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À La Une - Photographie

Voyage au bout de la nuit beyrouthine

Pour immortaliser Beyrouth, Giulio Rimondi* a choisi la nuit. Non pas la nightlife rutilante des rooftop bars de la jeunesse « posh », ni celle des bars enfumés underground des « bobos ». Son Beyrouth à lui, c’est l’autre, celle des ruelles plongées dans le noir. Celle des bâtisses errantes et des âmes délabrées...

Contraste clair-obscur pour ce portrait de couple impromptu.

Giulio Rimondi est, comme son patronyme chantant l’indique un peu, un Italien de pure souche. De longs cheveux lisses tirés en queue de rat, visage de félin, une sensibilité à fleur de peau, un humanisme qui transparaît à chacune de ses phrases. À chacune de ses photographies.
Il est né à Bologne, en 1984. Après un diplôme de littérature, il se lance dans un voyage le long des côtes méditerranéennes pour alimenter son projet photographique intitulé «Mediterraneum». Puis, c’est vers les paysages spectaculaires d’Afrique et d’Amérique du Sud qu’il pointe son objectif. Il réalise également des reportages sociaux pour le New York Times, Le Monde et Repubblica. Il enchaînera par la suite de nombreuses expositions (solo et collectives) en Italie, France et Argentine. En 2009, il remporte l’Iceberg pour la photographie documentaire et le Prix spécial pour la photographie d’art.
Sa première visite à Beyrouth remonte à trois ans. Le premier jour, il se souvient, il s’était rendu au camp de Chatila. Armé de son appareil Leica, il a parcouru les ruelles, rencontré des gens et pris de nombreuses, très nombreuses photographies. Puis, guidé par sa sœur étudiante à l’AUB, il se trouve immergé dans la vie nocturne beyrouthine. Rencontre ses excès, ses luxes et ses luxures. Puis un soir où il avait pris un drink de moins, il rencontre l’autre Beyrouth. La ville des solitaires, qui s’habille de noir quand la nuit tombe. De ses errances nocturnes, il ressortira ému, touché, l’âme raplapla. À la gare Charles Hélou, «site magnifique», à Mar Mikhaël, à Clemenceau... Ses reproductions noires, touchées par un blanc presque irréel, sont poignantes, touchantes, solitaires.
L’artiste soulève un rideau, plutôt habilement, sur ce pan de Beyrouth que chacun de nous connaît, mais ne voit pas vraiment. En tout cas pas de la même manière que cet artiste fin lettré, qui présente ses clichés à l’espace Kettaneh Kunigk en petit format, et même une série en miniature, encadrés dans du bois noir. Ces images ont également fait l’objet d’un ouvrage éponyme, Beirut Nocturne, publié par Charta, en collaboration avec Leica.
Réalisé entre l’automne 2009 et le printemps 2010, cet ouvrage serait né de l’amitié et de la collaboration entre le jeune artiste-reporter et le poète libanais Christian Ghazi. «L’intention est celle de construire une liaison unique entre image et texte, pour créer une nouvelle forme de didascalie poétique dans laquelle les vers se mélangeraient avec le grain dense des photos, tout en rythmant les thèmes et les sections du livre», précise Rimondi qui ne cache pas son admiration pour le photographe libanais Fouad el-Koury, dont l’œuvre a inspiré la présente exposition.
Après le noir de Beyrouth nocturne, Giulio Rimondi, qui partage son temps entre ici et l’Italie, s’attelle à un projet baigné de lumière, «l’heure blanche en Algérie». Après la nuit, vient le «bianco».

* «Beirut Nocture», exposition de photos à l’espace Kettaneh Kunigk (Tanit), au centre Gefinor, bloc E, Clemenceau. Du lundi au vendredi, de 11h00 à 17h00. Tél.: 01/738706.
Giulio Rimondi est, comme son patronyme chantant l’indique un peu, un Italien de pure souche. De longs cheveux lisses tirés en queue de rat, visage de félin, une sensibilité à fleur de peau, un humanisme qui transparaît à chacune de ses phrases. À chacune de ses photographies. Il est né à Bologne, en 1984. Après un diplôme de littérature, il se lance dans un voyage le long des côtes méditerranéennes pour alimenter son projet photographique intitulé «Mediterraneum». Puis, c’est vers les paysages spectaculaires d’Afrique et d’Amérique du Sud qu’il pointe son objectif. Il réalise également des reportages sociaux pour le New York Times, Le Monde et Repubblica. Il enchaînera par la suite de nombreuses expositions (solo et collectives) en Italie, France et Argentine. En 2009, il remporte l’Iceberg pour la...
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