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En Syrie, les réformes ou la guerre civile

Dans un éditorial publié le 20 juillet dans le « National Interest », un magazine bimestriel spécialisé dans la politique étrangère, Paul Salem estime que « la crise syrienne a atteint un point critique ».

Notant que le mouvement de protestation a « engendré une vague de conséquences économiques qui ne font que rapprocher l’Etat syrien de l’effondrement », le directeur du Carnegie Middle East Center, estime que cette dégradation économique pourrait pousser la majorité silencieuse, classe moyenne et commerçants qui ont jusque-là accepté de sacrifier leurs droits politiques sur l’autel de la prospérité économique, à donner de la voix. Dans ce contexte, note Paul Salem, le mois du Ramadan, au cours duquel les rassemblements dans les mosquées sont quotidiens, pourrait être décisif pour le régime.

Le régime de Bachar el-Assad est face à une alternative simple : « changer ou être changé », estime l’analyste, qui précise que « soit le régime acceptera une nouvelle donne basée sur une intégration politique et des réformes sérieuses, soit le pays glissera vers la guerre civile ». En ce qui concerne l’option « réforme », Paul Salem souligne que la Turquie pousse toujours Damas à accepter un ensemble comprenant une ouverture du processus politique, l’extension des libertés publiques, la formation d’un gouvernement d’union nationale avec l’opposition et l’organisation d’élections dignes de ce nom, en contrepartie de la survie politique d’Assad. « Un tel processus impliquerait une nouvelle donne entre la minorité alaouite et la majorité sunnite et impliquerait non seulement une médiation turque, mais également une approbation de l’Arabie saoudite, sans parler d’un accord tacite des Etats-Unis ». Ryad et Washington pouvant en outre demander à Damas de prendre ses distances avec Téhéran, ce qui pourrait avoir des conséquences sur l’influence du Hezbollah au Liban.

En l’absence de réformes, et si l’opinion publique au sein de la majorité sunnite bascule brusquement, « une révolte généralisée pourrait naître du jour au lendemain. Et si les masses rejoignent le mouvement de contestation à Damas et Alep, le régime n’y survivra pas », estime M. Salem, qui prévoit une transition sanglante, le régime n’abandonnant pas sans se battre. Dans un scenario de guerre civile, « seule la communauté alaouite (et pas dans sa totalité), se battra pour le régime, et tôt ou tard, la majorité sunnite gagnera. Les minorités chrétienne, druze et kurde resteront probablement en dehors du conflit ».

Une tel scénario laissera un pays dévasté, assure Paul Salem. Pourrait alors venir au pouvoir, un gouvernement post-guerre civile dirigé par les sunnites. Un gouvernement montrant une forte animosité à l’égard de l’Iran et du Hezbollah. Même si ce nouveau régime devrait rester hostile à Israël et à l’Occident, il est fort probable qu’il coupe les relations avec l'Iran et le Hezbollah et cherche à se rapprocher de la Turquie, de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe, estime l’analyste. Scenario alternatif : une élite commerçante sunnite plus libérale pourrait jouer un rôle central dans ce nouvel ordre. La Syrie couperait toujours ses relations avec l’Iran et le Hezbollah, mais adopterait des positions plus modérées, selon Paul Salem, envers Israël et l’Occident.

 

Dans un éditorial publié le 20 juillet dans le « National Interest », un magazine bimestriel spécialisé dans la politique étrangère, Paul Salem estime que « la crise syrienne a atteint un point critique ».
Notant que le mouvement de protestation a « engendré une vague de conséquences économiques qui ne font que rapprocher l’Etat syrien de l’effondrement », le directeur du Carnegie Middle East Center, estime que cette dégradation économique pourrait pousser la majorité silencieuse, classe moyenne et commerçants qui ont jusque-là accepté de sacrifier leurs droits politiques sur l’autel de la prospérité économique, à donner de la voix. Dans ce contexte, note Paul Salem, le mois du Ramadan, au cours duquel les rassemblements dans les mosquées sont quotidiens, pourrait être décisif pour le régime.
Le régime...
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