Le chef d'état-major turc, le général Isik Kosaner. Umit Bektas./
Outre le général Kosaner, qui avait été nommé pour trois ans en 2010 au poste de chef d'état-major, les commandants des armées de terre, air et mer ont quitté leur poste, ce qui constitue une première en Turquie, pays membre de l'Otan, ont indiqué les chaînes d'information NTV et CNN-Türk. L'agence semi-officielle Anatolie a précisé de son côté que le chef d'état-major et ses commandants ont demandé leur départ à la retraite.
Quarante-deux généraux et plusieurs dizaines d'officier d'active ou à la retraite sont actuellement incarcérés dans le cadre de divers complots présumés visant à renverser le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir depuis 2002. L'armée souhaiterait que ces militaires puissent a priori bénéficier d'une promotion, même s'ils sont en prison dans l'attente de la fin de leur procès, tandis que le gouvernement voudrait qu'ils partent en retraite. Plusieurs réunions ont été tenues ces derniers jours entre le chef d'état-major, le général Isik Kosaner, et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avant une réunion, début août, du Conseil militaire suprême (YAS) qui décide des nominations dans la hiérarchie militaire. L'an dernier, s’appuyant sur l'offensive judiciaire anti-complot, les membres civils du YAS, (en particulier le Premier ministre), avaient bousculé la routine habituelle des promotions. Sans aller jusqu’à imposer leurs choix aux militaires, ils avaient refusé de promouvoir ceux d’entre eux qui sont impliqués dans des affaires de complot, ce qui avait entraîné un retard dans la nomination du chef d'état-major actuel.
La décision des généraux de quitter leur poste est hautement symbolique en Turquie où l'armée a été affaiblie depuis 2007 avec le lancement de plusieurs enquêtes sur des projets de complot visant le parti gouvernemental.
L'arrivée en 2002 au gouvernement de l'AKP, qui a remporté les élections législatives et juin dernier et parti pour une troisième législature d'affilée, avait fait redouter à une partie de l'opinion et à l'armée une remise en cause de la laïcité.


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