Cette annonce marque un durcissement de la stratégie de l’OTAN, bien décidée à prendre l’avantage après quatre mois de raids aériens qui n’ont pas réussi à briser la résistance des troupes fidèles au régime de Tripoli. Lundi, le plus haut gradé américain, l’amiral Michael Mullen, avait reconnu, lors de sa dernière conférence de presse avant son départ à la retraite, que l’OTAN était actuellement dans une « impasse » en Libye. Pour autant, les raids de l’OTAN « ont considérablement amoindri » les forces du colonel Kadhafi et constitué « une pression supplémentaire » sur elles, avait-il relevé. « À long terme, je pense que c’est une stratégie qui fonctionnera (et permettra) de chasser Kadhafi du pouvoir », avait-il ajouté. Le colonel Lavoie a jugé de son côté la situation sur le terrain « très dynamique » et « très changeante », avec des batailles sur tous les fronts, les deux villes côtières de Brega (Est) et Misrata (Ouest) étant toujours « âprement disputées ».
Le pro-Kadhafi ont tout fait pour ralentir l’avancée des rebelles vers Brega, posant des centaines de mines et mettant le feu à des tranchées remplies de pétrole, tandis que Misrata, tenue par les rebelles, continue d’être sous le feu de l’artillerie gouvernementale, a-t-il souligné. L’OTAN a apporté un soutien appuyé aux rebelles de l’Est en détruisant une vingtaine de cibles dans les environs de Brega, essentiellement des véhicules.
Sur le plan diplomatique, une source britannique a assuré hier que Londres n’avait pas changé de stratégie vis-à-vis du colonel Kadhafi, au lendemain de déclarations du ministre des Affaires étrangères William Hague laissant entendre que le dirigeant libyen pourrait rester en Libye s’il abandonnait le pouvoir. « C’est au peuple libyen de décider ce qu’il advient de Kadhafi », a déclaré cette source diplomatique, précisant : « Pour nous, Kadhafi est l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et devrait être jugé. »
Le Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi a répété qu’un départ du pouvoir de Moammar Kadhafi n’était « pas un sujet de discussion », à l’issue d’une rencontre avec l’envoyé spécial de l’ONU Abdel-Elah al-Khatib. Il a en outre réaffirmé que son régime était prêt à un cessez-le-feu et à un dialogue sur l’avenir politique du pays, mais à condition que l’OTAN cesse ses bombardements.
(Source : AFP)


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