Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Éclairage

La pénurie d’essence au Malawi : une des causes de l’exaspération populaire

Le pouvoir lâche du lest autorisant les funérailles collectives des victimes des émeutes de mercredi.

En raison des pénuries récurrentes de carburant, les Malawites se tournent vers le vélo comme moyen de transport.         Alexander Joe/AFP

Les émeutes qui ont ensanglanté le Malawi mercredi trouvent notamment leur origine dans l’exaspération populaire provoquée par une pénurie chronique de carburant. « Les livraisons sont souvent précédées par une rumeur, explique Lewis Kalimani, 37 ans, alors parfois on attend toute une journée, et plus encore. La dernière fois je suis resté 15 heures dans une file d’attente. J’en ai vraiment marre, c’est fatiguant. »
Le gouvernement explique que la pénurie est due à la congestion des ports de livraison, au manque d’installations de stockage, à la montée des prix du pétrole, et au fait que le pays immatricule 3 000 nouveaux véhicules par mois. Mais c’est une autre pénurie, celle des réserves de change, qui a surtout diminué la capacité du Malawi à acheter le pétrole. « C’est la racine du problème, parce que nous n’avons pas de dollars », explique le patron de la Confédération des Chambres de commerce et d’industrie du Malawi, Chancellor Kaferapanjira, qui estime que la pénurie de carburant coûte dix millions de dollars par jour à l’économie nationale. « Ceci a des conséquences terribles sur l’économie du pays. Les gens sont cloués au sol. C’est une situation critique et c’est peut-être ce qui a conduit à ce que nous avons vu dans les rues », dit-il, en référence aux violences et aux pillages.
De fait, les agriculteurs ne peuvent plus livrer leurs produits, l’économie est confrontée à des coupures de courant incessantes, faute de fuel pour faire fonctionner les générateurs, et les revenus du tourisme s’effondrent, l’idyllique lac Malawi étant hors d’atteinte lorsqu’il n’y a plus d’essence !
« On passe notre temps dans les files d’attente alors qu’on devrait bouger, faire du business », s’énerve un chauffeur de taxi, coincé dans une marée de véhicules souvent abandonnés par leur conducteur devant une station-service à sec. « Sur une semaine, on travaille deux ou trois jours. Le reste du temps, on le passe dans la queue à attendre l’essence. » Et quand arrive le précieux liquide, il est rationné à 10 litres par véhicule !
Pour s’en sortir, les Malawites font preuve de créativité. Un groupe s’est formé en juin sur le réseau social Facebook, où des internautes-détectives signalent dès qu’ils le peuvent l’arrivée d’une livraison d’essence dans une station. La communauté compte déjà 800 adhérents.
Conséquence de la pénurie : un marché noir s’est créé, où le litre d’essence vaut trois fois le prix indiqué à la pompe. « Les gens sont écœurés, parce que les autorités ne résolvent pas le problème », assure M. Kaferapanjira, de la Chambre de commerce. « C’est incroyable. C’est comme si on était dans un autre monde, pas au XXIe siècle. Et personne n’est capable de prendre les choses en main. »
Sur le terrain, le pouvoir, qui maintient l’armée déployée dans les grandes villes, a finalement autorisé hier les funérailles collectives pour huit victimes des émeutes de mercredi, après les avoir dans un premier temps interdites. Malgré cette concession, le président Bingu wa Mutharika a vigoureusement pris la défense de sa police et a menacé ses opposants de représailles pour avoir voulu « renverser le gouvernement ».
Les brutalités policières et les tirs à balles réelles, qui ont fait 18 morts selon un bilan officiel, ont suscité une large réprobation de la communauté internationale, notamment de l’Union uuropéenne et des États-Unis.
              (Source : AFP)
Les émeutes qui ont ensanglanté le Malawi mercredi trouvent notamment leur origine dans l’exaspération populaire provoquée par une pénurie chronique de carburant. « Les livraisons sont souvent précédées par une rumeur, explique Lewis Kalimani, 37 ans, alors parfois on attend toute une journée, et plus encore. La dernière fois je suis resté 15 heures dans une file d’attente. J’en ai vraiment marre, c’est fatiguant. »Le gouvernement explique que la pénurie est due à la congestion des ports de livraison, au manque d’installations de stockage, à la montée des prix du pétrole, et au fait que le pays immatricule 3 000 nouveaux véhicules par mois. Mais c’est une autre pénurie, celle des réserves de change, qui a surtout diminué la capacité du Malawi à acheter le pétrole. « C’est la racine du...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut