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Moyen Orient et Monde - Norvège

Carnage d’Oslo : le suspect serait « dément »

Les autorités envisagent de poursuivre Anders Behring Breivik pour « crimes contre l’humanité ».

Sur la berge faisant face à l’île d’Utoeya, les Norvégiens affluent toujours pour rendre hommage aux victimes du carnage de vendredi dernier. Fabrizio Bensch/Reuters

L’avocat d’Anders Behring Breivik, l’auteur du carnage en Norvège, a déclaré hier que son client semblait être « dément », relevant qu’il ne pourrait pas être condamné à une peine de prison si les psychiatres concluaient à une maladie mentale. Selon Geir Lippestad, le suspect « déteste tous ceux qui croient en la démocratie ». Il n’a montré « aucun signe de commisération », « il pense qu’il est en guerre et que quand on est en guerre, on peut faire ce genre de choses sans plaider coupable », a ajouté l’avocat.
Pour leur part, les autorités norvégiennes, confrontées au pire acte de violence perpétré sur leur territoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, examinent la possibilité de poursuivre Anders Behring Breivik pour « crimes contre l’humanité ». La police norvégienne envisage d’invoquer une disposition introduite en 2008 dans le code pénal, qui prévoit une peine de 30 ans de prison, selon le procureur Christian Hatlo, cité hier par le quotidien norvégien Aftenposten. « La police a jusqu’à présent invoqué le paragraphe 147, qui porte sur le terrorisme, mais elle n’exclut pas de recourir à d’autres dispositions », a déclaré un porte-parole de la police, Sturla Henriksboe. « Aucune décision définitive n’a encore été prise », a-t-il ajouté.
Anders Behring Breivik, un Norvégien de 32 ans, a une sorte de statut de « suspect officiel », une mise en examen préliminaire propre aux pays scandinaves qui se situe entre le statut de suspect et d’inculpé. Même s’il a reconnu les faits qui lui sont reprochés, une inculpation ne peut intervenir qu’au terme de l’enquête, selon le système judiciaire norvégien. Pendant ses auditions, M. Behring Breivik a affirmé avoir opéré seul, mais il a aussi évoqué l’existence de « deux autres cellules », une affirmation que devront creuser les enquêteurs. D’autant que son avocat a indiqué hier que le suspect avait mentionné non seulement « deux cellules en Norvège », mais aussi « plusieurs cellules à l’étranger ». À l’issue de sa première comparution devant le tribunal d’Oslo lundi, le juge Kim Heger a décidé de placer M. Behring Breivik en détention provisoire pour une période renouvelable de huit semaines, dont quatre en isolement total.
Hier, la police a publié quatre premiers noms de personnes qui ont péri dans les attaques. La liste comprend les noms de trois personnes mortes dans l’attentat à la voiture piégée dans le quartier des ministères à Oslo et celui d’un homme de 23 ans tué dans la fusillade contre un rassemblement de jeunes sur l’île d’Utoeya. Lundi soir, entre 100 000 et 150 000 personnes se sont rassemblées dans le centre d’Oslo, une ville de 600 000 habitants, pour une gigantesque veillée d’hommage aux victimes.
Le bilan des attaques a été révisé lundi à la baisse, à 76 morts : huit personnes tuées dans l’attentat à la voiture piégée qui a ravagé le quartier des ministères, et 68 abattues sur l’île d’Utoeya, à une quarantaine de kilomètres d’Oslo, où quelque 600 jeunes travaillistes étaient rassemblés.
Interrogé sur les critiques portant sur l’action de la police le 22 juillet, en particulier sur le fait qu’après la première alerte elle a mis près d’une heure pour arriver sur l’île d’Utoya, où le tueur s’est aussitôt rendu sans résistance, le ministre norvégien de la Justice, Knut Storberget, a estimé que la police avait « extrêmement bien rempli son contrat ». À l’issue d’une visite des cadres de la police, le ministre a dit avoir remercié la police pour sa mobilisation et son travail « fantastique ». « Même la Stasi en Allemagne de l’Est n’aurait pu détecter cette personne », a affirmé à la télévision norvégienne Janne Kristiansen, directrice de l’Agence de sécurité de la police.
Enfin, l’organisation européenne de coopération policière Europol a annoncé qu’à la suite des attentats en Norvège, elle voulait établir un portrait de l’extrémisme de droite européen. « Nous essayons de préparer un portrait exact et actualisé de l’extrémisme de droite en Europe, et particulièrement en Europe du Nord », a déclaré Soren Pedersen, porte-parole d’Europol.
(Source : AFP)
L’avocat d’Anders Behring Breivik, l’auteur du carnage en Norvège, a déclaré hier que son client semblait être « dément », relevant qu’il ne pourrait pas être condamné à une peine de prison si les psychiatres concluaient à une maladie mentale. Selon Geir Lippestad, le suspect « déteste tous ceux qui croient en la démocratie ». Il n’a montré « aucun signe de commisération », « il pense qu’il est en guerre et que quand on est en guerre, on peut faire ce genre de choses sans plaider coupable », a ajouté l’avocat.Pour leur part, les autorités norvégiennes, confrontées au pire acte de violence perpétré sur leur territoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, examinent la possibilité de poursuivre Anders Behring Breivik pour « crimes contre l’humanité ». La police norvégienne...
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