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À La Une - Contestation

"La Syrie est en sang"...

Au moins 136 tués à travers le pays ; Obama, "horrifié", veut isoler Assad.

Fuir... seule option pour les habitants de Hama qui ont vu, seulement dimanche, presque une centaine de civils tomber... Photo YouTube via Reuters TV

Une centaine de personnes ont été tuées dimanche et des dizaines d'autres blessées lors d'une vaste offensive de l'armée à Hama, ville rebelle du centre de la Syrie, pour "l'une des journées les plus sanglantes" depuis le début de la révolte mi-mars, selon des militants. "Cent civils ont été tués dimanche à Hama par des tirs des forces de sécurité qui accompagnaient l'armée lorsqu'elle a pénétré en force dans la ville de Hama", a déclaré Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne de défense des droits de l'Homme (LSDDH). Cinq personnes sont mortes à Homs (centre) quand des habitants sont descendus dans la rue en soutien à Hama, située juste au nord. Et il y a eu trois morts dans la province d'Idleb (nord-ouest), a-t-il ajouté. Ammar Qourabi, président de l'Organisation nationale des droits de l'Homme, a annoncé également que 19 personnes avaient été tuées à Deir Ezzor (est), six à Harak (sud) et une à Boukamal (est).
Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a aussi fait état de deux morts deux à Sourane, près de Hama, ce qui porte le bilan total à 136 morts. "C'est l'un des jours les plus sanglants" depuis le début de la révolte le 15 mars, a-t-il déclaré. "L'armée est entrée aux environs de 06h00 (03h00 GMT) à proximité de la mosquée al-Serjaoui et aux environs de la caserne", a raconté un habitant de Hama, à 210 km au nord de Damas, joint par téléphone par l'AFP, tandis que plusieurs témoins ont signalé la présence de chars et de véhicules blindés.
L'agence officielle Sana, qui impute depuis le début les troubles à des bandes armées, a annoncé que deux militaires avaient été tués "par des groupes armés à Hama", qui ont "incendié des postes de police" et ont "dressé des barrages dans les rues". L'agence cite également un habitant non identifié: "Des dizaines d'hommes organisés en bandes armées sont actuellement postés sur les toits des principaux bâtiments de la ville, ils ont des fusils mitrailleurs et ils effraient la population en tirant sans arrêt".

"La Syrie est en sang", ont dénoncé les militants du site internet "Syrian Revolution 2011", moteur de la contestation, appelant à des "manifestations de représailles" dimanche soir à la sortie des mosquées après les "Tarawih", les prières nocturnes pendant le ramadan qui commence dans la soirée.

 

Photo d'une vidéo postée par des militants et diffusée par S.N.N montre un des chars de l'armée syrienne qui ont investi, dimanche, la ville de Hama. Reuters

 

Cette ville, dans le centre de la Syrie, a été le théâtre de certaines des plus grandes manifestations de la contestation qui a débuté à la mi-mars. C'est aussi une ville-martyre dans l'histoire récente de la Syrie: en 1982, des milliers de personnes y avaient été tuées par l'armée syrienne lors de la répression d'un soulèvement islamiste ordonnée par le père de Bachar el-Assad, Hafez. Certaines estimations avancent un bilan de 30 000 morts. Vendredi, "plus de 500 000 personnes ont participé aux manifestations" dans la ville, selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui a ajouté que l’imam qui dirigeait les prières "a appelé à la chute du régime, au refus du confessionnalisme et à l’union nationale". Le militant n’a pas fait état de violences ce jour-là.

 

 

Condamnations internationales

 

L'opération syrienne dans la ville de Hama a provoqué un tollé de condamnations internationales. Le président américain Barack Obama s'est dit "horrifié" par l'offensive et a assuré que Washington continuerait à maintenir le régime de Bachar el-Assad sous pression. Dans un communiqué, M. Obama a rendu hommage aux manifestants "courageux" et expliqué que la Syrie serait "un endroit meilleur lorsqu'une transition vers la démocratie se mettra en place". "Les informations en provenance d'Hama sont épouvantables et montrent le vrai caractère du régime syrien", a dit le président américain. "Dans les jours à venir, les États-Unis vont continuer à augmenter la pression sur le régime syrien et à collaborer avec d'autres pays pour isoler le gouvernement Assad et se tenir aux côtés du peuple syrien", a encore écrit M. Obama.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s'est de même déclaré "consterné" par les informations faisant état de "dizaines de morts", après l'assaut lancé par les forces syriennes sur la ville rebelle d'Hama. "Une telle action contre des civils qui ont manifesté en masse et pacifiquement dans la ville pendant plusieurs semaines n'a aucune justification", a souligné le ministre dans un communiqué. Le président Assad "se trompe s'il croit que l'oppression et la force militaire mettront fin à la crise dans son pays", a poursuivi M. Hague qui a demandé au chef de l'État syrien "d'arrêter maintenant cette agression contre son propre peuple". Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, n'a pas tardé à suivre, se diant "profondément choqué" par l'offensive militaire syrienne à Hama. "Le gouvernement allemand demande au président Assad de mettre immédiatement fin aux violences contre les manifestants pacifistes" et si ce dernier "ne se montre pas prêt à changer de méthodes, nous prendrons de nouvelles sanctions avec nos partenaires européens", a-t-il ajouté.

Comme ses homologues, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a condamné "avec la plus extrême fermeté" la poursuite de la répression en Syrie, "particulièrement inacceptable en cette veille du mois de ramadan". "Plus que jamais, dans ce contexte effroyable, la France souhaite que le Conseil de sécurité des Nations unies prenne ses responsabilités en s'exprimant fortement et clairement, comme l'a fait à plusieurs reprises le Secrétaire général des Nations unies", a conclu le ministre.

Le porte-parole de l'ambassade des États-Unis à Damas a à son tour accusé le régime Assad de livrer "une guerre totale" contre sa propre population. "C'est un acte de désespoir. Les autorités pensent pouvoir perpétuer leur règne en déclenchant une guerre armée totale contre leurs propres ressortissants", a déclaré J.J. Harder, joint par téléphone par l'agence Reuters.

Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a également qualifié d'"acte horrible" de répression contre les civils l'offensive de l'armée syrienne à Hama, et appelé Damas à cesser toute violence à l'encontre des civils. Le chef de la diplomatie italienne cité par l'agence italienne ANSA a appelé le régime du président syrien syrien à s'engager dans un large dialogue avec l'opposition.

De son côté, la Turquie a demandé au régime syrien d'arrêter ses attaques meurtrières contre les civils et d'avoir recours à des méthodes pacifiques pour faire face à la contestation dans le pays. La Turquie "a suivi de près et avec patience" l'évolution de la situation au cours des derniers mois en Syrie, déclare le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé par l'agence Anatolie. "Alors que la Turquie s'attendait à ce que la Syrie créé les conditions d'un climat pacifique pendant le mois de Ramadan, elle est attristée et déçue, de même que l'ensemble du monde musulman, par les développements qu'elle observe à la veille du saint mois de Ramadan", déplore le communiqué.

Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a dénoncé un "massacre" à Hama et a appelé Damas à procéder à la passation du pouvoir. "L'utilisation d'armes lourdes et le massacre de civils innocents ne peuvent être justifiés. Le régime syrien et la hiérarchie militaire doivent le comprendre", a-t-il ajouté.

Une centaine de personnes ont été tuées dimanche et des dizaines d'autres blessées lors d'une vaste offensive de l'armée à Hama, ville rebelle du centre de la Syrie, pour "l'une des journées les plus sanglantes" depuis le début de la révolte mi-mars, selon des militants. "Cent civils ont été tués dimanche à Hama par des tirs des forces de sécurité qui accompagnaient l'armée lorsqu'elle a pénétré en force dans la ville de Hama", a déclaré Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne de défense des droits de l'Homme (LSDDH). Cinq personnes sont mortes à Homs (centre) quand des habitants sont descendus dans la rue en soutien à Hama, située juste au nord. Et il y a eu trois morts dans la province d'Idleb (nord-ouest), a-t-il ajouté. Ammar Qourabi, président de l'Organisation nationale des droits de l'Homme,...
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