La tenue de ces deux réunions était primordiale pour jeter les bases d’un dialogue et d’un accord sur les principes et non pas sur la politique. Quelle plus grande preuve de partenariat doit-il nous donner pour que son slogan « Partenariat et amour », qu’il a lancé lors de son intronisation, soit plein de sens ? De plus, l’émotion ressentie lors de l’accueil qu’il a réservé à des enfants à problèmes n’est pas passée inaperçue. L’amour ressenti envers ces enfants, qui ont besoin de beaucoup d’attention, a montré la bonté qu’il dégage et qui gagne les personnes qui sont en sa présence.
Cent jours, c’est peu pour un ministère de cette importance, mais cette période se prolonge et l’éminent prélat suscite toujours l’admiration. Cette admiration ne s’est pas estompée à la suite de certaines appréciations politiques concernant un ministre déterminé ou encore la nature du gouvernement, qu’il souhaitait technocrate. On peut mettre ces prises de position sur la hâte qu’un gouvernement soit formé et pour voir le pays sortir de l’état d’apesanteur dans lequel il flottait.
Nous sommes certains que cette tendance positive qu’on a ressentie durant ces cent jours va continuer. La reconstruction de la communauté maronite, et par-delà, celle de la grande communauté chrétienne, ainsi que la consolidation du partenariat national avec les autres communautés sont une priorité.
L’une des caractéristiques du Liban est que les communautés qui le composent doivent toujours vivre ensemble en harmonie. Cela ne peut se faire que par le dialogue et la compréhension mutuelle de chacune d’entre elles. Il s’agit d’un « partenariat ».
La diversité religieuse au Liban est une richesse indéniable. Ce pays résume le monde dans ses richesses et ses problèmes. D’une part, nous Libanais avons de la chance de vivre cette diversité, et d’autre part, nous avons beaucoup de difficultés à la vivre. Peut-être que le slogan de Mgr Raï est-il un condensé de la vie dans cette diversité.
Pour assurer dans la paix la pérennité du pluralisme religieux, ne serait-il pas souhaitable que le patriarche dirige une réflexion concertée au sein de l’Église maronite puis intercommunautaire concernant la vie civile au Liban, les avantages et inconvénients de la séparation totale du religieux et du temporel et des conditions pour que cette séparation soit applicable dans la sauvegarde des droits de tous ?
« Partenariat et amour », tout comme la foi, peuvent faire bouger les « montagnes de la peur et des appréhensions ».

