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À La Une - Contestation

Les Syriens dans les rues, pour Homs

Les forces syriennes assiègent des quartiers de Damas et chargent des manifestants kurdes à Kamichli; déjà huit tués.

Un brouillard de fumée couvre la ville de Homs qui vit depuis quelques jours en état de quasi guerre. Photo tirée d'une vidéo postée par des militants sur Internet/ Reuters

Alors qu'au moins cinquante personnes ont été tuées en quatre jours de violences à Homs - l'un des berceaux du mouvement de contestation en Syrie - les opposants au régime de Bachar el-Assad ont appelé sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011" tous les militants à manifester ce vendredi en hommage aux habitants de cette ville.

Un appel entendu dans de nombreuses villes syriennes par plus d'un million de manifestants. A Deir Ezzor (est), plus de 550 000 manifestants sont descendus dans les rues pour y scander des slogans en faveur de la chute du régime et exprimer leur solidarité avec Homs, et à Hama, ils étaient plus de 650 000, selon Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, précisant que les forces de sécurité étaient absentes dans ces deux villes. La télévision publique syrienne a démenti une telle mobilisation, affirmant que seulement 2 000 personnes avaient participé à la manifestation à Deir Ezzor. A Homs, en dépit des intenses opérations sécuritaires de ces derniers jours, "des milliers de personnes ont défilé dans plusieurs quartiers", a déclaré Rami Abdel Rahmane.

Plus de 12 000 personnes ont également manifesté à Idleb (nord-ouest) en soutien à Homs et pour la chute du régime, selon le militant. A Jablé, sur la côte, une importante manifestation s'est déroulée près de la mosquée al-Mansouri et des jeunes en provenance des régions voisines s'y sont rassemblés, a-t-il précisé. A Deraa (sud) où est née la contestation contre le régime du président el-Assad le 15 mars et où des agents de sécurité ont été massivement déployés autour des principales mosquées, "des jeunes ont défilé dans la rue al-Koussour et des tirs nourris étaient entendus", a déclaré M. Abdel Rahmane. A Soueida, dans le sud, des centaines de personnes ont aussi manifesté après la prière musulmane hebdomadaire. Des militants ont également fait état de rassemblements à Alep, notamment au niveau de l'université.

A Damas, dans le quartier Midane, devenu le point de ralliement des contestataires dans la capitale, environ 5 000 d'entre eux ont défilé près des mosquées al-Daqaq et Zein al-Abidine. 400 autres manifestants ont été dispersés à l'aide de gaz lacrymogène près de la mosquée al-Hassane. Dans le quartier d'Hajar al-Assouad, des milliers de personnes sorties de trois mosquées ont également manifesté pour la liberté. Les forces de sécurité sont "déployées en grand nombre dans les quartiers de Qaboune et de Roukn Eddine" de Damas, a précisé Abdel-Karim Rihaoui, chef de la Ligue syrienne des droits de l'Homme, faisant état de points de contrôle aux entrées de ces quartiers. "Le quartier de Roukn Eddine où vit une importante communauté kurde est complètement isolé", a confirmé Rami Abdel Rahmane. "Des barrages sont érigés sur les voies d'accès, limitant les sorties et les entrées. Des milliers d'agents de sécurité patrouillent et procèdent à des perquisitions dans des maisons et à des arrestations", a-t-il précisé.

A Douma, une localité à 15 km de Damas, les forces de sécurité se sont également "déployées" en nombre, notamment dans le marché et sur la place de la Grande Mosquée. "Les agents de sécurité contrôlent les identités des femmes sur les barrages qu'ils ont érigés", ont indiqué des militants. "Les agents de sécurité ont terrifié les habitants en déambulant avec ostentation et en montrant leurs armes. Beaucoup d'habitants ont commencé à quitter la localité de crainte d'arrestations arbitraires", selon l'OSDH.

"Des centaines de manifestants ont également défilé dans les localités kurdes" du gouvernorat d'Hassaké (nord-est), a indiqué Abdel Karim Rihaoui. Pour la première fois depuis le début du soulèvement, des centaines de policiers ont chargé à coups de matraques des milliers de manifestants pro-démocratie dans la ville à majorité kurde de Kamichli, dans l'extrême est de la Syrie, rapportent des témoins. La police a également fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule, faisant plusieurs blessés. Les manifestants ont crié des slogans pour réclamer des libertés politiques et l'arrêt de la discrimination des autorités envers la minorité kurde, ajoutent ces témoins.

En milieu d’après-midi, les premiers morts étaient recensés. "Deux manifestants ont été poignardés devant la Mosquée Amné à Alep (nord) par des miliciens fidèles au régime qui ont pénétré dans la mosquée et attaqué" les fidèles, a déclaré Abdel-Karim Rihaoui, chef de la Ligue syrienne des droits de l'Homme, précisant que des dizaines d'autres manifestants avaient été blessés ou interpellés. Un autre manifestant a été tué par les tirs des forces de sécurité à Aazaz, dans la province d'Alep, a-t-il ajouté. "A Homs, deux manifestants ont été tués dans les quartiers al-Khalidyé et Daouar al-Fakhoura", selon la même source. Et un manifestant a péri sous les tirs des forces de sécurité dans le village de Kfar Rouma dans la province d'Idleb, frontalière de la Turquie, a affirmé M. Rihaoui. Les forces de sécurité ont aussi tiré sur des manifestants à Idleb même, faisant plusieurs blessés, selon les militants. A Mleiha, dans la province de Damas, "deux manifestants ont été tués par les tirs des forces de sécurité, et d'autres ont été blessés", a affirmé Rami Abdel-Rahmane.

 

Vidéo postée par des militants sur Youtube des manifestations du vendredi à Damas et à Homs.


Alors qu'au moins cinquante personnes ont été tuées en quatre jours de violences à Homs - l'un des berceaux du mouvement de contestation en Syrie - les opposants au régime de Bachar el-Assad ont appelé sur leur page Facebook "Syrian Revolution 2011" tous les militants à manifester ce vendredi en hommage aux habitants de cette ville.
Un appel entendu dans de nombreuses villes syriennes par plus d'un million de manifestants. A Deir Ezzor (est), plus de 550 000 manifestants sont descendus dans les rues pour y scander des slogans en faveur de la chute du régime et exprimer leur solidarité avec Homs, et à Hama, ils étaient plus de 650 000, selon Rami Abdel Rahmane, président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, précisant que les forces de sécurité étaient absentes dans ces deux villes. La télévision publique...
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