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Moubarak plaide non coupable

Au premier jour de son procès, l'ex-raïs est apparu couché dans une civière placée dans une "cage" métallique où se trouvait également ses co-accusés.

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak est entré sur une civière dans la cage des accusés à l'école de police du Caire au premier jour de son procès, selon des images diffusées par la télévision d'Etat.

Le président égyptien déchu Hosni Moubarak, 83 ans, est apparu pour la première fois publiquement depuis sa démission le 11 février couché sur une civière, à l'ouverture de son procès ce matin au Caire. Pâle, vêtu de blanc, il a parlé à ses fils Alaa et Gamal, calmes et eux aussi habillés en blanc, la tenue réglementaire des prévenus n'ayant pas encore été condamnés. Le procès se tient dans l'enceinte de l'école de police, dans la banlieue du Caire. Les prévenus, le président, ses fils, mais aussi l'ex-ministre de l'Intérieur Habib el-Adli ainsi que six hauts responsables de la police, ont été installés dans un box grillagé et muni de barreaux. L'homme d'affaires Hussein Salem, un proche des Moubarak, sera lui jugé par contumace.

Les fils du président déchu, Gamal and Alaa Moubarak à l'ouverture de leur procès au Caire.

Les fils du président déchu, Gamal and Alaa Moubarak dans un box grillagé et muni de barreaux à l'ouverture de leur procès au Caire. Photo diffusée par la télévision d'État

 

Le président du tribunal pénal du Caire, Ahmed Refaat, a demandé "un silence total" pendant l'audience, en menaçant d'expulser de la salle d'audience toute personne allant à l'encontre de ses instructions.

Le procès de M. Moubarak, qui avait été transféré par avion quelques heures plus tôt de Charm el Cheikh, a été diffusé en direct à la télévision d'Etat.

Cinq mois après le soulèvement qui a mis fin à ses 30 ans de règne autoritaire, l'ex-président a comparu pour corruption et pour meurtres. S'il est reconnu coupable de meurtre, il risque la peine de mort. Les prévenus sont tous accusés d'avoir détourné des millions de dollars d'argent public et d'avoir ordonné le meurtre de manifestants anti-régime pendant le soulèvement populaire de janvier-février, qui a fait près de 850 morts et abouti à la chute de Hosni Moubarak.

"Je rejette entièrement toutes ces accusations", a déclaré l'ancien chef d'Etat lors de cette première audience. Ses deux fils, Jamal et Alaa, qui tenaient dans leurs mains des copies du Coran, ont fait de même.

Le procureur avait auparavant estimé que l'ancien "raïs" avait "eu l'intention de tuer de nombreux manifestants dans plusieurs gouvernorats qui protestaient pacifiquement contre la détérioration de leurs conditions de vie". Il a accusé Moubarak d'avoir autorisé l'ancien ministre de l'Intérieur, Habib al Adli, de tirer à balles réelles sur les manifestants.

Les avocats Habib al Adli ont, de leur côté, demandé à entendre en tant que témoin le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui. "Nous demandons à entendre le Conseil de sécurité national, l'ancien gouvernement et les dirigeants politiques et nous souhaitons également que soient convoqués le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui et le général Omar Souleimane pour les interroger", a dit l'un des avocats d'Adli. Mohamed Hussein Tantaoui, qui dirige le CSFA, a été pendant vingt ans le ministre de la Défense de Moubarak. Omar Souleimane, ancien chef des services de renseignements égyptiens, a été nommé vice-président par Hosni Moubarak fin janvier.

La Cour dans laquelle a eu lieu, mercredi, la première séance du procès de Moubarak

La Cour du Tribunal dans laquelle a eu lieu, mercredi, la première séance du procès de Moubarak. Photo diffusée par la télévision d'Etat.

 

Quelques heures plus tard, le procès de Moubarak et de ses deux fils a été reporté au 15 août. Une autre audience est prévue pour demain jeudi pour examiner les accusations portées contre l’ancien ministre de l’Intérieur Habib el-Adli. D'ici-là, le "raïs" déchu restera en détention dans un hôpital des environs du Caire. Le président du Tribunal militaire a également décidé que l'ancien chef de l'Etat devrait assister aux prochaines audiences, de même que ses co-accusés.

Plus d'un millier de policiers et de soldats ont été déployés aujourd'hui pour assurer la sécurité du bâtiment où s'est tenue la preière audience. Près de 600 personnes -avocats, familles des victimes, journalistes- ont été autorisées à assister au procès.

L'ancien chef d'Etat était jusque là en détention à l'hôpital international de Charm el-Cheikh, où il était soigné pour des problèmes cardiaques. Pendant plusieurs semaines, il semblait entendu que l'ex-président allait être jugé dans cette station balnéaire, jusqu'à ce que le ministère de la Justice annonce, la semaine dernière, qu'il serait transféré au Caire. Son avocat, Farid al-Dib, va arguer que M. Moubarak est trop malade pour être jugé et qu'il n'a pas autorisé la répression brutale des manifestants. M. al-Dib a assuré que M. Moubarak souffrait d'un cancer et, la semaine dernière, qu'il était dans le coma, ce que l'hôpital a démenti. L'un de ses médecins a affirmé à l'AFP qu'il était dans un état relativement stable mais qu'il était faible, car il refuse de s'alimenter, et très déprimé.

 

Le président égyptien déchu Hosni Moubarak, 83 ans, est apparu pour la première fois publiquement depuis sa démission le 11 février couché sur une civière, à l'ouverture de son procès ce matin au Caire. Pâle, vêtu de blanc, il a parlé à ses fils Alaa et Gamal, calmes et eux aussi habillés en blanc, la tenue réglementaire des prévenus n'ayant pas encore été condamnés. Le procès se tient dans l'enceinte de l'école de police, dans la banlieue du Caire. Les prévenus, le président, ses fils, mais aussi l'ex-ministre de l'Intérieur Habib el-Adli ainsi que six hauts responsables de la police, ont été installés dans un box grillagé et muni de barreaux. L'homme d'affaires Hussein Salem, un proche des Moubarak, sera lui jugé par contumace.

Les fils du président déchu, Gamal and Alaa Moubarak dans un box grillagé...
commentaires (2)

- C'est une honte pour toute l'Egypte et pour tous les arabes. Une telle place et une telle situation devraient être réservées à tous les autres despotes sanguinaires, qui tuent leurs peuples à la pelle. Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

09 h 27, le 03 août 2011

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Commentaires (2)

  • - C'est une honte pour toute l'Egypte et pour tous les arabes. Une telle place et une telle situation devraient être réservées à tous les autres despotes sanguinaires, qui tuent leurs peuples à la pelle. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    09 h 27, le 03 août 2011

  • - - Cette image horrifiante d'un Président sur une civière dans une cage , lui qui a accepté de quitter le pouvoir pour ne pas laisser le sang couler , ce président qui a passé toute sa vie au service de son pays , qui lui a toujours voulu le meilleur , qui l'a hissé au meilleur niveau de son histoire pendant toutes ces années au pouvoir , le voir rentrer en l'exposant sur une civière dans une cage d'un tribunal , qui n'est autre que le tribunal du plus fort !! est une HONTE et restera une malédiction pour ce pays et ce peuple ingrat , qui ne mérite que ce qu'il a aujourd'hui et ne changera pas demain , ni après demain , ni jamais .

    JABBOUR André

    05 h 32, le 03 août 2011

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