné Christian Gattiker, chef stratégiste à Julius Baer.
Mais la force du franc risque à terme de nuire à l’économie suisse.
Les exportateurs helvétiques voient ainsi leurs marges et leur compétitivité se réduire au fur et à mesure que le franc grimpe. La majorité des sociétés suisses a déjà publié des résultats trimestriels ayant souffert du renchérissement du franc.
Face à cette situation, la Banque nationale suisse (BNS, banque centrale) a décidé mercredi de resserrer ses taux directeurs et de mettre à disposition des liquidités pour enrayer la progression de sa monnaie. Avec un succès mitigé, puisque le franc évoluait vendredi toujours à un niveau élevé de 1,0802 CHF/EUR.
Mais cette mesure risque d’être insuffisante pour faire relâcher la pression sur les entreprises helvétiques.
« Si la situation ne s’améliore pas en Europe, cela risque d’être dramatique pour la Suisse à long terme », a averti Arturo Bris, professeur de finances à l’IMD de Lausanne.
Paradoxalement, un ralentissement économique dans la Confédération serait à même de relâcher la pression sur le franc.
« Ce qui risque de jouer en faveur de la BNS est le risque grandissant de récession de l’économie suisse en 2012 », estime M. Gattiker.
Pourtant, un ralentissement conjoncturel ne devrait pas dégonfler rapidement le franc, qui ne va pas retrouver son cours d’il y a un an, à 1,40 CHF/EUR. La devise helvétique risque même de franchir la parité avec la monnaie unique européenne, a-t-il souligné.
         (Source : AFP)
Avec son économie solide, un gouvernement stable et un faible taux d’endettement, la Suisse réunit tous les ingrédients pour faire du franc une solide valeur refuge. Mais paradoxalement, cette situation risque plus de nuire que de profiter à la Confédération.Le franc « est de loin surévalué », affirme Claude Maurer, économiste à Credit Suisse. Selon ce dernier, la différence de taux d’intérêt entre la Suisse et l’Union européenne fait perdre aux investisseurs environ 1,5 % de revenus par an, « juste pour être certains que leur argent est placé en sécurité » dans la Confédération.« La seule véritable raison pour acheter du franc suisse est l’aversion au risque », insiste-t-il.Ce phénomène, amplifié par la crise de la dette publique et les craintes concernant la conjoncture mondiale, a fait...
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